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13/12/2010

Comment parler de tout...

... Quand rien ne vaut qu'on en parle !

Troupeau dégelé.jpg

Ils s'en sont sortis !...

***

Cette photo Tata Ginette (réglage Auto, réglage de fainéant) pour rassurer l'innombrable demi-douzaine de mes fidèles lectrices qui s'inquétaient du sort de ce pauvre troupeau de salers isolé sur le plateau de Châteaugay à cause de l'imprécision des prévisions de Météo-France, et qui se vit obligé de passer six ou sept nuits dans vingt centimètres de neige, par des températures à ne pas mettre un ours blanc dehors...

A noter que les ours blancs avaient dus être prévenus à temps, car je n'en ai encore vu aucun sur le plateau. Il est vrai que nous ne sommes qu'à la fin de l'automne...

Ce qui avait ému et inquiété mes lectrices, c'était surtout l'image d'un petit veau ( pléonasme, un gros veau, c'est soit une petite vache, on dit une génisse, tant que l'inséminateur ne l'a pas visitée, soit un jeune taureau si on ne l'a pas encore opéré des amygdales) image d'un veau encore petit donc, couché dans la neige, réchauffé seulement, tel un petit Jésus, par le souffle de sa mère. Normal, Châteaugay n'est pas Béthléem, mais c'est bientôt Noël...

Soyez rassurées mes chéries...

 Sais et saufs.jpg

...Il a bien résisté au dégel...Sa maman aussi !

J'ai pris ces photos samedi vers quinze heures. Comme vous pouvez le voir, le temps était assez clément. Un temps idéal pour les amoureux de la nature... 

Je n'étais pas le seul amoureux de la nature à profiter de ce bel après-midi...

Alors que je m'approchais du troupeau, j'entendais au loin sur ma droite un bruit que je connais bien, un bruit que je n'aime pas.

Saint-Ex revisité :

Crabillou, dessine-moi une bande de cons...

La meute n'était pas loin, aux aboiements des chiens de tête, et tout aussi désagréables à l'oreille, se mélaient les cris des valeureux nemrods...Je portais mes regards de ce coté, je les vis, chiens et hommes à gilets de sécurité routière mêlés...Tout là-bas, vers le chemin qui longe le tout nouveau lotissement...

Ils se sont arrêtés, pas longtemps...Très vite, les deux protecteurs de la nature à gilets fluos ont fait sauter une demi-douzaine de chiens par dessus la clôture, à peu près à hauteur du panneau où il est écrit "Propriété Privée", dans la zone où la chasse est interdite...

C'est à ce moment que je l'ai vu...Il remontait le chemin au petit trot, tournant de temps en temps la tête du coté des aboiements. Il venait sur moi, j'aurais pu le photographier, mais l'ami des animaux a pris le dessus sur l'amateur de belles images.

Quand un renard se retrouve avec une douzaine de chiens courants au cul plus presqu'autant de chasseurs qui veulent lui faire la peau, le devoir de l'honnête homme que je suis et de tout faire pour l'aider à échapper à une mort idiote et imbécile.

C'est pourquoi, plutôt que d'actionner l'Olympus encore chaud, j'ai attrapé Olga par le collier avant qu'elle voit Goupil et n'aiile le renvoyer dans la gueule des coyotes.

L'animal rusé, normal c'est un renard, a brusquement sauté le fossé, il est passé à vingt mètres de moi, et il a traversé le troupeau de salers. A cet instant, j'ai su qu'il était sauvé...

J'ai continué ma route, j'ai vu les protecteurs de la nature respectueux des règles en vigueur qui régissent leur noble sport faire sortir leurs chiens de la zone interdite désertée par Goupil depuis dix bonnes minutes...

Quatre ou cinq des chiens retrouvèrent la voie du renard et donnèrent de la voix...Puis arrivés là où le bel animal avait sauté le fossé à angle droit, ils semblèrent désorientés et partirent dans tous les sens...

Croyez-moi ou pas,  ce samedi après-midi, j'ai vécu là une demi-heure d'intense bonheur...

A plus tard...

04/10/2009

Retour vers le passé...

...La boucle est bouclée.

MonChateau.jpg

Mon Château comme la vie, mi-ombre mi-lumière...

***

Attendrissons-nous un instant...

Comme il est fier le petit gars du premier rang !

Les Roses.jpg Droit dans sa barboteuse, un vêtement fort pratique au demeurant, puisqu'il suffisait d'ouvrir les deux boutons pressions de l'entrejambes pour en un instant acceder au sous-sol...Droit dans sa barboteuse, et fier comme on l'est à cinq ans.

Il a cinq ans le petit bonhomme, et s'il est fier c'est qu'il participe pour la première fois à une cérémonie d'importance, c'est aujourd'hui la Fête-Dieu, il va jeter les roses !

Quelques rosiers du village ont été plumés pour cette occasion. C'est bien contre leur gré qu'ils offriront au Seigneur  leurs pétales légers aux couleurs pastel et aux parfums délicats, que des mômes maladroits mais au coeur pur auront un peu  froissés avant de les jeter au ciel...

Un reposoir a été dressé sur la place du village, juste devant l'église.

 Dans un instant, accompagné des enfants de choeur,le prêtre élévera le Saint-Sacrement qui déjà brille de mille-feux, signe qu'en juin 1950 il faisait aussi beau qu'aujourd'hui.

 Les enfants jetteront les pétales de roses.

Les corbeilles  qu'ils tiennent sur leur coeur en sont pleines.

  Des corbeilles en osier décorées par leurs mamans la veille, avec quelques jolis rubans , un peu d'amour aussi peut-être, il se pourrait... 

Ils ont répété la cérémonie quelques jours avant les petits anges.  Des jeunes filles du village, Marie-Thérèse, Marie-Aimée, Gisèle aussi  sans doute qui m'a confié cette photo, des jeunes filles du village sont venues les chercher et leur ont enseigné les gestes à faire. Toutes de blanc vêtues,elles seront là, le moment venu pour cornaquer la petite troupe des enfants rangés au garde-à-vous.

Ensuite, tout le village ou presque, sauf les irréductibles "rouges", il y en avait bien peu, tous se rendront en procession vers le deuxième reposoir dressé au Quartier, devant chez Banane(1). Là, des corbeilles regarnies, s'envoleront à nouveau les roses, disant au Seigneur de tout là-haut combien ses fidèles de tout en bas l'aiment et le vénèrent.

 En procession encore, ils iront à nouveau dire leur foi devant la Croix des Montels, puis en procession toujours, redescendront  sur la place...C'était une bien belle fête que cette fête de la Fête-Dieu...

*** La Fête-Dieu ***

Bien loin de tout ça le petit bonhomme. Lui son souci, c'était de bien faire ce que les grandes jeunes filles lui avaient demandé.  Sans vouloir lui jeter des fleurs, je crois me souvenir qu'il s'était fort bien acquitté de sa tâche...

Revenons un instant à la veille de ce grand jour...

Comme dans toute manifestation publique, religieuse ou pas, chacun était exposé aux regards de tous les autres, il était donc important de s'y montrer à son avantage. La tenue des enfants était garante de la bonne ou mauvaise réputation de leurs familles. C'est pourquoi ces jours-là ils étaient lavés et récurés comme personne, super propres, habillés de neuf si possible.

Coiffés impec évidemment, ça va de soi. Or, si vous regardez attentivement le loupiot du premier rang, vous remarquerez comme qui dirait une fantaisie dans la coiffure...Mais qu'a-t-il bien pu se passer un samedi de juin 1950, veille du jour de la Fête-Dieu ?

Partie de la petite maison du Quartier, ayant confié le petit dernier âgé d'à peine un an à la garde de la Philomène sa mère, la Dédée emmène les enfants à Châtel-Guyon, chez Emile, le coiffeur. En prenant le chemin des Maillots, puis en remontant par le Chemin des Larrons le long du Pré-Lièvre, il n'y a guère qu'un peu moins de trois kilomètres, c'est largement à la portée d'un gosse de sept ans et de son frère de cinq...Sans doute , comme à l'habitude, l'aîné est-il parti en tête, et le second, comme il le fait encore aujourd'hui, s'est attardé en chemin, attiré par quelque bestiole courant dans l'herbe, rêvant à on ne sait quoi en suivant mal de son regard de futur petit binoclard le vol d'un papillon, d'un oiseau ou de rien, la lueur d'une chimère... Tant bien que mal, tout ce petit monde est arrivé chez Emile qui à coups de ciseaux et de tondeuse redonna du lustre aux tignasses indisciplinées. Un bon coup d'eau de Cologne, les voilà prêts pour demain les Jacques-Alain(2)

Ont-ils croisé Blanchette(3) sur leur trajet ? Sans doute, mais c'est une autre histoire...

De retour, notre jeune ami, allez donc savoir si ce n'était pas un profond désir de devenir coiffeur un jour qui le poussa, toujours est-il qu'il eut une fulgurance et voulut céans "jouer au coiffeur". Las, son frère refusa de se prêter au jeu, il décida donc de jouer au coiffeur tout seul, inaugurant sans le savoir une épreuve désormais célèbre, Le Figaro en Solitaire...

Tous vous le dirons, de Jacques Dessange à votre coiffeur de quartier, se couper seul les cheveux n'est pas une chose aisée, se les couper bien je veux dire.

Il en coupa beaucoup, mais les coupa fort mal...l'animal...Peste, c'était à prévoir, problème d'éclairage ou manque de pratique, la coupe de cheveux fut complètement ratée !

La Dédée tenta tant bien que mal de reparer l'irréparable outrage, mais c'était là une tâche insurmontable.

C'est pourquoi le petit gars de la photo n'est pas coiffé comme tout le monde...

J'avais  cinq ans donc, ce fut l'année de ma première rentrée en classe.

Parlons-en de l'école...

 Ma première année scolaire fut une année sabbatique d'ailleurs, car comme à cinq ans je savais déjà lire et compter puisque ma mère m'avait appris, je dus passer un an au fond de la classe à jouer avec des bâtonnets et de la pâte à modeler, en attendant que mes copains et copines aient rattrapé mon avance. C'est qu'en ce temps-là Monsieur, l'instituteur avait une haute idée de l'égalité républicaine, tout le monde au même niveau !...Le souvenir que j'ai de ma première année d'école, c'est le souvenir d'un profond ennui...

Voyez un peu ce que j'ai découvert ce matin dans mon journal :

***  Ecole Yssac.jpg ***

Je vous le disais hier, l'Ecole pourrait un jour être en danger. Certes, je ne pensais pas aux bâtiments, mais eux aussi sont menacés...

A se demander s'il n'existe pas autour de nous des liens invisibles et secrets qui relient entre eux les choses et les êtres, en se moquant du temps qui passe, en se moquant de nous et de ce que nous ne voyons pas...

Cette école qui menace ruine, encore que je demande à voir, cette école fut rachetée par la commune à la fin des années cinquante. Auparavant, c'était une ferme, la ferme de la Tante Leyrit, une mienne grand tante coté maternel. Cette ferme fut bâtie par mon arrière-grand oncle Marien, il y a bien longtemps...

Amusant, demain, chassés de leur école, les gamins vont réintégrer l'ancienne, celle où je suis allé l'année de mes cinq ans.

Il me plaît de penser qu'un jeune garnement binoclard et rêveur comme je le fus, pourrait à soixante ans d'écart, assis à la place que j'occupais,  poursuivre les rêves que j'y ai commencés...Puisse le sort faire qu'il les finissent. Je faisais des rêves magnifiques en ce temps-là.

***

(1)- Banane. C'est le surnom d'un homme dont j'ai conté l'histoire dans mes chroniques, en voici le lien :

 *** Putain d'Adèle ! *** 

(2)- Les Jacques-Alain. C'est ainsi que nous désignaient les gens du Quartier, les Jacques-Alain, nous étions inséparables mon frère et moi...

(3)- Blanchette. C'était si j'ose dire, et avec infiniment de respect pour cet homme, un personnage haut en couleur. J'ai aussi raconté un petit bout de son histoire...Le lien :

 *** Respect Monsieur Blanchette... ***

Oui, bien des choses sont liées et notre vaste monde n'est pas si grand...Notre vie est un roman, il suffirait de l'écrire...

A plus tard...

 

 

  

11/12/2008

Injuste et cruelle...

... Mais tendre, comme toutes les maîtresses !



*** Sans sonner, il s'invite le sansonnet ! ***

 C’est en lisant par hasard les souvenirs de l’enfance de quelques uns des blogueurs du site, tels ceux de l’incorrigible Héraime, toujours prompt à laisser traîner sa langue là où il ne faut pas, pas à cet âge en tout cas, et qui s’en trouva fort marri. Souvenirs d’enfance de Betty la douce aussi, qui m’eut tagué si, indécrottable libertaire, je n’étais si rétif aux chaînes…

 À lire les souvenirs des autres, les miens se sont réveillés.

 Je ne sais pas comment ça se passe chez vous, mais moi, j’ai une mémoire grenier. Je ne sais  plus ce que j’y ai fourré,  mais au hasard d’une visite là-haut, en remuant un peu des trucs oubliés, il n’est pas rare que je fasse surgir un souvenir abandonné là depuis une éternité, et qui apparaît soudain, intact, tout neuf, prêt à servir !

 Souvenirs d’enfance…Toujours émouvants les souvenirs d’enfance, car ils touchent au coté shamallow du cerveau, cette partie rose et tendre que même les plus durs d’entre nous conserveront jusqu’à leur dernier souffle.

 C’est l’enfant qu’il fut qui meure en dernier quand un homme s’éteint…

 Ce fut sans doute, de mes premières maîtresses, celle dont je me souviens le mieux. Ce fut la première d’ailleurs, est-ce pour cela qu’elle m’a si profondément marqué ? C’est bien possible.

 Je la revois, comme on revoit dans les rêves les gens depuis trop longtemps disparus. On ne voit plus leurs visages, on s’en souvient, et c’est tout. Ces gens qui pourtant nous marquèrent, ne sont plus que des silhouettes, et seul brille leur regard dans un visage de fantôme.

 C’était fin octobre ou en novembre, en 1954. Il faisait gris, le platane de la place avait perdu ses feuilles, et nous étions en récréation. Une courte récréation, car ce n’était pas le « Père la Pipe » qui officiait ce jour-là, mais la jeune institutrice remplaçante qui venait quand il s'absentait, c'était assez rare, mais il était absent ce jour-là.

 C’était un des rares jours où nous avions de la « vraie école », avec lecture, écriture et calcul, une journée de labeur. C’est peut-être aussi pour ça que je l’aimais beaucoup ma maîtresse, parce qu’avec elle je ne m’ennuyais pas ; peut-on aimer longtemps une maîtresse avec laquelle on s'ennuie, même à neuf ans, je vous le demande ! On ne s'ennuyait pas avec elle, comme beaucoup trop d’autres jours où nous restions fermés dans cette classe, silencieux et immobiles, condamnés à n’y rien faire.

 Ce fut comme un coup de massue sur la tête à la fin de la récré !

 « Alain, vas tout de suite au charbon ! »

 C’est le joli fantôme qui vient ainsi de m’envoyer en punition. Pas si terrible la punition, qui consiste à rester au piquet dans le réduit sous l’escalier qui conduit à l’étage, à la salle du conseil, au-dessus de la salle de classe.

medium_Puits_Bayard.jpg C’est là, sous l’escalier, qu’est entreposé le charbon, la caillette, le charbon noble de la Combelle, et le tout-venant, le boulet de Brassac ou de Saint-Eloy, qui peut t’asphyxier n’importe qui si tu ne chauffes pas en laissant une fenêtre ouverte. C’est dans ce réduit que s’accomplissaient les peines pour faute lourde, pouvant aller jusqu’à une heure d’isolement !

  Si elles s'en souviennent

 Mes amies vous diront

 Combien il faisait noir

 Dans la soute à charbon !

 Mais qu’ai-je donc fait pour me retrouver là ?

 Aujourd’hui encore, je me le demande, et bien qu’ayant une idée, je n’ai pas la certitude qu’elle soit la bonne. Sur le coup, je reste là, sous l’escalier,  ne comprenant rien à ce qui m’arrive. Etonné d’abord, plus que chagriné par cette punition qui me tombe dessus, alors que je n’ai rien fait.

 medium_Place_Joël.jpgBien longtemps après, j’ai trouvé une explication. Il n’y avait pas de cour de récréation, la récré, c’est sur la place qu’elle avait lieu.

 Pendant que nous jouions sous le préau, Bergère, la chienne de ma grand-mère est venue vers moi. Je l’ai caressée, puis levant la main en direction de la maison, je l’ai renvoyée, elle est partie avec une mine de chien battu, elle serait bien restée encore un petit peu…

 Est-ce ce geste que ma maîtresse interpréta comme un vilain geste envers un pauvre animal, c’est bien possible.

 Je ne suis pas resté longtemps à faire triste mine sur le tas de charbon. La porte s’est ouverte, une silhouette s’est découpée dans l’embrasure, un beau visage s’est approché du mien, et a déposé sur ma joue un baiser qui sentait le bonheur. Est-ce le remords de s’être montrée si sévère qui fit fondre  la jolie remplaçante ? Je ne sais pas et je m’en fiche !

 De ce jour-là, je garde le souvenir de la plus douce injustice de ma vie…

  

 A plus tard…

 

 

 
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