logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

17/08/2006

LA NOBLESSE DU COEUR

La Reine en Haillons... 

Je n’ai pas de photo d’elle, j’aurais pu aller vous dénicher une image de sorcière, car elle y ressemblait tout à fait. J’ai préféré une image de fée, je suis sûr qu’elle en était beaucoup plus proche.

medium_ange-demon.jpg

 Ma mère l’a connue avant moi, elle allait chez elle, avec sa copine Nanette, et la Lalie c’est ainsi qu’on l’appelait, leur apprenait à danser.

Quand moi je l’ai connue, elle était déjà vieille. Je me souviens d’elle, tout de noir vêtue, comme l’étaient toutes les femmes de plus de cinquante ans, ses longs cheveux gris jaunes s’échappaient de son « fichu », noir aussi évidemment.

Il n’était pas une fois ou je sois passé devant chez elle qu’elle ne m’ait appelé… « Viens mon petit, j’ai quelque chose pour toi… », et je sortais de chez elle nanti d’un morceau de brioche vieux de quinze jours, et à demi grignoté par les souris.

 Pour peu que j’ai auparavant croisé la Mariette, la voisine de ma grand’mère, je me retrouvais avec en poche deux trésors, le morceau de brioche, et un sucre droit sorti de la poche d’un tablier luisant de crasse.

 Et pourtant ces petits cadeaux que je jetais un peu plus loin étaient des cadeaux du cœur.

La Lalie Baguette vivait dans une maison à demi écroulée, elle faisait du feu dans une cheminée, et la fumée sortait autant par le toit que par le conduit en briques.

La mairie lui octroyait un petit secours que lui portait le garde-champêtre, chaque mois.

 Elle n’avait plus toute sa raison la pauvre vieille, et s’inventait une vie assez romancée, comme vous pourrez en juger.

 Elle dut avoir une jeunesse tumultueuse, passée à Bordeaux comme prostituée disait-on. Un gars du pays qui y avait fait son service militaire disait l’y avoir vue dans les quartiers chauds de la ville.

 Elle était revenue à la quarantaine, se réfugier dans la maison de son père. Elle y vécut seule, et y mourut. Elle repose dans le carré des indigents, au pied de la vieille croix du cimetière du village.

Il m’est arrivé d’y déposer une fleur…

Elle devait avoir la folies des grandeurs cette femme, souvenirs peut-être d’une vie autrefois brillante.

 Ainsi, du secours de la mairie, ne disait-elle pas qu’il s’agissait du loyer que lui versaient les locataires de son château, le château de Montaclier, en réalité propriété du Comte de Bonnevie.

 Elle se disait aussi Reine d’Angleterre, et mère de Jésus-Christ, né à Nazareth, dans les Alpes Maritimes.

Et croyez-moi si vous voulez, mais nous l’écoutions sans rire, il se dégageait de cette femme quelque chose qui forçait le respect, tant elle s’exprimait avec conviction, dans un langage d’instituteur…

Nous l’écoutions poliment nous raconter ses histoires, ou plutôt son histoire.

Rien de choquant pour des gamins de huit dix ans que Chrisanthéma de Battenberg fut à la fois Reine d’Angleterre, Mère de Jésus-Christ, et sale comme trente-six peignes, elle racontait si bien !

Elle vivait de peu, l’argent de la mairie lui suffisait pour acheter sa baguette, elle demandait une baguette au boulanger qui à l’époque avait trois modèles de pain, la petite couronne, la grande couronne, et le pain, le tout en deux versions, normal ou bien cuit.

 La Lalie Baguette repartait donc avec un pain, une fois par semaine, plus, quelquefois, une petite brioche que le père Deschances lui donnait, parce que « Vous savez bien Lalie, je vous la dois… ».

C'était ces précieuses brioches qu'elle conservait pour en faire cadeau aux enfants...

 Lorsque c’était la saison, au printemps et à l’automne, elle ramassait les champignons, toutes sortes de champignons, et elle les vendait au marché à Chatel-Guyon.

 Il lui arrivait, comme à nous, de montrer aux dames en cure, la photo de son Fils, une image pieuse de Jésus tenant le Sacré-Cœur… « Oh qu’il est beau s’exclamaient les dames, si ce n’était l’Homme Dieu, nous le mettrions dans notre lit ! » .

C’est La Lalie qui nous le disait, il fallait bien la croire !

Son Fils, elle l’a rejoint un matin de Janvier, ce jour-là le garde est reparti avec son enveloppe.

Il faisait bien froid le jour de l’enterrement, j’avais les doigts gourds en servant la messe.

Je crois que les cloches ont sonné plus fort et plus longtemps que d’habitude…

31/07/2006

PARLONS D'AUTRE CHOSE...

VOUS AVEZ DIT JESUITE...

medium_condi.jpgCONDOLEEZA RICE

Non, ce n'est pas la soeur jumelle de Ronaldinho !

Bien que comme lui, elle ne manque pas de mordant, et que comme lui, elle joue avant-centre, pas au Barsa, mais dans l'équipe de Washington.

Cette dame, tout en versant des larmes, peut-être sincères,sur les victimes civiles au Liban, laisse continuer le massacre, alors qu'elle n'aurait qu'un mot à dire pour qu'il cesse.

Apparamment,le mot ASSEZ ne figure pas dans son vocabulaire.

A mon avis, elle doit attendre que les bidasses d'Ehud Olmert n'aient plus de munitions avant de suggérer un petit cessez le feu; ça va être long !

IGNACE de LOYOLA

Officier espagnol blessé au siège de Pampelune (1521), Ignace de Loyola (1491 - 1556) décide, après un pèlerinage à Jérusalem, de devenir soldat du Christ. Il fonde la Compagnie de Jésus, dont il est le premier général en 1541.

Véritable Don Quichotte, Ignace ne rêve que d'imiter les héros des romans de chevalerie. En lui brisant la jambe, un obus français change sa destinée. Obligé de garder le lit, Ignace étudie la Vie des saints et s'enflamme pour leurs exploits. A peine guéri (mais boiteux pour la vie), il entreprend de se rendre au monastère de Montserrat.

 On raconte que, cheminant sur sa mule, il rencontre un converso (Maure converti au catholicisme). La discussion s'engage, on parle religion, puis chacun reprend sa route.

 Un ou deux kilomètres plus loin, Ignace, mécontent des propos tenus par le Maure sur la Sainte Vierge, fait demi-tour à bride abattue. Il rattrape son interlocuteur. La discussion reprend, violente et passionnée, à tel point qu'Ignace finit par tuer le converso.

 Que faire ? Doit-il se livrer à la justice ou poursuivre sa route jusqu'au monastère ? Il laisse sa mule décider pour lui. Celle-ci - inspirée par Dieu ? - l'emporte vers Montserrat.

Quel rapport entre les deux personnages me direz-vous !

Ne trouvez-vous pas que la souriante Condi eut pu aussi bien qu'Ignace commander les Jésuites, et d'ailleurs, tout comme lui, n'est-elle pas conseillée par une mule, où un âne ?

A bientôt...

29/06/2006

ET LUI,VOUS LE CONNAISSEZ ?

Des Volcans et des Fromages...C'est ce que produit l'Auvergne, d'après Vialatte !
Pas seulement Alexandre !
De sacrés personnages aussi, tel celui-là...

medium_philibert_besson.jpg
C'est celui qui regarde l'écran de la bascule.
Philibert-Hippolyte-Marcelin Besson (1898-1941) est un homme politique français (visionnaire) qui restera sans aucun doute comme l'un des personnages les plus excentriques de la vie politique française. Il mériterait également d'y demeurer comme l'un des idéalistes les plus actifs de la fin du la IIIe République.


Il fait aux élections législatives de 1932 une campagne inattendue, allant de village en village juché sur une puissante moto qui sera toujours son moyen de déplacement favori, collant lui-même ses affiches et s'exprimant en patois sur les marchés (son incroyable carte de visite se terminait d'ailleurs par cette ligne : « Parle anglais italien, espagnol, portugais, PATOIS »). Sa silhouette dégingandée mais athlétique, sa tête de professeur Tournesol (lunettes rondes, profil aquilin, crâne dégarni entouré d'une couronne de cheveux fous qui partent à l'horizontale) sont connues dans tout le département et contribuent à son succès. Il est élu député à une confortable majorité. Non inscrit dans les partis politiques de l'époque, il se fait aussitôt remarquer par sa verve et sa personnalité excentrique.

À partir de 1928 à Cizely (dont le maire est son ami et mentor Joseph Archer) puis de manière un peu plus répandue à partir de 1930, il fait circuler des pièces et billets de la monnaie européenne qu'il a créé, l'Europa, « la monnaie universelle, la monnaie de la paix », gagée sur le travail humain. Conceptuellement, il s'agit d'un troc organisé dans lequel, au lieu de mesurer le prix des marchandises en unités monétaires, la valeur de l'unité monétaire a été fixée, indépendamment de l'offre et de la demande, en fonction de quantités réelles de marchandises : un Europa vaut ainsi, une fois pour toutes, « 2 kilos de blé, 200 grammes de viande, 30 centigrammes d'or, 100 grammes de cuivre, 2 kilos d'acier, 50 centilitres de vin 10°, 200 grammes de coton, 10 kilowatts-heures, 1 tonne kilométrique, 30 minutes de travail ».

La création de l'Europa n'est d'ailleurs qu'une mise en application partielle du [programme fédériste] de Joseph Archer dont Besson s'est fait l'ardent propagandiste, programme qui prévoit entre autres la création des « États Fédérés d'Europe » et la suppression des barrières douanières et qui se termine par cette phrase : La France, ainsi, ayant résolu tous ces problèmes nationaux, ayant un idéal international, pourra être véritablement la reine de la paix.

Le franc-parler de Philibert Besson et son caractère irascible lui créent de nombreuses inimitiés. Surtout il s'élève contre les « vautours » de l'industrie électrique et des chemins de fer (à cette époque privés) et contre les spoliations dont sont victimes les paysans quand il vendent leur blé aux industriels de la meunerie. Joignant le geste à la parole, il crée avec Joseph Archer 150 dépôts où l'on vend les « pains Philibert Besson » 29 sous au lieu de 39. Quelques temps auparavant, il a arraché des poteaux électriques dans une commune de Haute-Loire. Il organise à Saint-Étienne le 3 mars 1935 un inoubliable meeting où, debout sur une horloge, il harangue 20 000 personnes qui le porteront ensuite en triomphe dans tout le centre-ville. Partout il dénonce, en citant des exemples précis, les alliances cachées entre les partis, et celles de ces derniers avec le monde financier et les entreprises.

Dès lors, chacun recherche sa mort politique. Il est mis en cause dans une très obscure affaire de carnet à souches qui aboutit à sa condamnation pour vol, et se ramifie en d'autres affaires (il aura jusqu'à cinq mandats lancés contre lui, à une époque où les scandales financiers et politiques aboutissaient couramment à des non-lieux), puis l'Assemblée Nationale vote, à une écrasante majorité, la levée de son immunité parlementaire, le 7 mars 1935. Après avoir sans succès défendu sa cause à la tribune de l'hémicycle, Philibert Besson s'enfuit ce jour-là du Palais Bourbon pour ne pas être arrêté et réussit à rejoindre sa circonscrition du Velay où il « prend le maquis » et où il va vivre caché pendant près d'un an, recueilli de ferme en ferme par des paysans qui le considèrent toujours comme « leur député ». Il se déguise en curé, en femme (belle photo dans le livre de René Dumas), traverse la Loire à la nage, etc. pour échapper aux nombreux policiers et gendarmes lancés à ses trousses. Il écrit dans cette retraite un livre-pamphlet, Peuple, tu es trahi.

Le 9 juin 1935, lors des élections législatives partielles destinées à remplacer le député déchu, c'est son compère Joseph Archer, se présentant au nom du proscrit et avec son soutien explicite, qui est largement élu. Finalement, Philibert Besson effectue sa reddition au Président de la République, Albert Lebrun et est emprisonné dans l'attente de son jugement définitif. Lors des élections sénatoriales de 1936, Joseph Archer est battu. Philibert est finalement acquitté lors d'un procès haut en couleurs. Il affirme se retirer de la politique, mais ne peut la quitter, multipliant des fantaisies cette fois moins drôles et sans efficacité, et réussissant même à être battu à Saint-Étienne, dans une élection où il ne s'était pas présenté (si si), par un nouveau venu en politique, Antoine Pinay.

Mobilisé en 1939 pour cette guerre qu'il annonçait depuis des années, en ayant prédit jusqu'à la date, Philibert Besson est arrêté pour avoir tenu publiquement des propos défaitistes (« Nos armées ne peuvent vaincre. Elles sont quasiment trahies. ») dans un café alors qu'il portait l'uniforme, et est enfermé à la prison de Riom où il meurt le 17 mars 1941, dénutri et tuberculeux, à la suite de véritables séances de tabassage organisées par ses gardiens.

Ce sont là de larges extraits de la biographie que l'on peut consulter sur Internet.

Maltraité et tabassé par ses gardiens...Il en est mort.
La comission des droits de l'homme n'était pas très active en 1941 !

En 1954, je m'étais retourné un pouce, ma mère m'a donc emmené en scooter chez le rebouteux, le même qui avait platré ma grand'mère, deux ans auparavant quand elle s'était cassé les deux bras.
C'était juste avant la Toussaint il faisait très beau et très froid.
C'est au cimetière, il était un peu fossoyeur, qu'il m'a remis le pouce,pour un litre d'eau de vie et 500 francs(anciens), c'était le tarif.

Cet homme avait été un des gardiens du malheureux Philibert...

A bientôt.

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique