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27 mars 2008
Soyons vigilants...
... Et ne nous trompons pas de combat !
***

*** La sentinelle *** Je n'ai pas de photo du grand Yaka, voici un petit faucon.
Shocking, very shocking !
Il s’en est fallu de peu pour que l’Europe soit de nouveau plongée dans un bain de sang.
Vous n’avez assisté hier qu’à la version glamour de « Niko et Carlita chez les Grands Bretons »
Les images diffusées nous ont montré l’entente cordiale sous le jour chic et tics, mais le soir, aïe aïe aïe ! Je vous l’accorde, chic et tics aie aïe aïe, ce n’est pas la meilleure trouvaille de l’année, il faudra pourtant vous en contenter.
Donc, disais-je, le soir nous frôlâmes le drame sanglant.
Le tournage du film « Le dîner de cons chez les Windsor » se déroulait selon le scénario prévu à l’avance, Nicolas Pignon bougeait un peu trop comme à son habitude, mais on arrangerait ça au montage.
Le Prince d’Edimbourg ragaillardi par les images largement diffusées de The French Lady et des cancans y afférant dans les tabloïds rosbifs, cherchait à deviner les formes dissimulées sous la robe sage de Mâme Pignon.
Tout le monde s’emmerdait avec distinction, ainsi qu’il sied de s’emmerder dans ce genre de tournage un peu cul serré. A propos, et parce qu'il le serre difficilement, en plus il pue des pieds, Jean-Louis n'était pas de la fête.
Le nœud un peu désaxé, Nicolas exécuta un sketch spécialement écrit pour lui par ses rigolos du Faubourg Saint Honoré, et comme il ne s’en tira pas trop mal, personne ne lui balança les tranches de pudding sur la gueule.
Ce n’est que plus tard que les choses se gâtèrent. Nous en étions à la fin du repas, au moment où le pinard millésimé distribué en abondance produit le maximum d’effet.
On se marrait franchement, car « La digue du cul » entonnée plein chant, avec un accent pas possible, par le Prince de Galles soutenu par Camilla pompette, pas à dire, ce fut un vrai régal !
Bien à l'abri sous son chapeau, Old Babeth était aux anges, heureuse d'avoir bien choisi les clous de la soirée, et fière aussi de voir qu’elle pouvait partir tranquille, la relève étant assurée.
« Une chanson, une chanson une chanson ! »
Elles se sont faites un peu prier, mais c’est tout de même de bonne grâce que Rachida et Rama montèrent sur la table, et commencèrent leur numéro :
Nous sommes sœurs jumelles,
Nées très loin de la place Beauvau…
Et c’est là que tout le monde l’a vu. Les deux copines, la très brune et l'autre avec des dents plus longues encore, voulant faire une blague de potaches avaient mis exactement le même string que la Princesse Anne.
Bonjour le protocole !
Un vent glacial envahit tout le palais !
Shocking !
***
Nous vivons dans un monde qui bouge, et nous avons de plus en plus de mal à nous maintenir debout dans la tourmente des vents de l’Histoire.
Il est bien fini le temps où le monde qui nous avait vu naître ressemblait à s’y méprendre à celui qui nous verrait mourir, laissant croire que tout, la vie aussi, était éternel.
Fini ce temps, alors que nous ignorons ce que sera demain, il nous faut accepter que disparaisse non seulement les gens, mais aussi les choses que nous aimons.
On ne peut pas tout garder, il faut être raisonnable.
Prenons les sabots et les galoches par exemple, je sais que beaucoup d’entre nous rêvent de retrouver ces merveilles, mais mondialisation oblige, il nous faut y renoncer, ne serait-ce que pour des raisons purement humanitaires.
Avez-vous pensé aux milliers d’enfants chinois et indiens qui se retrouveraient sans travail, si nous troquions les Nike et les Adidas contre nos regrettées galoches en châtaignier des Cévennes, amoureusement façonnées dans la pénombre de son échoppe par un retraité des chemins de fer trouvant là le moyen d'améliorer sa maigre pension ?
Vous auriez le cœur de les mettre au chômage les mômes de six à huit ans qui vont gagner leur riz et la mercédès du patron à la sueur de leur front, où se dessinent déja les rides d'une enfance envolée, bien sûr que non !
Adieu donc les beaux sabots vernis et les galoches sonnantes et trébuchantes sur les pavés disjoints de nos cités dirigées en majorité par les socialos communistes !
D'accord, mais le retraité des chemins de fer,
Il fait quoi pour améliorer son ordinaire ?
Une chose à la fois, ce n'est pas le sujet du jour !
J’applaudis devant les efforts que font nombre de nos concitoyens-toyennes et compatriotes, mes chers amis bonjour !
Louables intentions que de vouloir préserver les tigres, le camembert Aoc,le hamster d’Alsace, l’orang outang et les derniers centristes pyrénéens.
Je m’associe de tout cœur, comme je m’incline devant ceux qui veulent sauver les éléphants, en Afrique surtout, car chez nous ils sont de plus en plus nombreux.
De plus en plus nombreux et vigoureux, mais condamnés aussi à disparaître.
Nos éléphants ne sont pas exterminés par des braconniers qui alimentent le marché de l’ivoire, chez nous ils n’ont pas besoin de braconniers pour les flinguer, ils se dévorent entre eux, c’est tout aussi efficace.
Louables efforts de sauvegarde, et qui honorent ceux qui y consacrent leur temps, mais en vain.
Les Africains devront s’habituer à vivre sans éléphants, ils sont déjà habitués à se passer de tant de choses, ils s’adapteront très vite. Nous aussi.
Laissons là les causes perdues d’avance, mobilisons-nous pour ce qui peut encore être sauvé et mérite de l’être, concentrons nos efforts pour les choses essentielles.
Que vois-je dans mon journal, je n’en crois pas mes yeux fatigués d’astigmate hypermétrope de naissance, dont cependant la vue est parfaitement rétablie par des verres correcteurs qui coûtent la peau des couilles, et qui jamais, je le crains, malgré la promesse jurée crachée de celui qui fait, qui dit et qui ne vous trahira pas, il l’a dit, jamais remboursés dis-je, et qui jettent sans ménagement à travers mon cristallin déficient et ma cornée aplatie cette nouvelle stupéfiante qui me transperce et qui me glace, comment est-ce possible, allons-nous rester sans réagir, allons-nous laisser irrémédiablement cette merveille quitter notre littérature, peut-on vivre une vie épanouie sans cet ami si discret, mais indispensable,lui, qui, avec sa sœur la virgule, ses oncles points d’interrogation et d’exclamation, dont je fais un usage immodéré et plus qu’approximatif, et son père le point, que vous attendez vainement depuis plusieurs lignes,et qu'il vous faudra attendre encore, lui, dis-je qui rythme nos écrits, et leur donne cette formidable respiration qui nous permet de reprendre la nôtre, il nous faut le sauver, sauvons-le donc, car oui, vous lisez bien, le point-virgule va disparaître !
Remettons-le partout où c'est possible d'en mettre, faisons le croître et se multiplier, dans les chansons de Carla, dans les discours du petit, dans le string de Boutin, s'il peut s'y faire une place et consent à y rester, partout dis-je, partout....
Merde, j’ai beau chercher, je ne l’emploie pratiquement jamais, il va falloir que je fasse un effort !
A Bientôt…
17:35 Publié dans Elucubrations... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
Commentaires
Je pense que la chute du point virgule est tout à fait significative d'une certaine dégénérescence des subtilités de notre langue ; je suis un peu désolée qu'un personne aussi talentueuse que vous, cher Crabillou, vous n'usagiez point de ce délicieux petit accessoire (je m'emballe un peu mais moi, je l'aime ce délicieux petit accessoire).
Sinon, quelle Note encore ; "Le dîner de cons chez les Windor" : à mourir !
Si le rire est la santé, il faut faire quelque chose pour que vous récoltiez les fruits de la santé publique.
Bises hilarisées. Monique
Ecrit par : monique | 27 mars 2008
Applaudissements nourris....et rigolade pour ton diner chez les Windsor....
J'ai beaucoup appris en lisant ta note sur les bonnes manières à l'anglaise, surtout le devoir de chanter en montant sur la table..Je le croyais banni par le protocole!!comme quoi tout change en ce bon royaume uni...
J'aurais aimé connaitre les détails sur les tenues vestimentaires adhoc...Rachida, sa jumelle,la superbe Ramaya, évidemment le prince consort a dû apprécier, lui fervent admirateur des beautés du royaume!!et comme tout finit par des chansons...j'entonnerais :
Il était un p'tit homme
Qui s'applait Sarkozy...guilleri... (à chacun le soin de mettre son vers) pour compléter la chanson.
Salut l'artiste
bises
hélène
Ecrit par : hélène | 27 mars 2008
Alain, ta dernière phrase on aurait cru lire ROCARD!!! Je suis à bout de souffle!
Vive le point virgule!!
très bien aussi la première partie de ta note.
Bises d' une groupie ( si tu préfères:groopie )de service
Ecrit par : betty | 27 mars 2008
Voilà Crabillou-Zitrone à la cour des Grands Bretons; tes commentaires sont vraiment funnyTu passes avec aisance des strings aux éléphants pour arriver au point-virgule.Je ne l'utilise jamais ou presque.
Mais oubliés les éléphants , le Tibet , les réformes de l'enseignement.....qu'importe....On va se mobiliser pour le point-virgule....A quand la manif pour défendre le point-virgule?....Les petites retraites attendront.Ce n'est plus Le soldat Ryan qu'il faut sauver , mais le point-virgule....Quelle noble cause!
Encore bien ri et c'est le principal.....Ton petit faucon is beautiful et la Old Babeth, il fallait y penser...
Sir Crabillou, you are Wonderful!!!!Good night
Ecrit par : Allier-née | 27 mars 2008
bon sang pour un coup dur c'est un coup dur.... la quasi disparition du point virgule... mais mobilisons nous, tous ensemble tous ensemble, battons nous pour que vive le point virgule ....
Un régal ton dîner chez les Windsor....
à bientôt
ANNIE
Ecrit par : Maminie | 27 mars 2008
Le point-virgule est parfois aussi appelé point et virgule :
"On reconnaît tout de suite un homme de jugement à l'usage qu'il fait du point et virgule. (Henry de Montherlant, Carnets)."
M'en f....,je suis une femme et n'ai pas de jugeotte.
Ecrit par : Allier-née | 28 mars 2008
Moi, je suis dégouttée quand je vois le niveau d'anglais du Président de la République française.
II me semble avoir lu dans l'une de ses biographies qu'il a été recalé à l'ENA par une note en anglais éliminatoire ; en 30 ans il aurait pu faire des progrès compte tenu de ses ambitions politiques.
Il ne sera pas recalé, non plus, pour présider la communauté Européenne et je trouve cela injuste, nous devrions être plus exigeants avec les savoir de nos dirigeants.
Voilà c'était mon coup de gueule du jour ; merci à toi Alain de le recueillir sur ton blog.
J'ai essayé d'utiliser le ; est-ce à bon escient, je n'en sais rien.
Bise à vous
Ecrit par : Eliane | 28 mars 2008
Ok , Eliane, Sarko n'et pas bon en anglais;Il a épousé une tri, quadri....ou plus lingue; Il pourrait parfaire son anglais en courant avec un British coach.Moi aussi j'ai essayé le;
Bravo pour ton coupde gueule, Eliane et bises
Ecrit par : Allier-née | 28 mars 2008





