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01 mars 2008
1949, Annus Horribilis !
Si j’en crois la rumeur qui coure et zèbre l’espace éthéré des landes bloguissantes et agitées de notre domaine réservé, nous devrions en ce triste jour, au lendemain d’un mois de Février fort beau, mais qui ne résista point, malgré le sursis d’un jour qui lui fut accordé, et qui jamais donc, pauvre de mois, ne sera aussi grand que ses onze frères, dont au moins sept atteignent les trente et un jours, nous devrions dis-je, et la rumeur le dit aussi, fêter, ce mot est incongru pour pareil événement, mais fêter quand même, la naissance voici bien des lustres déjà, d’un personnage que bien malgré lui, le monde dut supporter.
Ô 1949, annus horribilis !
Que n’as-tu pas disparu dans le néant du temps, nous épargnant ce cataclysme.
Pauvre, pauvre pauvre Nanou, qu'as-tu du supporter!
Avec le mois de Mars, mois délicat et gracieux, qui garde en son sein le Printemps, et tant d’autres bonnes choses, naquit cette année-là le petit René, plus rond que long, à qui dès les premières minutes, on mit une casquette pour ne pas le confondre avec ses autres frères. Précaution bien inutile, car ses frères étant normaux, il était facile de le reconnaître.
Tout jeune, il se distingua, en faisant connerie sur connerie (Depuis le dernier salon de l’agriculture, ce mot n’est plus grossier, on peut donc l’employer, y compris dans des œuvres littéraires de qualité, telle cette note, qui s’offre à votre esprit curieux. Fermez la parenthèse.
Plus tard, jeune homme aventureux, cédant à ses pulsions diaboliques, il entreprit de péleriner régulièrement sur les hautes chaumes, landes désolées de ce Forez déjà maléfique, et qui n’avait nul besoin de renfort supplémentaire en diablerie.
Arpentant les vignes enneigées, d’où sort cet affreux pinard auquel nulle futaille et nul estomac ne résistent bien longtemps, il apprit en quelques saisons, son métier, le vrai : il devint Chamane.
Il tenta bien sa chance du coté de la science, mais très vite il fut démasqué.
Sa fumeuse formule, E= MC2, qu’il camoufla en E=Mes Deux C, qui phonétiquement s’énonce « Eux ils aiment ces deux ». En prononçant E, il pensait à elles, rêvant qu’L pensent à lui. Pensent à lui, car dans son esprit, « Elle » étaient fort nombreuses.
Et de les appâter, connaissant leurs faiblesse à ces chéries, avec un engin qui, comme surgi de nulle part, offrait ses quarante-huit centimètres d’illusions vite évanouies aux quelques gogotes qui s’y laissèrent prendre.
La supercherie fut rapidement éventée par des scientifiques de haut niveau, dont un en particulier, esprit brillant s’il en fut, pur Gaulois de surcroît, bien que mâtiné belge, et qui démontra que même si on aime ses deux, il est quasiment impossible d‘arriver à quarante-huit centimètres en une seule fois.
La déception fut grande chez ces dames, mais la formule disparut des manuels, et le calme revint dans les laboratoires.
Il se tourna donc vers l’ésotérisme. Pour les peuplades du Forez, l’ésotérisme se confond souvent avec une forte imprégnation alcoolique. Ainsi, on ne dit pas là-bas : « Il est en phase mystique, il entre en transes », on dit : « Il est à deux grammes huit, bourré comme un cochon ! ».
C’est donc ainsi, dans un état second, que chaussé de ses sabots, et seulement vêtu d’une nuisette transparente, empruntée à sa sœur, pauvre Nanou, qu’il entreprit l’ascension du Béal, par une nuit de pleine lune.
Quel spectacle ! A coté, « la symphonie pour l’après-midi d’un faune », ça t’avait des allures de « Il pleut il pleut bergère ! ».
Il ne pleuvait pas, c’est dommage, et le ciel parsemé d’étoiles faisait à la lune, reine de la nuit, comme une traîne scintillante, brodée d’argent et d’or…
Vous pouvez recopier cette phrase, et la montrer à vos petits enfants, pour qu’ils se rendent compte à quoi peut passer son temps un papy de bientôt soixante-trois balais, et qui se lève à cinq heures du matin pour écrire des inepties. Edifiant !
Je continue…C’était pendant l’horreur d’une profonde nuit…Non, je reprends...
Une nuit féerique, une nuit magique. Zigzaguant et quittant la route, écartant les bras et en appelant aux puissances du ciel et de l’enfer, ce sont souvent les mêmes, il foulait les hautes herbes qui fouettaient ses mollets velus. De forts mollets, en ventre de lapin…S’il n’avait porté des sabots, tu aurais juré que c’était Linda de Suza qui faisait son footing !
Les sabots…Ce qui devait arriver arriva. Titubant sur une taupinière, il trébucha, s’étalant de tout son long, bien que son long fut assez court, échappant à la fois un juron, et un des deux sabots ! « Ey pardiù mon seù ! » lâcha-t-il dans un souffle.
Mais par quel prodige cet être fruste parvint-il à articuler, pratiquement sans accent, cette phrase courte, mais bien structurée, et, remarquons-le, parfaitement adaptée à la situation.
« Ey pardiù mon seù ! », jusqu’au point d’exclamation qui était placé là où il le fallait.
Magie de l’instant. Débarrassé d’un des sabots, celui qui le collait à la terre, il pouvait enfin atteindre cet espace intemporel, où dansent les fées, les trolls, les faunes et les schtroumfs. Le monde parallèle, le monde d’à coté…
Ainsi naquit le Chamane des Hautes Chaumes.
Le reste est sans importance, nous n’en parlerons pas. Rien à dire sur ce qui s’ensuivit, cela ne nous regarde pas.
Se relevant péniblement, la tête lourde de ce vin trop acide, encore ébloui de l’éclair qui l’avait traversé, le faisant parler un instant le langage des vrais initiés aux mystères de l’ailleurs, le langage brayaud, il se mit en recherche du sabot qu’il ne retrouverait jamais.
Claudiquant et râlant, tantôt debout, tantôt à quatre pattes, il le chercha, mais en vain. Accrochée aux branches des buissons à myrtilles, la nuisette était en lambeaux.
La lune blafarde éclairait ce spectacle, offrant des transparences obscènes, d’où il apparaissait, sous cette sombre clarté qui tombait des étoiles –J’aime bien, je la replace souvent- que les quarante-huit centimètres étaient bien un mythe !
Et il faudrait fêter l’anniversaire du Chamane. Faites-le sans moi, je m’y refuse.
Que ceux qui veulent happybeursder happybeursdent, moi, je vais boire un café, et vite aller au pain, avant de prendre la flotte sur la tronche !
A Bientôt…
***
Non, je n'ai pas oublié !
Le même jour, ou tout comme, à l'heure où sans doute en ce monde cruel moururent des enfants bleus, naissait ailleurs une ravissante petite fille.
Comme elle était orange, ce qui est curieux pour un nouveau né aussi jeune, ses parents, au lieu de mettre une poupée dans son berceau, y mirent un vieux tracteur !
BON ANNIVERSAIRE FRAMBOISINE !!!
08:20 Publié dans Elucubrations... | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
Commentaires
Héraime, suivant les infos Crabillou,je t'HAPPYBEURSDE TOUDAI.
Ecrit par : Allier-née | 01 mars 2008
perdu vieux Crabe, je suis jumelle en année, mais pas en jour, 28 février, mois froid de l'annus horribilis, je suis l'aînée du Chamane, , merci pour lui, merci moi, ta page est divine,
que nous fêtions un jour tous ensemble ces jours et le tien, voici mon voeu le plus cher, Baisers à toi Arverne de mon coeur, Françoise
Ecrit par : framboisine | 01 mars 2008
ps;j'ai jeté toutes mes poupées, mes j'ai pieusement conservé le tracteur,
Ecrit par : framboisine | 01 mars 2008
Framboisine, vous avez raison...cette page est divine et je rajouterais magique. Merci Crabillou, car en te lisant, les nuages peuvent s'amonceler dans le ciel, mon esprit est en peine ébullition de joie...
Ecrit par : Philippe Féat | 01 mars 2008
Quand on dit Annus Horribilis pour décrire une année pourrie, ça prête à rire.
Donc, tout dépend de la façon de raconter les choses pour vivre une année formidable.
Restons optimiste, pensons à « Annus mirabilis ».
Salut l'artiste...
Ecrit par : anonyme | 01 mars 2008
encore un grand moment de rigolade
amitié
Claude
Ecrit par : nunus63 | 01 mars 2008
Une merveille élucubratoire et crabillonesque ! Pierre Dac l'aurait porté en scène et il faudrait maintenant porter à l'écran les images de la nuit des hautes chaumes et des petites nuisettes. Les visions d'un chamane avec une valise en carton de 48 cm. Les trolls, elfes et stroumpfs auvergnats applaudiront. Tu pourras faire la sieste réparatoire, l'aube a été féconde.
Je montrerai aux petits enfants la traine de la lune, chamane pas de charme !
Amitiés du grillon heureux de te lire.
Ecrit par : christian | 01 mars 2008
Les mollets en ventre de lapin,l'errance nocturne sur le BEAL : là tus as mis le paquet ( cadeau).
Un grand moment d'écriture et de rire!!
je crois que tu vas recevoir un coup de sabot!!
Bises
betty
Ecrit par : betty | 01 mars 2008
Un vrai bijou d'anniversaire pour René, et tu nous fais plaisir à tous, tes élucubrations, quelle plume!!!On a intérêt à lire plusieurs fois...tu es le roi de la chronique, et je ne suis pas flatteuse....Merci...
Bises
hélène
Ecrit par : hélène | 01 mars 2008
Quel bonheur personnel,bien sur je ne ferais palir cette horreur à ma femme qui n'y comprendrait rien.Un sacré morceau d'honte au logis que tu offres à moi même et aux blogueurs et blogueuses,en te lisant,certaines ont peut être mouillée leur petite culotte à force de rire.J'ai vu que grillon avait pris mon engin pour un cartable,c'est vrai qu'il y a aussi des sacoches.J'ai trop ri.Tu es sublime quand tu veux.salut vieux gamin.Bises à l'eau rance.
***
L'eau rance...Tu me donnes une idée pour le titre d'une prochaine note:
"L'eau rance a croupi." Non, finalement, c'est mauvais, laissons pisser !
Salut à toi crapule !
Ecrit par : heraime | 01 mars 2008
et voilà, encore une fois les femmes en font les frais, il y a même une poule du salon de l'Agriculture qu'on a baptisée Carla, pôvre poule! ça va la suivre
Ecrit par : framboisine | 02 mars 2008
Un mot très gentil et fashion pour les 2 frères ennemis:"VOUS ETES VRAIMENT CONS"avec les femmes et surtout avec le prénom de l' adorable épouse de l'un de vous 2.
***
C'est lui qui a commencé. Je suis innocent.
D'ailleurs, je ne connais personne qui se nomme Eau rance, ni Huile plate .
Encore un horrible malentendu à cause de l'autre, le guignol de la pampa du Béal.
Il n'en loupe pas une.
Tu es sûre que c'est vraiment fashion l'épithète dont tu nous as gratifiés ?
Remarque, il y a des mots qui ne se démodent pas.
Bisou quand même, je me casse...
Ecrit par : Allier -née | 02 mars 2008
Merci les filles pour la solidarité!!!!
Ils ne perdent rien pour attendre ces deux olibrius, notamment celui qui est à ma portée, je saurais lui rappeler ses écrits!!!!La vengeance est un plat qui se mange froid!!!!Mais le petit chamane des hautes chaumes,aussi, je lui garde un chien de ma chienne !!!Bien à vous messieurs..... Pffft!!!!
Ecrit par : laurence | 02 mars 2008
J'espère ma chère Laurence que se sera un Labrador,j'adore les labradors.Tu peux m'en garder un,comme ça je l'emmenerai avec moi aux champignons et si je me perds,il me ramenera.Au royaume des aveugles les labradors sont rois.Bises,la neige arrive.
Ecrit par : heraime | 02 mars 2008
This word is the latest fashion.
Tu es innocent comme un futur bébé, la veille de sa naissance....
C'est pas lui, c'est l'autre.Match nul 0-0 pour les 2 machos...J'espère qu'Olga et le labrador vont bien s'entendre....
Bisous quand même.
Ecrit par : Allier-née | 03 mars 2008
Demain sera un autre jour ! Faudra pas manquer les chroniques ! Un bon débat avec le chamane !
Super , vous êtes des champions ! bravo .... a bientôt !
huguette
Ecrit par : macary huguette | 03 mars 2008




