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23/06/2007

Le Trésor des Templiers...Ch.I

Avec les Moyeux du bord...

   

En recherchant une de mes nombreuses notes, il y en a 545, malgré le ménage que je fais de temps en temps, et je vous l’avoue, j’ai du mal à m’y retrouver.

 Donc, je suis tombé sur un billet où il était question que je narre un jour quelques exploits et aventures de mes jeunes années, et d’évoquer un de mes camarades de jeu, mon ami Roland.

  « Gardez-vous de juger les gens sur la mine… » Cette forte pensée s’appliquait à merveille à mon ami Roland. Il était ce qu’il convient d’appeler d’après les critères stéréotypés en usage à cette époque, dans la société, et dans le milieu de l’Education Nationale, ce qu’il est convenu d’appeler un cancre.

 Drôle de façon de parler d’un ami me direz-vous. Peut-être, mais c’est ainsi, dans son enfance, et tout le temps que je suis allé à l’école avec lui, de cinq à quinze ans, Roland était catalogué comme étant le cancre de la classe. Ce n’est pas un jugement, c’est un fait.

 Et pourtant ! Il serait bon, on commence à le faire, de cesser d’apprécier l’intelligence des enfants sur leurs performances scolaires, car il se peut, et je serais tenté de le croire, que les méthodes basiques de l’enseignement ne soient pas adaptées aux élèves trop doués qui se cachent derrière certains cancres. Si comme lui disait l’instit, « rien ne voulait rentrer », ce n’est pas parce qu’il avait la tête trop dure, mais parce qu’elle était déjà pleine !

 Et il en avait des idées mon ami, on le verra par la suite, si j’écris une suite !

 Nous voilà donc gamins, nous avons une dizaine d’années, il a un an de plus que moi, et j’ai quinze centimètres de moins que lui. Notre attelage, le grand dadais et le petit binoclard, est prêt pour l’aventure, allons-y…medium_La_Commanderie.jpg

 Notre village est bâti sur les ruines d’une commanderie de templiers, il en reste des vestiges, notamment quelques tours, reconverties pour la plupart en pigeonniers…

 Nous avions un instituteur qui ne nous faisait guère travailler, mais il avait un don de conteur, il ne nous expliquait pas l’Histoire, il nous la faisait vivre. Je ne sais ce qu’il convenait de retenir des Templiers, mais Roland et moi, nous avons flashé sur leur trésor.

 Il devait y avoir quelque part un trésor…non seulement il devait, mais il y avait certainement un trésor ! Ce trésor caché, nous devions le trouver. Où pouvait-il être, dans les tours, ou dans les souterrains ?

 Car s’il y avait des tours, il y avait aussi des souterrains dans le village. Mais les souterrains n’étant pas accessibles sans rentrer chez les gens, nous avons ciblé les tours, et plus particulièrement celle qui était à notre portée, et que l'on pouvait approcher sans être vus, car elle était située en bordure du village.

 J’aurais aimé vous la montrer, mais hélas je n’ai pas pu la prendre en photo, car les arbres qui ont poussé, et les broussailles qui ont envahi le pré attenant à la tour en masquent la vue, tant pis.

 A mi-hauteur de la tour, à quatre ou cinq mètres du sol, il y avait une fenêtre, sans aucun doute, le trésor devait se trouver là, il fallait aller voir !

 Vous avez vu le film, Le Capitan, avec Jean Marais. Il escalade le donjon en se servant de deux poignards qu’il plante entre les pierres du mur, et il grimpe. Nous n’avions pas de poignards, et nous n’avions pas encore vu le film, il a donc fallu nous débrouiller nous-mêmes.

 En farfouillant dans les ferrailles qui peuplaient les ateliers de son père et de son oncle, grands bricoleurs, nous avons trouvé des vieux axes de pédales de vélo, sûr que ça ferait l’affaire. Pendant que Roland surveillait et me guidait, j’ai escaladé la tour. Je suis monté moins haut que Jean Marais, mais je suis monté.

 Parvenu à la fenêtre, j’ai aperçu le « Trésor ». Il y avait là deux sacs de blé, et des outils. Je me suis glissé par la fenêtre, et je suis redescendu de la tour par l’escalier, qui donnait dans la cour, déserte à cette heure là.

 « Il doit être dans les souterrains ! » me dit Roland. Il fallut donc poursuivre les recherches….

     

A Bientôt.

15/05/2007

Le Dernier Voyage...

Première mise en ligne : 16 mars 2006.

Il est question ces jours-ci de "Pigeons", voyageurs ou pas.

Voici une histoire vraie...

Rediffusion...

...Enfin,bientôt la fin,après plus de onze heures d'un parcours harassant et semé d'embûches!

Que d'efforts depuis ce matin!

Mais là il touche au but.

Depuis quelques dizaines de minutes,il sait qu'il est presque chez lui.
Il a chaud,il a soif,il est à bout,épuisé,mais il maintient son allure,il tient bon,il est presqu'arrivé...
Là-bas,le clocher,son clocher,un demi-arc de cercle et il plonge...

"Nom de Dieu en voila un...C'est mon rouge,allez mon beau viens,viens..".

L'homme est heureux,il sait qu'étant donné les conditions météo il fera un bon résultat il se précipite à l'échelle..

...Un bruit de cliquetis métallique,ce sont les "cliquettes" qui se referment derrière lui,le "Rouge",un beau mâle de quatre ans est revenu au colombier ce dernier Dimanche de Juillet 82.
Quatre saisons déja qu'il est "engagé" par son soigneur dans les courses colombophiles.
La première année,à même pas six mois il a gagné sa première course.
Pour sa deuxième saison,jugé comme étant un sujet d'avenir,il fut bichonné,et seulement soumis à des vols d'entrainement,et un ou deux concours de "vitesse" n'éxcédant pas trois heures de vol.
Sa troisième année,il confirma les espoirs de son propriétaire,engagé sur huit des dix concours de la saison,se classant deux fois 3ème,et six fois dans les 10 premiers.
Il fut désigné "As-Pigeon" sur toute la saison.

Il termine aujourd'hui une course pour laquelle il a été spécialement préparé,il n'a cette saison été engagé que sur cinq courses,avec pour objectif celle-ci,le concours fédéral de la 13ème Région Colombophile.
Hier,samedi,en début d'après-midi,il a été "enlogé" à Clermont-fd avec neuf autres de ses copains de colombier et plus d'une centaines d'autres pigeons de l'Union Colombophile Clermontoise.
Ont aussi été enlogés les pigeons des sociétés de l'Allier et de la Loire,plus de six cents en tout.

Enfermés dans des paniers à claire-voies,il ont été acheminés sur le lieu du lâcher à Brest.

A six heures du matin,comme il l'avait fait le soir, au cours d'une courte halte,le convoyeur leur a donné de l'eau fraîche et quelques graines.

Il a fallu attendre deux heures que le ciel se dégage un peu,l'orage était dans l'air,on en annoncait sur toute la France.

Une rude journée qui s'annonce pour les coureurs!

Rude journée en effet.

Lâchés à huit heures,les oiseaux ont eu a affronter des orages de onze heures à trois heures de l'après-midi,puis ensuite de très fortes chaleurs.

Il est 19 heures 12 et quelques secondes quand la bague en caoutchouc portant le numéro d'engagement du "Rouge" est retirée de sa patte et glissée dans le "Constateur" plombé.

Le calcul est simple,il y a 634 kms et des poussières (l'oiseau en a sûrement parcourus près de sept cents) de Brest au colombier,cela fait une moyenne de 56,607 kmh !

Il ne sait pas qu'il l'a gagnée cette course,il s'en moque d'ailleurs,lui,il est rentré pour retrouver sa femelle,ils sont ensemble,il lui glisse le bec dans les plumes du cou,elle ferme les yeux,en remuant doucement les ailes.
Il devine sous sa compagne les deux jeunes nouveaux-nés.
Il ne sait pas non plus que plus jamais il ne sera envoyé loin de sa case.
Le champion va désormais vivre une vie de Nabab,tout le reste de sa vie,avec les belles pigeonnes qui lui seront
associées,il va fabriquer des futurs champions.

Ce voyage sera son dernier voyage...

Pour ceux que ce récit a intéressé,allez visiter le site suivant: PIGEON VOYAGEUR

(*)-Ceci est une histoire vraie.
Malheureusement,comme il arrive souvent par temps d'orage,près d'un quart des pigeons ne sont pas rentrés.
Sur les dix que j'avais engagés,deux ne sont jamais revenus,deux autres seulement sont rentrés le même jour que le Rouge,quatre le lendemain,et une femelle de six ans m'a été signaléé morte près de Dijon,sans doute tuée par un rapace, trop épuisée pour lui échapper.

Le pigeon de la photo,un écaillé noir macoté n'est pas un des miens.

22/04/2007

Liberté, Liberté Chérie....

La Vache et les Prisonniers...

  

medium_Vache_libre.jpg

 Quelle mot merveilleux, liberté !

 Que de choses dites, que de choses, belles et moins belles, faites en son nom.

 Les hommes ne sont pas les seuls à rêver d’elle.

 Des animaux aussi veulent la garder cette liberté, ou la retrouver…

 C’était il y a bien longtemps mes petits, disons en 56 ou 57, pas plus.

 C’était par un bel après-midi d’automne.

 Nous étions aux Roses, dans le champ du haut. C’était donc avant le remembrement. D’ailleurs, après les remembrements, l’histoire que je vais vous conter n’aurait pas pu se dérouler, le paysage n’y était plus favorable.

 Nous étions donc, toute la famille, dans le champ de patates.

 Le père, d’un coup de bêche bien placé, extirpait de leur gangue de terre de belles patates, des bintjes.

 Elles avaient été plantées le premier Mai, comme il était d’usage, et aussi parce qu’étant de repos ce jour-là, les ouvriers comme mon père étaient disponibles pour effectuer ce travail.

 Nous étions là, nous ramassions les patates.

 Les grosses d’abord, que nous mettions en tas, à peu près la valeur d’un sac, et les petites, ensuite, sans doute les meilleures, destinées au cochon.

 Elles resteraient là, couvertes avec les fanes, jusqu'au lendemain, on les laissait "étourer".

 Il n'en manquerait pas une le lendemain, enfin je crois, on ne les comptait pas !

 Soudain, au milieu des mille bruits de la campagne vivante, des cris, venant semblait-il du village.

 Et puis, sur le chemin de la Croix de Magne, courant d’une belle allure, une vache, normande, ou montbéliarde peut-être.

 Et courant derrière elle, avec force cris et gestes, Maurice, et d’autres, essayant de la rattraper.

 Elle venait juste d’être achetée à la grande foire d’Ennezat, une des plus grosses foires de la région qui se tient une fois par an, pour la Saint Michel.

 Quelle mouche l’avait piquée la belle génisse ?

 Un caprice de vache enceinte sans doute, car elle était pleine.

 Maurice avait acheté une génisse pleine, comme le faisaient beaucoup de paysans à cette foire.

 On les reconnaissait facile les vaches à Maurice, grasses à pleine peau, le poil luisant, étrillées comme des princesses.

 Leur boulot à ces vaches, c’était de faire des veaux, et de donner un lait mousseux, de ce lait qui au bout d’une heure dans le bidon, tu passes ton doigt dedans, et c’est de la crème !

 Il les bichonnait et les soignait bien ses bêtes Maurice.

 Mais malgré ça, cette génisse, dont j’ignore le nom,  je ne l’ai vue que ce jour-là, elle avait décidé de découvrir le monde.

 Quittant le chemin bordé de noyers, n’ayant aucune envie de se faire bloquer et capturer dans le bourg de Saint-Bonnet, la bête coupa vers la Croix sans Tête.

 Là, le terrain devint plus favorable à une vache en cavale.

 Des chaumes, des vignes, et de l’autre coté de la route, encore des chaumes, des broussailles…Elle avait gagné !

 Essoufflés et vaincus, les poursuivants renoncèrent à la suivre.

 Il fallait changer de tactique, obtenir des renforts, organiser la battue.

 A la nuit tombée, la vache avait disparu.

 Elle était bien à l’abri dans une zone de broussailles, les Caillots, terres ingrates et caillouteuses que les rares tracteurs n’avaient pas encore défoncées.

 Quel émoi dans le village. Non pas qu’une vache se soit échappée de sa pâture, ça, c’était monnaie courante, mais surtout qu’elle n’ait pas été rattrapée.

 Plusieurs jours passèrent, elle avait été vue là, là encore, ailleurs aussi, enfin on avait cru la voir.

 Des rumeurs, du genre :

 « T’inquiètes pas, une belle vache comme ça, elle n’a pas été perdu pour tout le monde, c’est moi qui te le dis ! »

 Plusieurs semaines passèrent, elle réapparaissait, toujours plus farouche, passant d’une commune à l’autre, sans souci de nourriture, les champs de luzerne ne manquaient pas dans la région.

 Elle réapparut un jour avec son veau, un veau né libre à l’égal de ses lointains ancêtres, les aurochs gaulois, qui n’étaient pas poursuivis par Maurice eux, mais par Charlemagne !

 Je ne suis pas sûr, mais si je me trompe on me le dira, elle passa l’hiver dehors.

 Plusieurs fois, elle et son veau faillirent être capturés.

 Le veau forçait l’admiration, aussi véloce que Guy Drut, bien avant son amnistie, il sautait comme sa mère par-dessus les murets.

 Mais tout a une fin.

 La belle et son jeune clochard furent capturés, ils s’étaient mêlés à un autre troupeau, près de Charbonnières les Varennes.

 Ce fut la fin de l’aventure, et c’est justice, ils eurent les honneurs de la presse.

 Une vache qui prend le maquis, en ces terres de Résistance, ça vaut bien un article et une photo non !

 Ils durent connaître le destin de tous les bovins élevés par les hommes, pour les hommes.

 Mais il se pourrait bien que pendant quelques temps des gens aient trouvé que leur beefsteak et leur escalope avaient meilleur goût que d’habitude.

 Normal, c’était le goût de la liberté.

    

 A Bientôt…  

 
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