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14/03/2007

Vivre Libre...

Ouvrez toutes les Cages...!

  

 Elle a perdu sa liberté le jour où les assassins de sa mère et de ses frères et sœurs lui ont laissé la vie.

 Comme il eut été normal pour un renardeau de son âge, elle aurait du vivre encore quelques semaines au terrier, puis découvrir le monde, avec ses merveilles, et ses dangers.

 Aurait-elle survécu jusqu’à l’âge ou les renardes rencontrent un séduisant goupil, et que de leurs amours naissent des boules de poils blotties sous une vieille souche ?

 Ce jour-là, tout a basculé...

 Des aboiements, et la mère, affolée, rentrant en trombe au terrier, tremblante, communiquant sa peur aux quatre renardeaux d’à peine trois semaines, qui poussaient des petits gémissements…

 Les hommes s’invitaient dans l’univers des renards !

 C’était le jour de la battue aux « nuisibles » sur les cotes de Blanzat !

 Et ils étaient là les nuisibles, avec chiens et fusils, et les flacons de chloropicrine.

 Belle invention la chloropicrine, ouvert à l’entrée du terrier, le flacon libère un gaz qui te fait sortir renards et blaireaux du terrier le plus profond qui soit.

 On gagne du temps, plus besoin de creuser, comme avant la guerre !

 Et ça marche pratiquement à tous les coups.

 Bien qu’il arrive, si ses petits n’ont que quelques jours, que leur mère reste avec eux, et se laisse asphyxier plutôt que de sortir !

Ce sont les renardeaux, qui n’en pouvant plus de ce gaz qui leur piquait les yeux, et leur brûlait les poumons , commencèrent à sortir, un par un.

 Les trois premiers périrent sous les crocs des chiens, ravis de l’aubaine…

 Allez donc savoir pourquoi, mais un des chasseurs attrapa la petite bête avant qu’elle ne subisse le même sort.

 Les chasseurs sont capables de grands gestes d’humanité, parfois.

 Sans ses petits, la renarde finit par sortir.

 Elle ne vit pas longtemps la gueule menaçante des chiens...

 Elle doit maintenant prendre la poussière, empaillée sur une commode, ou bien elle a depuis longtemps rejoint la décharge municipale.

 Il ne restait plus qu’elle, une petite orpheline !

 Le lundi, en allant acheter sa côtelette, le chasseur au grand cœur fit part de sa « battue » au boucher.

 « J’ai ramené un petit renard, et je ne sais pas quoi en faire…Il va crever, il ne veut même pas boire du lait. »

 « Un petit renard… »

 Le jeune apprenti vient de se manifester, timidement… 

 «Tu le veux, viens le chercher ! »

 C’est ainsi qu’une petite boule pleine de puces, fit un voyage de vingt kilomètres dans la sacoche de la mobylette de mon frère, un lundi soir, c’était en Mai 1964.

 Nous sommes ainsi dans la famille, tous.

 Nous aimons les animaux au point d’en être bêtes !

 Placée dans une grande caisse, à l’abri, dans la pénombre d’une ancienne écurie, la petite bête put s’apaiser un peu.

 Le matin, avant de partir pour « La Mission », à Clermont, j’essayais de lui faire boire un peu de lait tiède, avec un petit biberon, de ceux que l’on trouvait à l’épicerie, remplis de petits bonbons multicolores.

 Il me fallut trois jours pour qu’elle en boive un peu.

 Quand elle accepta de manger des petits morceaux de viande crue, j’ai su qu’elle était sauvée.

 Avec l’appétit, elle retrouva le goût à la vie.

 Quelle vitalité !

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 Un renardeau, c’est un animal qui a, avec l’intelligence d’un chien, la souplesse et la rapidité d’un chat !

 Je lui ai aménagé un local, une sorte de « volière, sous l’escalier de pierre, et elle disposait à l’arrière de l’ancienne bergerie de ma grand-mère.

 Elle bénéficiait de longs moments de semi-liberté, mais avec le recul, je ne suis pas sûr qu’elle ait vécu heureuse les huit années de sa vie.

 Un renard est fait pour vivre une vie de renard, pas une vie de chien !

 C’était une célébrité  Youyou, ou Youyoute, les gosses venaient la voir à la sortie de l’école, elle leur faisait la fête.

 Avec nous, elle était très affectueuse, chat et chien à la fois.

 Joueuse aussi, avec les chats de la maison, ou Rex le chien-loup.

 Excellente à la chasse à l’affût également !

 Elle n’avait pas sa pareille pour jaillir de sa cachette et capturer le moineau imprudent,  venu picorer dans sa gamelle.

 Elle l' avalait presque tout rond  le moineau !

 Comme les humains trop bien nourris, et nourrie aussi mal qu’eux, elle mourut des suites d’une sorte de diabète.

 Des abcès apparurent, de plus en plus longs à guérir, au point qu'elle sétait elle même coupée la queue...

 Une balle de neuf millimètres, tirée les larmes aux yeux mit fin à sa vie de captive…

Epilogue :

 Les animaux sauvages sont faits pour suivre leur destin, heureux ou tragique, dans l’espace naturel.

 Youyoute n'eut pas une vie d'animal libre, et son histoire n'est pas un conte de fée !

 Si vous aimez les animaux, ne les mettez jamais en cage...Les cages sont des prisons.

 J’ai pu m’apercevoir que dans la nature, les animaux meurent libres.

 Apprivoisés par l’homme, la liberté les tue.

 Ce fut le cas pour Pépette, ma tourterelle des bois (c’était un mâle !), et Jaca, ma pie (C’était un mâle aussi !).

 Il se peut que je vous conte un jour leur histoire...

 

05/03/2007

Tranche de Vie...

La Marche Nuptiale...

  

La pensée du jour  :

 Usant d’un privilège à moi seul réservé, je vous livre cette maxime, tirée des « Mémoires de Marcel », un ouvrage non publié, parce que non écrit encore…

 Voici donc le court extrait du dialogue entre Marcel, et un de ses nombreux arrières petits enfants :

 - Dis Papy, c’est quoi la Démocratie ?

 - La Démocratie… ???...La Démocratie petit, c’est quand tu choisis toi-même le pied qui te bottera le cul !

******

 Hier, c’était la Saint Casimir, et en plus c’était Dimanche, jour de la course cycliste de la Vallée du Bédat.

 C’est dire la fébrilité de toute la population dans la région !

 Une boucle de 21 km. Ni col de première catégorie, ni difficulté particulière, simplement un parcours « casse-pattes » à parcourir six fois.

 C’est une bonne occasion, pour les coureurs nationaux, de dérouiller les mécaniques, et qui sait, pour certains, de tester de nouveaux produits !

 C’est Jean-Christophe Peraud, du Creusot, qui a remporté la course.

 Mais ce n’est pas du tout de médecine du sport dont je voulais vous entretenir, simplement, profitant de l’opportunité que m’offre Saint Casimir, ce Saint , fils de Kaziermierz Jagellon le Grand, le Roi de Pologne.

 Casimir donc, qui refusa d’abord de verser le sang pour prendre le trône de Hongrie, mais surtout, comme on le lui enjoignait, pour vaincre sa tuberculose- chacun sait que c’est le meilleur remède- il refusa de rompre le vœu de chasteté.

 « Plutôt mourir que de commettre un péché ! » dit-il…C’était son choix, il mourut.

 Puisque nous parlons de chasteté, Casimir me renvoie tout naturellement sur Joseph.

 En ce temps là, des Joseph dont ni la chasteté, ni surtout la tempérance n’étaient les vertus premières, se retrouvaient chaque année pour honorer dignement leur Saint Patron.
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 En toute logique, ils eussent été mieux inspirés en fêtant Bacchus ou Dinyosos !

 Ils faisaient donc ripaille chez « Queue de Rat », à Chatel-Guyon.

 Heureux hasard, ou signe divin, ce Joseph là habitait près de l’église.

 Le menu était des plus simples, charcuteries, tripes, fromage...

 Le tout généreusement arrosé à coups de canons, du bon, du frais.

 Et comme c’était la fête, le café était accompagné de la « craille », de larges rasades de gnôle, du marc de raisin.

 Après ces agapes, la « berthe » se faisait lourde, et les trois kilomètres entre Chatel et Yssac, longs, très longs.

La berthe était au vigneron de cette époque, ce que l'attaché-case ou le portable sont au jeune cadre moderne, un outil indispensable...simplement un peu plus encombrant !

 Notre Joseph à nous, Joseph Charlot, dit « Ma disons » eut bien de la peine à en zigzaguer le premier de ces trois kilomètres !

 Il s’écroula juste à l’embranchement du Chemin des Larrons, la « coursière », ce chemin, qui en longeant le Pré Lièvre, rejoint Yssac, en passant par la Croix des Montels, et le chemin des caves. Vous suivez ?

 Non, ça n’a pas d’importance, puisque Madison est resté en haut, adossé au gros amandier, il cuve !

 Mais ce 1er Septembre là, Saint Joseph veille ! Intercédant au près du Pdg Céleste, il fait  envoyer la version années cinquante du Bon Samaritain !

 C'est-à-dire un couple de curistes dont la voiture faisait déjà « vieux tacot » à l’époque.

 Je n’ai pas assisté à la rencontre, mais j’imagine le dialogue…

 -Vous n’êtes pas malade Monsieur ?

 Ils se rendent compte qu’il n’est pas malade, l’odeur de son haleine ne laisse d’ailleurs planer aucun doute sur sa bonne santé, il ne sent pas la pharmacie !

  - Il ne faut pas rester là, où habitez-vous mon brave homme ?

  – Beeu yo seu de la  Turteu…

- La Turte ????

 –Beeu ouais, à la Tourette ma disons…

 - La Tourette, la Tourette ? Haaa oui, Yssac-la-Tourette ! Nous allons vous y conduire…

 C’est au bout des deux kilomètres suivants, que j’ai vécu le reste de l’aventure « en live », enfin en « pour de vrai », on ne connaissait pas encore l’Anglais chez nous dans ces années-là !

 Catastrophe !

 Sainte B14 n’ayant pas encore été canonisée, la vieille guimbarde, sans protection, s’étouffa à l’entrée du village ! Il s'avéra plus tard que c'était une banale panne d'essence.

 Juste au bout du chemin menant chez notre Joseph.

 Nous étions là, trois ou quatre gamins du Quartier, avec une majuscule, car « Le Quartier », c’était le nom, et ça l’est toujours, de notre quartier.

 Il va donc falloir raccompagner Joseph à pied.

 Ces braves gens semblent  sortis d’un dessin de Dubout.

medium_Couple_Dubout.2.jpg

 Une grande et forte femme, et un petit bonhomme tout maigre.

 Endimanchés, mais aussi  démodés que leur tacot.

 Madame tient fermement notre Joseph sous le Bras, et bien que chancelant, il arrive à se tenir debout…

  - « Bailla meu don ma berthe, cha vou plè ! » éructe -t-il...

 La berthe, accrochée à l’arrière de l’antiquité motorisée…

 Ce n’est pas à vous que je vais apprendre qu’il n’y a pas cinquante façons pour transporter une berthe.

 La meilleure façon, et même la seule, c’est de se la mettre sur le dos, elle est faite pour ça !

 Voila donc le cortège prêt pour le départ.

 La grande et forte dame des années trente, portant presque le Madison saoûl comme trente six cochons, suivie par le monsieur, sorte de Professeur Tournesol, portant une hotte presque aussi grande que lui, le tout escorté par la marmaille ravie du spectacle.

 Lorsque le cortège est passé devant la grande ferme, la grand’mère de mes copines s’exclama :

- « Ma didzeu, ha sè don marida Dzeuzé Charlot ? »

 Soit, en langage usuel : «  Mais dites, il s’est marié Joseph Charlot ? »….

 Et c’est ainsi que Madison put ce jour-là finir de cuver son vin sur sa paillasse, au lieu du fossé.

  Ce devait être en cinquante-trois ou cinquante quatre, nous n’avions pas encore la Télé, mais nous n’en avions pas besoin  !

   

 A Bientôt…

21/11/2006

Conte de Fées, suite...

Le Bonheur est dans le Pré...

 

Nous nous sommes attendris il y a peu, devant la merveilleuse histoire de cette belle vache normande, a qui la providence avait confié un malheureux marcassin orphelin, en remplacement de son veau parti à l’abattoir.

 Presque un conte de Noël avec un mois d’avance !

 Le sort que connaît une de ses cousines, une charolaise est beaucoup moins envieux, et n’a rien d’un conte.

 Prenez connaissance de l’article ci-dessous, paru dans « La Montagne » de ce jour.

medium_pauvre_bete.jpg

 Qu’il arrive quelquefois qu’un animal se blesse et traîne un jour ou deux avant que quelqu’un s’en aperçoive, pour qui vit à la campagne, il n’y a rien d’extraordinaire.

 Mais, vous avez bien lu, cela fait plus d’un mois que cette vache est abandonnée sur sa pâture, avec la patte arrière cassée…

 La SPA a déposé plainte contre le propriétaire le 10 Octobre, nous sommes le 21 Novembre !

 Alors, j’imagine, et je refais l’histoire, à ma façon…

Il fait beau ce matin, dans ce début Octobre, une légère brume s’élève de la prairie, le soleil encore bas envoie des éclairs de lumière orangée, à travers le feuillage multicolore des arbres qui commencent à se déshabiller.

 Le chasseur est heureux, ce sera une belle journée…

 Il marche, tranquille, il va rejoindre son poste d’affût, là-bas, à l’orée du bois.

 Les sangliers sont nombreux cette année, à tel point qu’en Limagne, il n’y a pas de limite au tir, adultes, bêtes rousses, tout est autorisé, même les laies suitées, avec leurs marcassins !

 Il est presque arrivé à son poste, au bout du grand pré où paissent tranquilles de magnifiques charolaises.

 Il contourne le bosquet…

  « Merde, qu’est-ce qu’il lui est arrivé ? »

  Tête basse, soufflant sa douleur, elle est là, à l’écart du troupeau…

 Comment a-t-elle fait, on ne sait pas, toujours est-il qu’elle traîne sa patte arrière brisée.

 Il voit dans son regard l’infinie tristesse des animaux blessés ou pris au piège…

 Elle l’appelle au secours.

 Il sait qu’il n’y a qu’une chose à faire.

 Alors, le coeur serré il arme son fusil... la balle à ailettes tirée à deux mètres  foudroie net la vache qui tombe, sans plainte.

 Il n’a pas le courage de la saigner.

Il aurait fallu, tant pis, elle partira à l’équarrissage, au lieu de terminer en saucissons...

 Il a le temps de voir sortir du bois une magnifique laie, suivie par cinq marcassins sautillant comme des cabris…

 Il sourit, le soleil saute le rideau d’arbres, inondant la prairie de lumière.

 « C’est fini pour aujourd’hui » dit-il.

 Il ne sait pas pourquoi, mais il est en paix…

  

A Bientôt…

 
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