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15/04/2010

Quand la mémoire me revient...

...Il me revient en mémoire...

Papa veille.jpg

Famille Chiffon : Papa veille...

***

Je me suis levé tôt ce matin - Que faire vers les cinq heures ?- je suis allé faire un petit tour sur quelques blogs. Je devrais y aller plus souvent.

Sur celui du CDHC, le Chamane Des Hautes Chaumes (lien), il était question de patates...En jardinier prudent, ce grand cueilleur pécheur devant l'Eternel qui, malgré l'IMC vertigineux que lui vaut une surcharge pondérale goulûment entretenue à coups de charcutailles diverses et variées, aidé en cela l'IMC par une petite taille que ne réhausse point une casquette en bataille, garde l'animal une pêche d'enfer  lui attirant les compliments admiratifs de pas mal de blogueuses diverses et variées elles aussi...Mais qu'a-t-il donc de plus que moi Mesdames, je vous le demande ! Trève de jalousie...Bref, Héraime a décidé de différer un peu l'enterrement de ses patates de semence. C'est en nos contrées non trop atteintes encore cette année par le réchauffement climatique une sage décision. Bien que le sort des tubercules de Héraime m'indiffère, je lui sais gré d'avoir différé sa décision. Savoir que d'innocentes BF15 aux germes fragiles enfouies dans la glaise glacée de contrées improbables ne mourront pas de froid me fait chaud au coeur... 

Là n'est pas le sujet. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'à l'évocation des patates, me sont des souvenirs revenus...

***

Maman couve.jpg

Famille Chiffon encore : Pendant que Papa veille, Maman couve...

***

...Des souvenirs me sont revenus...

 ...Des images froissées que je me repasse...

Les patates !

Quel âge pouvais-je avoir ? Neuf ou dix ans peut-être. Je me revois au bord du champ, c'était fin septembre, début octobre peut-être. Il faisait très beau, mon père chargeait tout seul les sacs de cinquante ou soixante kilos de patates qu'il avait arrachées la veille, le matin - chez nous, on arrachait les patates et les betteraves - et que nous avions ramassées l'après-midi,  une fois séchées - étourées-  sur le champ. D'abord mises en tas, grosses et petites séparées, elles avaient passé la nuit sous les fanes qui les protégeaient de l'humidité, mises en sacs ensuite, avant d'être chargées sur le tombereau et ramenées à la cave...Un sacré boulot avant de pouvoir manger une platée de frites !

En manquait-il à l'appel ? Peut-être, mais comment le savoir...Nous ne les comptions pas, et si quelque maraudeur avait fait sa provision, quelle importance, autant en moins à sortir de la cave où pourrissait chaque année le surplus de la récolte précédente...

Vipéreaux.jpgJe me revois, comme toujours perdu dans mes rêves, ou affairé à contempler quelque bestioles...

Ce jour-là, c'étaient de tous jeunes vipéreaux qui attirèrent mon attention, trois ou quatre qui se faufilaient tant bien que mal vers les hautes herbes en lisière du champ. Sans doute étaient-ils venus là sur la terre encore chaude, pour profiter un peu du  soleil d'automne... Ils ne savaient pas que je ne leur aurais fait aucun mal, ils se hâtaient au plus vite vers la friche d'à coté,  là où était leur salut.

Patates encore, et autre image...

Je vous ai conté son histoire, l'histoire de la vache à Maurice, une jeune montbéliarde enceinte éprise de liberté qui passa pas mal de semaines dans le maquis. Elle donna bien du tracas à un brave homme et à sa famille, mais elle fit le bonheur de son veau né libre et sauvage...

***  La vache qui fuit...  ***

Autre image encore, et toujours les patates...

En ces années soixante soixante-dix, j'avais d'autres passions que la photgraphie, et c'est dommage. J'aurais pu illustrer ce texte avec une photo qui vous aurait surpris.

Certains d'entre vous ont vu des paysans planter des patates, peut-être en avez-vous planté vous-mêmes. D'abord la préparation du sillon, puis la mise en place des plants...Du temps de l'agriculture à cheval, il fallait minimum deux, voire trois personnes. Un qui guide le cheval, l'autre qui tient la charrue, et le troisième qui plante les fameux tubercules.araire.jpg

Jean faisait ça tout seul. Il tenait son araire, sorte de charrue antique comme celle de la photo ci-contre, hélas amputée d'un grand bout de son timon.

Il guidait son cheval à la voix avec les guides - les rènes - sur le cou, et de son autre main, car il tenait son araire d'une seule, il semait une à une les patates qu'il sortait d'un grand sac accroché tout comme les guides à son cou. Il traçait des sillons droits comme des "I", tout en enfonçant d'un coup de sabot délicat les précieux tubercules au fond du sillon...

Cet homme était un acrobate et un artiste, je l'aimais beaucoup, il faudra que je vous parle de lui plus longuement, de lui et de sa Marie, ils le méritent bien...

A plus tard...

 

Commentaires

Il me remonte aussi des souvenirs quand, toute petite fille, je demandais à mon père "dis, papa, racontes-moi ce que tu faisais quand tu étais petit garçon". Le pauvre devait même en inventer jusqu'à vers mes 10 ans ! C'est à lui que vous m'avez fait penser en vous lisant.
J'ai connu les doryphores que je trouvai aussi beaux qu'une coccinelle ! Mais quel détour je faisais quand apparaissaient leurs larves, beurk... comme pour tout ce qui rampe, comme la chenille par ex. (aujourd'hui encore)
Les serpents me fascinaient. Très beaux eux aussi, mais, par crainte d'être mordue, je n'y touchais pas. Par contre, je reconnaissais les orvets et en ramenais à la maison dans le creux de mes mains délicatement refermées ......... là c'est ma mère qui disait "beurk", sors çà de la maison .... et vite.
J'avais alors des liens très étroits avec tout ce qui vit dans la nature, liens que j'ai gardés malgré mes 69 printemps !
Je suis avec "impatience" la famille Chiffon. Vive la vie !

A bientôt,
chris

Écrit par : chris | 15/04/2010

Tu parles souvent de politique, quand on voit le désamour des politiciens et de la politique les jours de votes, il ne faut pas t'étonner ...
Dès que tu parles de la nature et des p'tits oiseaux c'est mieux...
Ton ami Heraime copierait -il Alain Delon ?
Il parle de lui à la 3e personne. C'est marrant ça !
Chez nous elle est en terre la patate, dans des sillons tracés au fil et espacée au mm près. Une demie journée de travail pour 25 m².
La récolte n'en sera pas meilleure mais c'est comme ça ! Quand on est jargeot (c'est du bourbonnais) on est jargeot.
Bisesss

Écrit par : eliane | 15/04/2010

j'aimerais bien que tu nous dises comment tu reconnais monsieur Chiffon de Madame Chiffon; A en croire les savants ornitophiles, en passant un petit doigt lèger sous le croupion les os se repèrent facilement et on sent si la symphise pubienne de l'oiseau est soudée ou non. tout comme on reconnait un squelette de femme ou d'homme.
quand on passe de la théorie à la pratique macache (jai peur de leur faire mal et même que mes oiseaux me prennent pour une vicieuse)
tu ne montes quand même pas au reverbère pour passer un doigt lèger à papa Chiffon. je crois qu'ils prennent le quart à des heures précises mais je ne sais plus ..merci Alain
bises

Écrit par : josette | 15/04/2010

Bonjour Alain,

Et sur ce cours magistral sur la pomme de terre et son environnement......

Je vais me fabriquer une purée"Mousseline" à l'ancienne, facile et rapide.....en sachet......

J'aime bien la photo du Chiffon père équilibriste......

Bises jardinières
hélène

Écrit par : hélène | 16/04/2010

Pas évident du tout de passer l'araire seul et de semer les patates en même temps ,ce devait être un sacré artiste ton ami.Moi ,j'adorai les ramasser et les trier ,je craignais beaucoup plus l'arrachage à la triandine (pioche à trois becs ) pour ceux qui ne connaissent pas .J'avais déja des lumbagos à 16 ans ,alors !!!
MOi ,quelque chose en plus de toi ,mais quoi donc !!!au contraire quelque chose en moins ,ça doit venir des lunettes .Parler de moi à la troisième personne ,j'aime bien ,ça me permet de me regarder faire mes conneries ,c'est plus facile pour les analyser,tu diras ça à ta copine Eliane
dont j'apprécie les commentaires chez toi.
***
Eliane n'est pas ma copine, c'est bien pire, Eliane est ma belle-soeur ! C'est vrai qu'elle tape juste dans ses coms.
Parle de toi à la personne que tu veux, l'essentiel c'est que tu nous dises tout !
Je ferai une note sur l'acrobate en sabots...
Salut.

Écrit par : heraime | 16/04/2010

Une belle " ode " à la liberté,à l'enfance,au travail de l'homme.

Les lieux-dits sentent bon la campagne:chemin de la Croix Magne,la Croix Sans tête....

Je pense à une vieille femme de "mon "village que l'on appelait Marie sans tête,à PIMENT ( qui avait un nez énorme trahissant son addiction au Pernod..).

L'enfance,cette part de nous même qui résiste au cynisme .

Bonne soirée Alain.

Bises

betty

Écrit par : betty | 16/04/2010

Un interminable et plat champs de patates dans la Beauce. Sous un soleil qui brule une vingtaine de gamins de dix à treize ans ramasse les pommes de terre pour le compte de l'Assistance Publique! De 7h du matin à 18h. Chaque gosse touchera cinq centimes (même en 1952 c'est une somme dérisoire...) par sac de cinquante kilos récolté! Souvenir pas agréable! Et malgré ça j'aime les frites...
Ah! Le "bon vieux temps..."
Amitiés.

Écrit par : Papa de Lili | 17/04/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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