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15/10/2006

En ce Temps là...(suite)

René, Louis...Les Autres...

  

La période de batteuse durait à peu près quinze jours.

 Elle se déroulait dans une dizaine de fermes différentes.

 Les « gros » paysans la mobilisaient de une à deux journées, et les « petits » une demi-journée, ou une journée au maximum.

 Certains se regroupaient à un, deux, ou trois pour faire au moins une journée.

 Chacun d’eux avait sa « maille » dans la grange d’un voisin. Et ceux qui avaient trop peu venaient à la batteuse avec leurs « gerbes » sur un char…

C’était l’âge d’or à cette époque pour les mulots, les rats noirs, les moineaux et les pigeons !

 Les gerbes étaient déjà restées une semaine ou deux aux champs, rangées en « pignons » alignés dans le champ moissonné.

 Elles étaient ensuite chargées, une fois sèches, sur le char, et ramenées à la grange, ou en « Mailles », dehors, devant la ferme.

 A chaque étape, elles perdaient quelques grains qui faisaient le bonheur des bestioles.

 Les moissons se faisaient en Juillet Août, et la batteuse commençait vers le début d’Octobre, juste avant les vendanges.

 Deux mois d’abondance pour les rats, que les nombreux chats avaient bien du mal à débusquer dans la profondeur des « mailles ».

Tout était réglé et orchestré comme un ballet à l’Opéra de Paris, petits et gros rats compris !medium_a_peu_pres.jpg

Dés la mise en branle de l’ensemble, et ce pendant quinze jours, la troupe démarrait le spectacle.

 Ce que vous voyez, au cours de vos vacances, dans les « fêtes de la Batteuse », c’est à la réalité de la vraie batteuse, ce que sont les danses « folkloriques » pour touristes avides d’exotisme à la culture Africaine , au mieux une caricature, au pire une insulte…

Donc, c’est parti. Louis, Gribiche, engage la première gerbe sur le tapis roulant...

 La machine tourne comme une horloge, elle commence à s’ébrouer, et secoue la poussière emmagasinée la veille.Une sorte de halo entoure la scène...

 Tout le monde en profite de la poussière ! Les hommes, tous en maillot de corps, bleus ou blancs d’origine commencent à suer.

 Ils ont, noué autour du cou, un grand mouchoir à carreaux.

 La sueur et la poussière leur font un collier de crasse…

 J’ai vu les cols noirs, avant de fréquenter plus tard les cols blancs ! Vous avouerais-je que j’ai souvent trouvé plus de noblesse chez les premiers que chez pas mal des seconds…

René, casquette de cuir sur le crâne et cigarette au bec, tranche le lien, torsade de paille ou ficelle, selon que les gerbes ont été liées à la main ou à la moissonneuse-lieuse, et enfourne la gerbe dans le ventre du monstre.

 Les ficelles sont rangées en liasse, sur le crochet près de lui, elles sont récupérées, on récupère tout à l'époque. Même ce que certains jettent, d'autres le ramasse...

 Et en avant, les gerbes arrivent à touche touche sur le tapis.

 La machine digère sa pitance, sans discontinuer, jusqu’à la pose de la mi-journée. Les gerbes sont battues, le grain, trié et débarrassé des impuretés, mauvaises graines et grains cassés, « coule » à l’arrière de la machine.

 Il est vidé dans des sacs, des « bauges ».

 Là, c’est le domaine des hommes forts!

 Le sac rempli est soit directement chargé à l’épaule du porteur qui maintient fermement le bord du sac pour le tenir fermé, et qui ira le vider dans le grenier, en escaladant avec sa charge de cent kilos au moins des escaliers en bois…

Vous les avez vu faire ça à la fête ?

 Pour le blé destiné au meunier ou à la coopérative, le sac est pesé et dosé à cent kilos , et lié en chignon avant lui aussi d’être stocké au grenier ou sur des charrettes .

 C’est là qu’opère Banane, avec d’autres, pas toujours les mêmes, selon la ferme. Mais ce sont toujours de solides gaillards qui assurent le poste « des sacs ».

 Récapitulons, trois ou quatre gars sur la meule, des jeunes souvent, des ados aussi, qui alimentent Gribiche, qui lui alimente René, lequel alimente la machine…La machine dégorge son grain récupéré par au moins quatre « porteurs ». Nous en sommes déjà à dix personnes, et ce n’est pas fini!

 A l’avant, à la « Paille », au moins deux personnes se relaient pour « cueillir les bottes de paille que le « Lieur » mécanique crache en saccades, une par minute peut-être. Ces bottes sont rangées dans une grange, ou on en fait une « meule » dehors.

Cette paille servira pour la litière des animaux, voire même pour la nourriture des moutons, mélangée à du foin.

 Là encore, il faut deux personnes...Et Dré du Garde, Rachbarbe, lui il récupère les « menus », les débris de paille qui tombent de la batteuse à coté du lieur, il en fait de petits tas qu’il renfourne dans la presse.

 Si je compte bien, ça fait quinze !

 Il faut rajouter le Fiata, qui veille à la bonne marche de la machine…

N’oublions pas l’intendance, car il faut la nourrir et l’abreuver toute la troupe ! Si vous n’avez jamais participé à un « Repas de Batteuse », vous ne savez pas vraiment ce que manger veut dire !

 La fête la batteuse…Parlez-en aux coqs, canards et lapins du village !

 Une véritable hécatombe ! Quinze à vingt personnes à table, deux fois par jours, pendant quinze jours !

Comptez un lapin et un coq ou un canard pour six, tous les jours pendant quinze jours.

 Au bas mot, ce sont de quarante à cinquante lapins, et autant de coqs et canards qui passaient de vie à trépas pendant cette période !

 Il valait mieux ne pas parler de batteuse dans les basses-cours, ou alors à voix basse !

 Car les menus était simples pour les journées de batteuse.

 Le matin, chacun avait pris chez lui son café ou sa soupe, selon ses goûts, avant de se présenter à sept heures au chantier, pour le casse-croûte, avant le dur labeur.

 René et Banane devaient déjà en être à un demi-litre de blanc à cette heure, Dré du Garde venait sûrement le ventre vide, quand à Gribiche, il avait chassé les miasmes de la veille avec un quart de bol de gnôle son haleine en témoignait du reste…

Le casse-croûte, jambon cru, terrine maison, saucisson, fromage…Et ce pain de campagne, tu n'en as jamais mangé, de ce gros pain de paysan, à la grosse croûte farinée ? Non!...Tu ne sais pas ce qu'est du bon pain !

Viande froide ou petit salé froid aussi, ces viandes avaient servi à faire la soupe qui avait été servie la veille, ou qui le serait le soir.

 C’est celui chez qui était installé la batteuse qui assurait la pitance de la journée..Sauf arrangement.

 Le midi, disons treize heures, midi ancienne quoi ! le repas.

 Après que chacun se soit un peu décrassé au robinet, à la pompe, ou au bac à vaches, avalé un grand canon, du bon, bien frais, on passait à table.

 Charcuteries en entrée, avec pommes de terre en salade, puis le civet avec pommes de terre, ou une grande platée de nouilles, ou les deux...

 Ensuite fromage…Saint-Nectaire, Gaperon, fromage bleu…

C’est uniquement au plateau de fromages, quantité et variété, que l’on pouvait deviner si on était chez des gens généreux ou radins, car pour le reste, il n’y avait pas ou peu de différence.

 Et le dessert bien sûr la « pompe aux pommes ».

 Le soir, idem, mais avec la soupe en plus, bouillon de pot au feu, ou soupe au lard.

 Le tout arrosé évidemment avec du bon, bien frais…

Déjà, à midi, le bbf, servi à volonté avait fait du dégât, et nos quatre mousquetaires avaient du plomb dans l’aile à la reprise.

 Mais ils assuraient quand même, quoique,souvent, ils ne terminaient pas le repas du soir.

C'est souvent Dré du Garde qui était saoûl le premier, il était plus fragile, et il bénéficiait d'un poste au sol privilégié. Quand le patron servait le "canon", plusieurs fois dans la journée,pour chasser la poussière, il commençait par Dré, et souvent, il repassait par Dré au retour, car effectivement c'est là que la poussière était la plus abondante...Mais c'est vrai, il était fragile le Dré du Garde !

 Il fallait voir notre René, à la limite de la rupture, combien de fois n’a-t-il pas failli basculer avec la gerbe.

Il est mort d’une manière tragique, mais ce n’est pas la batteuse qui l’a tué… c’est une autre histoire….

 C’était ainsi pendant quinze jours, c’était la vie, c’était notre vie…

14/10/2006

En ce temps là...

Louis, ou René...

  

Ils habitaient là, l’un à coté de l’autre.

medium_gribiche_011.jpg

 Bien sûr, les maisons étaient moins délabrées à l’époque, la toiture n’était pas écroulée, mais malgré la fenêtre à meneaux, légèrement rectifiée d’un coup de masse par le jeune portugais qui habita là un temps, et qui voulait rénover la bâtisse, ce n’était quand même pas Versailles !

 Mal lui en pris, au jeune gars, le professeur de musique qui avait racheté les maisons, pour une bouchée de pain, car les baraques sont comme l’on dit « frappées d’alignement », et avaient plutôt vocation a être démolies, le stoppa net dans son élan.

 Car un classement miraculeux de la fameuse fenêtre par l’architecte des bâtiments de France (ami du professeur?)  interdit l’approche du bulldozer, mais interdit aussi toute modification de la façade.

 Ce qui  fait que les baraques sont toujours là, inhabitées, et s’écroulant lentement, mais témoignant comme vous pouvez le voir, d’un passé prestigieux dont nous pouvons être fiers !

 Ne pouvant pas rafistoler la maison, le portugais est parti, et il y a bien longtemps que le professeur ne vient plus dans sa « résidence » campagnarde.

 Mais laissons là les péripéties architecturales, c’est des deux personnes qui vivaient dans ces maisons du temps de mon enfance et de ma jeunesse dont je veux vous parler.

 De René, et de Louis…

 René n’avait pas de « sobriquet », René, c’était René.

 Quand à Louis, lui, il en avait un, Gribiche, ou Grinoubiche…

 Ne me demandez surtout pas ce que ça signifie, je n’en sais rien.

 L’un et l’autre valent que je leur consacre quelques lignes, mais je ne sais par lequel commencer. Ils buvaient sec tous les deux, mais ils n’en sont pas morts. Ils fumaient tous les deux, et l’un des deux est mort d’autre chose…

Ils faisaient partie tous les deux de l’équipe des quatre « Titulaires » de la batteuse, avec Dré du Garde et Banane...

 René était chargé, perché sur la machine de réceptionner les gerbes, et de couper les liens, avant d’enfourner celle-ci dans le ventre de la machine.

 C’est Gribiche, qui orientait les gerbes, grains en avant, sur le tapis roulant qui les montait vers René.

 Les deux ou trois gaillards qui défaisaient la « Maille » (la meule), balançaient « à l’aveugle » les gerbes vers Gribiche, qui d’un tournemain mettait tout ça dans l’axe.

 Dré du Garde, je vous en ait déjà parlé, lui, il était aux « menus », il se tenait vers le « Lieur » qui compressait et liait à la ficelle les « trousses » (bottes) de paille débarrassée du grain....Banane, lui, il était "aux sacs", avec les costauds, car il était costaud.

 Bon, j’en vois qui sont un peu perdus, je vous explique.

 La batteuse, c’était en quelque sorte une usine ambulante, mais c’était une usine, et comme toute usine, il y avait différents ateliers.

 Beaucoup d’entre vous ont vu des « fêtes de la batteuse » mais même si ces fêtes donnent une image de ce qu’était « la batteuse », elles sont loin d’en reproduire le climat, l’ambiance, et les odeurs…

 La vraie batteuse, c’était autre chose, ce n’était pas une manifestation festive, bien que l’on ne s’y ennuyait guère, c’était un élément important de la vie du village.

 Peu ou prou, tout le monde y participait.

 Une usine mobile...

  L’atelier central d’abord, la batteuse proprement dite. C’est là que s’opérait l’opération principale, extraire le grain, essentiellement le blé, mais aussi l’orge ou l’avoine.

 On enfournait les gerbes, paquets de paille avec les épis. Tout cela était « battu », ce qui détachait le grain des épis…ce grain, plus lourd, passait sur des cribles ou il était « soufflé » pour le débarrasser de la « balle », l’enveloppe des grains, la paille était renvoyée vers un autre « atelier », le « lieur », lourde machine ingénieuse et complexe, qui pressait la paille en « trousses »  parallélépipédiques, liés par deux ficelles avec un vrai nœud, comme celui que j’ai de plus en plus de mal à faire à mes godasses.

 Et ce n’est pas fini, le tout était animé par la salle des machines, un tracteur, à l’époque dont je vous parle, qui était muni d’une énorme poulie motrice qui servait de volant d’inertie au moteur de trois cylindres.

 Le tout était complété par un tapis roulant, qui permettait d’approvisionner à partir de la meule à traiter.

 Le mouvement était transmis à partir du tracteur par une grande courroie plate tressée, croisée pour éviter de « sauter », il fallait de temps en temps l’enduire de résine, pour qu’elle adhère mieux.

 Le Lieur était mû par une courroie de renvoi en cuir, qu’il fallait enduire, elle, de suif ou de lard…

 Pendant toute la journée de battage, le patron de l’usine veillait au bon fonctionnement de toute l’installation…

 Chez nous, c’était « LeFiata », le méticuleux en patois, il passait son temps avec une burette à la main, vivant au rythme du cœur de sa machine…

Et il en avait eu des efforts avant que la batteuse ne commence son boulot dans un nuage de poussière.

 Il avait fallu mettre tout ça en place, la batteuse et le lieur accolés, le tout bien de niveau…

 Il avait tout un attirail de cales en bois le Fiata, il vérifiait le niveau, rectifiait s’il le fallait l’alignement du tracteur après un premier essai.

 Il fallait bien deux ou trois heures, la batteuse était emmenée avec le tracteur, le lieur était tiré d’une ferme à l’autre par une paire de vaches, soit celles de Gilbert, de Porchinou, ou des parents de Banane.

 Les équipes étaient formées, le « patron » de la journée, le fermier chez qui on « battait » ce jour-là servait un « canon » de « bon », du bien frais, et c’était parti..

 Il était à peu près neuf heures, le Fiata mettait en route le tracteur, on ne s’arrêterait maintenant que vers treize heures, pour le repas…

Mais je parle, je parle, et je m’aperçois que je n’ai pas encore choisi mon sujet…René, ou Gribiche…Gribiche, ou René…

Et la batteuse, je n’ai pas fini, nous avons à peine commencé…Alors..

  

A Suivre…

25/09/2006

PORTRAIT d'une PHOTOGRAPHE....

Le Coq au vin...!

  

Sans que vous ne sachiez dire pourquoi, soudain, sorties d’un coin de votre mémoire, des images surgissent…Images de votre passé, de votre jeunesse, de votre enfance.

C’est de mon enfance que remontent les images, et le  souvenir de cette femme.

Comme souvent, parce que nous étions des enfants, les personnages qui nous reviennent nous apparaissent vieux.

C’était donc une vieille femme, une vieille fille, on l’appelait Mademoiselle.

Elle n’est pas vraiment passée à la postérité, tels des Doisneau ou Cartier-Bresson, on pourrait pourtant la classer dans la catégorie « Photographes ».

Beaucoup moins célèbre qu’eux, et pour ainsi dire oubliée aujourd’hui,  pourtant, dans le Pays Brayaud, mon pays, je suis sûr qu’il reste au fond des tiroirs, ou dans des cartons égarés au recoin des greniers, beaucoup plus de ses œuvres que de clichés saisis par les grandes gloires de l’argentique.

Il faudra que j’en extirpe du fouillis de mes archives.

C’est plutôt le coté pittoresque du personnage, que l’originalité de ses travaux qui mérite d’être rapporté.

Comment vous la décrire...

Vous étiez saisis, à son apparition par deux éléments remarquables, d’abord la vue, puis l’odeur.

Vêtue de couleurs claires, comme les dames de la ville, elle détonnait un peu dans cet univers campagnard, où les femmes de son âge étaient soit noires, soit grises, selon qu’elles étaient veuves ou pas.

Imaginez, sous un chapeau à larges bords, en paille je crois, une silhouette massive, enveloppée dans une ample robe beige, avec aux pieds, des chaussures qui sans doute étaient blanches, avant que je sois né.

 Le tout derrière une poussette, de celles avec grandes roues et capote, ce qui était bien pratique quand il pleuvait.

Et n’oublions pas l’essentiel, en sautoir autour du cou, un appareil photo qui lui battait l'estomac, largement au-dessus d'une poitrine opulente que seule une étroite collaboration entre Wonderbra et les Ponts et Chaussées aurait pu ramener à une hauteur raisonnable !

 Des bijoux aussi, et pas du toc, car cette demoiselle venait d’un monde qui n’était plus le sien, mais qui était très éloigné du nôtre.

 Elle avait roulé carrosse, avant de s’installer, volontairement, derrière sa poussette.

Je me souviens, quand quelquefois, avec ma grand’mère, en remontant à pied cette avenue de Chatel-Guyon, nous passions devant une grande maison, adossée au Calvaire, elle me disait : « Tu vois, c’est la maison de la mère aux chats. »

La mère aux chats, bien peu de ceux qui l’ont connue pourraientt vous dire son nom. C’était la mère aux chats, voilà tout !

Qui sait ce qui a poussé cette femme, fille d’un riche antiquaire parisien retiré à Châtel, a se réfugier dans une vie de riche clocharde d’abord, à la mort de son père, avant de finir dans la pauvreté crasseuse et sordide ?

Chagrin, déception… Quelle blessure se cachait dans le coeur de cette femme déguisée en épouvantail ?

Je ne saurais vous dire, je l’ignore...

Toujours le même rituel. 

Elle arrivait, bavardait avec les gens avec une grande douceur dans la voix, puis : « Oh qu’ils sont mignons, je vais les photographier…vous avez des chats ? Oui…Prenez-en un, je prépare la photo.. »

Là, ce n’était pas le plus facile, car les chats apeurés, effrayés sans doute par le remue-ménage, mais surtout je crois par l’odeur avaient déjà pris la fuite. Mais comme ils étaient nombreux, on finissait toujours par en attraper un...

Forte l’odeur, un mélange de fumée, de pisse, de lait caillé et de parfum, car elle était restée coquette la demoiselle.

Nous n’étions pas très délicats sur les odeurs pourtant, à cette époque où en bien des endroits du village, le purin coulait dans les rigoles,  il y avait à peu près un tas de fumier par famille !

Mais là, ça sentait vraiment fort, alors, les chats…

Clic-clac, encore une, « Tiens-le bien.. », le chat se débattait, nous griffait un peu, mais le cliché était dans la boite !

A son prochain passage, elle apportait les chef-d’œuvres, des clichés en noir et blanc, au pourtour délicatement crénelé, où on voyait un ou deux gamins mal débarbouillés, maintenant à grand’peine contre leur poitrine un malheureux matou qui ne pensait qu’à s’enfuir !

Ainsi, elle dilapida son pécule, en achetant de la viande et du lait pour ses chats, elle en avait une trentaine, en payant le photographe, en achetant des appareils photos de grand prix qu’elle se faisait voler régulièrement, car elle les laissait dans la poussette, n’importe où, quand elle faisait ses emplettes.

La villa vendue, elle s’était installée dans un baraquement, près de Châtel, qu’elle avait du quitter à cause des nuisances causées par ses chats, et par ses coqs, qui chantaient fort bien, mais qui n’étaient guère appréciés au cœur d’une station thermale !

Quand elle termina sa vie de grand reporter spécialisé dans les félins, toute sa ménagerie fut dispersée, les chats, le bouc, elle avait un bouc aussi, et les coqs.

 Que devinrent tous ces animaux ?

 Je ne sais trop…Sauf pour l’un d’eux, un coq nain qui eut un destin tragique.

Ce coq, après la mort de sa maîtresse, fut récupéré , allez savoir comment, par Banane.

 Par l'entremise d'Antoine peut-être, l'anarchiste poivrot, mais grand philosophe, voisin de la mère aux chats, et copain de tonneau de Banane, dont il faudra que je parle un jour

Maisla pitance était maigre chez Banane !

Le coq passait donc le plus clair de son temps avec les poules de la ferme voisine, il y dormait souvent.

Cette habitude lui valut un sort funeste !

 Lors d’une razzia de Noël, il fut raflé par les « bohémiens ».

Tous les ans ou presque, le village était victime d’une expédition du gang de la Milhaud, un quartier de Riom où campaient des « bohémiens ».

L'insécurité et le grand banditisme dus aux mafias de communautés marginales ne date pas d'aujourd'hui !

Une ou deux caves étaient visitées, ainsi qu’un poulailler. Vers Noël en général.

Mais cette année-là, l’expédition fut de grande ampleur, nous avions eu affaire avec un commando parfaitement organisé, jugez plutôt !

Les malfaiteurs, venus en mobylettes, on en trouva une en panne près de la cave pillée, volèrent une quatre chevaux, garée à proximité.

 Ils y chargèrent le fruit de leur casse. Mais la quatre chevaux, qu’ils avaient poussée pour ne pas faire de bruit, ne voulut pas démarrer, les spécialistes du newman n'étaient pas très nombreux à cette époque.

Avec beaucoup de sang-froid, croyant qu’il n’y avait plus d’essence, ils versèrent deux ou trois litres d’eau de vie dans le réservoir, mais rien n’y fit, elle refusa de partir.

Et c’est là, dans la voiture, que les gendarmes découvrir le coq, dans un sac.

Tout comme les poules dont il aimait la compagnie, il avait été estourbi par le commando, et abandonné dans la voiture, ainsi que le petit tonneau de trois pots  (45 litres) posé sur le siège arrière.

C’était le dernier coq a avoir vu la mère aux chats vivante…

  

A Bientôt...

  

NOTA: Tous les personnages, célèbres ou non, dont l'histoire est rapportée dans cette rubrique sont authentiques, ils ont vécu, et beaucoup ont peuplé mon enfance ou ma jeunesse.

 
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