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22/06/2006

La Boite à Souvenirs...

Voici Joseph...

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En me baladant sur les blogs, je suis tombé sur la photo d'une cour de ferme,et un hommage appuyé aux paysans du passé.

J'ai la chance d'avoir cotoyé,puisque né au milieu d'eux, ces paysans du passé.

La photo ci-dessus,prise à l'Automne 80, à quelques dizaines de mètres du champ où je vous ai montré un avion, c'est Joseph, ancien valet de ferme devenu "Patron" à la mort de la veuve qui lui avait laissé l'usufruit de la ferme où il a trimé toute sa vie.

L'homme que vous voyez là est en train de ramasser les betteraves fourragères,c'est en Novembre,il doit avoir près de quatre-vingts ans.

C'est le dernier paysan du village qui élevait des veaux sous la mère, les bouchers se battaient presque pour les acheter.

On l'a retrouvé mort dans son lit, à quatre-vingts douze ans.

Le texte qui suit m'avait été inspiré par la triste nouvelle de la mort d'un journaliste de Tf1 qui fit de nombreux reportages sur des personnages "Authentiques" de notre région,l'Auvergne.

Je vous l'offre...

Un peu de nostalgie ce mercredi 5 Janvier, en regardant le JT de 13 heures. Jean-Pierre Pernaut, avec des sanglots dans la voix et les larmes au bord des paupières, nous annonce la mort de son ami, le reporter caméraman Alain Darchy.
Son chagrin est si palpable que moi-même, je suis ému.
Ce reporter, Alain Darchy, nous a offert de magnifiques documentaires sur des coins de France que l’on croirait tout droit sortis d’un album photos du milieu du siècle dernier.
Il savait comme personne nous montrer à l’état brut les hommes et les paysages, et nous en faire partager la beauté, tout simplement parce qu’il les aimait.
On lui doit une galerie de portraits d’une richesse inestimable. Ses reportages, sorte de photos sépia qui d’un coup prennent vie et couleur nous font partager quelques instant de vie de gens étonnants, berger qui mène son troupeau de chèvres et de moutons en transhumance, charron forgeron, magicien du fer et du feu qui avec son « martinet », marteau- pilon animé par l’eau de la rivière, forge le bandage de la roue de charrette, véritable œuvre d’art.
Ou ces deux frères, célibataires,on dit vieux garçons chez nous, paysans des monts du Sancy, vivant tranquilles comme il y a cinquante ans,mais qui ont pour passion…le golf, et le ski.
Ou encore le sabotier qui en un tournemain, avec des outils que l’on ne trouve plus que dans les brocantes, fait naître de deux beaux morceaux de noyer sans nœuds une paire de sabots.
Les sabots… Michel Beaudon, le paysan Auvergnat que nous revoyons à la fin du JT, il en porte depuis toujours des sabots. On le voit, dans le hameau où il habite, avec son vieux père, près de St jean- des-Ollières (63), niché dans les collines sur les contreforts du Velay, à 30 Kms de Clermont-Fd, entre l’Allier et la Dore, qui là commencent à paresser, rivières tranquilles qui vont s’unir 50 Kms plus loin, à Ris (03).
On voit devant sa maison le bric à brac vieillot, la meule en grès qui servait à affûter les outils de la ferme, les couteaux,les lames de faucheuse, les serpes,les haches,les faucilles,bref,tout ce qui coupe et tranche.
Ils vivent là comme nous vivions nous, dans mon village Brayaud il y a plus de 50 ans. Ils ont décidé, c’est leur choix, d’arrêter le temps à l’an 1950. Bien sur, le temps ne se maîtrise pas, et pour eux comme pour nous, il s’écoule, inexorablement.
Mais eux, ils ont décidé que le temps ne changerait pas leur façon de vivre. Ils « font » leur bois, se chauffent et cuisinent sur la Rosières émaillée. Ils élèvent poules et lapins, et vendent ceux qu’ils ne mangent pas.
Et surtout, Michel cultive ses trois hectares de terres labourables avec l’antique Brabant tiré par une paire de bœufs ! C’est un spectacle, pour qui ne l’a jamais vu, que de voir un laboureur à l’ouvrage ! La paire de bœufs, sorte de tracteur à sang chaud de presque deux tonnes, et qui en plus fournit l’engrais, c’est vraiment la « Force Tranquille » en action.
Est-ce un fou, un attardé le Michel ? Pas du tout, il lit tous les jours « La Montagne », écoute la radio, regarde un peu la télé.
Il lit beaucoup, surtout dit-il les romans qui parlent de la terre, Michelet, Giono… Il est maître de son temps, et d’ailleurs il a une passion, il répare les pendules et les horloges que ne veulent (ou ne savent) plus réparer les horlogers.
Des gens viennent le voir et le photographier. Peut-être certains se moquent-ils de lui, ignorant, les imbéciles qu’ils ont eu la chance de voir un des derniers sages de notre époque.
J’ignore s’il a Internet, mais d’où il est, il peut voir au loin les installations Limagrain, et j’imagine volontiers la lueur de malice qui doit traverser son regard en pensant à ce qui se concocte là-dedans !

« Un homme qui ne se retourne pas sur se racines est un homme perdu.. » dit-il en conclusion.

Salut Michel, reste longtemps dans les pas de tes bœufs.

A Bientôt...

17/05/2006

ILS SONT DANS MA MEMOIRE...

Je m'étais promis de le faire...

Je ne sais si c'est dans ce blog ou ailleurs, mais je parlais de la vie de ces gens qui ne laissent aucune trace dans l'histoire, mais qui peuplent nos souvenirs, et qui sans nous prévenir ressurgissent dans notre mémoire.
Gens ordinaires qui nous ressemblent, et qui ne seront vraiment morts que lorsque nous les aurons oubliés...Ne les oublions pas...

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LE PRESSOIR...

Celui-là est devenu un ornement de rond-point, mais qui se souvient que ce pressoir fut pour certains un outil de travail et de subsistance...

Plusieurs mois déjà qu' à chaque fois que je passe à ce carrefour, à la sortie de Chatel-guyon,en direction de Volvic, je me dis en pensant à lui, il faudrait que je leur parle de Joseph Charlot, cet homme que tout le monde appelait "Ma Dison" ; Charlot n'était pas son vrai nom, les surnoms et les sobriquets étaient les titres de noblesse du petit peuple.
Il fait partie des gens qui ont peuplé mon enfance de petit campagnard.Il n'est pas le seul,je vous en raconterai d'autres.
"Ma dison" fait partie du nombre, sa vie pourrait sans peine alimenter un gros roman, comme la vie de nombre de gens d' hier et d'oujourd'hui, comme la vôtre, comme la mienne...

"Eh be ma dison", "Eh bien,comme on dit",il ponctuait ses phrases de cette locution en patois, équivalent de "comme dit l'autre" dans le langage populaire, ou de "..Tolérance zéro" dans de plus hautes shères...

Eh bien comme l'on dit, Ma-dison possédait un pressoir...

Il ne possédait pas grand'chose cet homme,à part comme beaucoup de gens à cet époque, ses deux bras et son courage.
Ce pressoir représentait beaucoup pour lui, et longtemps dans mon enfance ce pressoir anima la fin de l'automne,faisant patienter jusqu'à l'alambic qui lui-même annonçait la mort de tous les cochons du village, en attendant Noël.
Dans mon pays de vignes,l' Auvergne-ne riez pas-à part les gros propriètaires,les gens ne possédaient pas de pressoir.
Donc, avec une paires de vaches,on amenait le pressoir à domicile, et selon le volume à traiter, on faisait une à deux "serrées", pour extraire du môut, lui-même résidu de la première cuvée le "pressoir",la boisson de nos campagnes.
Le "gros vin" étant réservé à alimenter les bistrots de Clermont et de Riom, et les repas du Dimanche.
Certains faisaient même du "vin de sucre",en faisant rebouillir le moût de la première cuvée, avec du bon sucre des betteraves de notre généreuse Limagne.
Tout un art que cette opération de pressage, il fallait bâtir la motte,la presser une première fois,demonter et recouper, et enfin "Serrer",et laisser plusieurs heures pour que s'écoule le précieux jus jusqu'à la dernière goutte.

Quel spectacle pour nous les gamins.Nous buvions avec une paille jusqu'à nous en tourner la tête,cette âcre piquette...

Singulier personnage que le Joseph, ancien de la grande guerre, la seule, la vraie, celle de 14, il l'avait faite dans la cavalerie.
A plus de soixante ans, pour nous amuser,il enfourchait un cheval d'un bond,en se tenant à la crinière.
Il vivait seul quand je l'ai connu, il avait perdu ses deux fils, Jean,le bègue un peu simplet mort asphixié dans la cuve à vendanges,et Pierre,le bossu,homme d'une grande intelligence aux dires de ceux qui l'ont connu,mort de la tuberculose.
Morte aussi sa femme la Torine, qui vécut cloitrée demi-folle, reliée disait-elle au saint téléphone de la religion...

Lui aussi il est mort Ma-dison, on l'a retrouvé un jour devant sa cave, frappé de "congestion", on ne connaissait pas les accidents cardio-vasculaires à l'époque, il avait pas loin de quatre-vingts ans.

Je suis allé à son enterrement, je crois bien que j'ai pleuré...

 
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