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14 février 2008
Da dou ron ron...
...Quand l'Amour s'en va, et que tout est fini...
Jean, Léon, revenez vite, ils sont devenus mous !
***
Monsieur le Premier Secrétaire,
Ainsi, la messe est dite ! Dans la foulée d’une modification de la Constitution, voici ratifié le traité de Lisbonne par voie parlementaire.
Faisant preuve d’une pugnacité remarquable, face à leur adversaire déclaré, Monsieur Sarkozy, les parlementaires du Parti Socialiste, que vous conduisez, pas tout seul, il est juste de le dire, de défaite en défaite depuis plus de dix ans, viennent encore de se distinguer avec brio, dans ce que j’appellerai, si vous le permettez, l’affaire du référendum sacrifié.
La façon hollandaise de faire, renforcée par la mollesse du Ayrault fatigué, qui consiste à prôner une courageuse abstention, alors que chacun sait, et vous, le chef, mieux que quiconque, que cette attitude équivalait à l’approbation de la méthode Sarkozy. Méthode qui n’engage, faut-il vous le rappeler que les seuls 42,69% du corps électoral qui ont fait de lui un Président. Seriez-vous sarkozystes, Mesdames et Messieurs du PS?
C’est d’une veulerie politicarde indigne d’un parti que vous dites vouloir le premier parti de France ! Je sais qu’il est plus facile de faire semblant d’être unis autour du vainqueur, comme le font les umpes et leurs ralliés centristes, que de continuer à s’aimer dans la défaite, mais je crains que cette pirouette, en triple saut arrière avec la veste retournée, ne vous fasse mal à l’atterrissage !
On devine votre soulagement. Cette pantalonnade vous dispensera d’un débat difficile sur une question qui vous divise. Vous vous êtes peut-être débarrassés du bébé, mais vous n’avez pas fini de patauger dans l’eau du bain ! Tant que vous n’aurez pas réglée cette affaire de l’Europe entre vous, elle empoisonnera votre existence.
Si vous pensez avoir évacué le problème en bottant en touche, et en abandonnant le terrain à Sarkozy, vous faites erreur. Mais après tout, c’est votre affaire, ce sont vos affaires.
Suite à cette pantalonnade, de trop, les affaires du Parti Socialiste, qui n’a pas su ou voulu se remettre en ordre de marche, au lendemain de la défaite, somme toute honorable pour la candidate Socialiste, mais qui eut du conduire ses dirigeants vers d’autres voies que celles pouvant mener chaque éléphant, gazelle ou lionceau vers 2012, ces affaires dis-je, ne sont plus les miennes.
Ma patience est à bout, et mes convictions de gauche, qui, depuis 1966, année de ma majorité m’ont toujours poussé à glisser un bulletin socialiste dans l’urne à chaque fois qu’un candidat du PS se présentait, si elle sont intactes, m’inclinent à penser aujourd’hui, que le choix Socialiste n’est plus le bon.
Je ne suis pas militant de votre parti, et je ne me permettrai pas de vous donner des conseils de gouvernance. Vous décidez vous-mêmes de la meilleure manière qui soit pour vous, de vous déchirer à qui mieux mieux. Si vous pensez que c’est ainsi qu’il faut agir, allez-y gaiement !
Tout simplement, je viens dire les raisons de mon profond regret, et de l’immense déception de voir que le parti dont vous êtes premier secrétaire, et auquel j’accordais ma confiance et mon vote, s’éloigne des espoirs que je mettais, encore, et malgré tout en lui pour freiner Sarkozy dans ses projets.
Vous aviez une occasion unique de le mettre en échec et de durablement l’affaiblir, vous ne l’avez pas fait.
Le Parti Socialiste a manqué à son devoir, en ne se mobilisant pas pour le référendum qu’il réclamait durant la campagne 2007, qui donc était un engagement et de la candidate,et aussi du parti, oubliant même que c’est lui, le Parti Socialiste, par votre voix, Monsieur le Premier Secrétaire, qui avait pratiquement imposé à Chirac en 2005, le référendum sur le Traité de Constitution.
Qu’y a-t-il donc de changé depuis trois ans ? Le TCE Giscard, relooké Sarkozy est quasiment le même, chacun le sait et le dit, même Giscard, alors, pourquoi ce reniement ?
Je me sens non pas trahi, le mot est trop fort, mais trompé et frustré. Frustré de voir que vous nous avez privés d’une facile victoire sur Sarkozy, il suffisait de se servir de l’arithmétique. Députés et Sénateurs PS et PC ensemble = Sarkozy obligé de passer par un référendum pour faire avaliser son "Mini-traité" de presque trois cents articles.
Libre à vous ensuite, l’accord sur le oui ou le non n’étant pas possible chez vous, chacun le sait, il est donc inutile de vous étriper à vouloir afficher un unanimisme de façade, de laisser à chacun, y compris à vous-mêmes, le libre choix de sa position et de son vote. Etait-ce si difficile ?
La suite eut été l’affaire des électeurs plus que celle de leurs élus.
Parce que vous avez préféré la politicaillerie au combat politique, en ne vous servant pas de la seule arme que vous aviez, de mettre Sarkozy et son gouvernement en échec, c'est à dire le vote "Non" en congrès, ne vous étonnez pas, lors des dépouillements des élections futures, quelles qu’elles soient, s’il manque une voix à votre total.
Ne recomptez pas, c'est inutile, cette voix manquante, ce sera la mienne !
Voici Monsieur le Premier Secrétaire, l’explication sincère de mon désamour avec votre parti, auquel je fus fidèle pendant quarante et un ans. C’est presque avec chagrin que je me suis résolu à vous écrire cette longue lettre.
Alors, puisque nous ne verrons plus dans les isoloirs, avant que vous ne jetiez cette missive dans votre corbeille à papier, si ce n’est déjà fait, souffrez que je vous livre la version « langue de bois », sans doute plus couramment employée dans les milieux politiques.
Allons-y…
...Monsieur le Premier Secrétaire,
C’est avec beaucoup d’étonnement que je prends connaissance de la nouvelle stratégie du PS, que vous préconisez, afin de reconquérir un jour lointain, un pouvoir qui semble lui échapper, sans qu’on en connaisse la cause, et malgré que vous soyez tous unis comme c’est pas possible. A n’y rien comprendre !
Et si c’était là le mal ? L’harmonie et l’union dans le combat, qui ne porteraient plus leurs fruits…
Pour aboutir à ce que le PS redevienne « Le premier parti de France », vous faites preuve d’une audace inouïe. Plutôt que de livrer une bataille frontale, vous faites le jeu de l’adversaire, c’est habile ! En le renforçant, vous l’aidez à vous affaiblir, à un point tel, que même des gens de chez vous se rangent à son coté, persuadés, tant vos talents d’acteur sont grands, qu’en devenant des sortes de vieux chevaux de Troie sur le retour ils gagneront la place !
Votre nouveau slogan, « Divisons –nous pour régner », qui se traduit aussi par « Notre faiblesse d'aujourd’hui, fera notre force dans cent ans !», à première vue, ça peut surprendre !
Mais puisque c’est ainsi qu’il faut faire, vous venez de nous le prouver, mettant ce principe en action, en apportant votre aide à l’adversaire, lequel adversaire, quand il aura fini d'en rire, aura certainement beaucoup de mal à se remettre de cette attaque surprise !
En avant, continuons à diviser le Parti Socialiste, ensemble c’est possible, pour qu’il devienne le grand parti dont vous rêvez.
Je ne vous abandonnerai pas dans votre noble tâche. Je ne puis que contribuer faiblement à votre stratégie, ne disposant que d'une tout petite voix, la mienne, et quand bien même ce serait avec un pincement au cœur, je le ferai malgré tout, puisqu’il le faut, et que vous le demandez !
La victoire, dans quelques décennies, quand Sarkozy sera mort, paix à son âme, étant à ce prix, je ne voterai plus pour votre parti, je vous le promets !
Cordiales salutations, Monsieur le Premier Secrétaire, l’opposition est une ascèse !
***
Voici donc le texte de la lettre que je n'enverrai pas à François Hollande.
J'ai encore, en impression rétinienne, son image, pas celle de Blum, quand il répondit, François, à la question d'un journaliste qui lui demandait à son arrivée au Congrès de Versailles :
"Qu'allez -vous faire, vous abstenir ?"
"Oui", répondit-il, avec , j'ai cru le voir, comme de la fierté dans le regard...
Il m'a fait de la peine, et d'un trait, j'ai écrit cette lettre que je ne lui enverrai pas. Mon désanchantement est donc encore plus fort que je ne le pensais.
C'est triste et lamentable. Lamentable, il n'y a pas d'autre mot !
Jean, Léon, revenez vite, ils sont devenus mous !
Peut-être la ferai-je parvenir sur le site du PS, ce n'est guère important.
J'avais rajouté un Post-Scripum que voici :
PS : Je vous joins le courrier que j’ai envoyé au député de ma circonscription, Monsieur Jean Michel, il garde toute mon estime, il s'était engagé à voter Non à la modification de la Constitution, il l'a fait.
Je lui enverrai ce texte, de même qu’au Président du groupe socialiste, qui fut l’un des premiers à prôner l’abstention au Congrès de Versailles. On le dit courageux et homme de conviction cet homme, et pourtant… Et bien évidemment, je le diffuserai sur mon blog, dont voici le lien :
http://chroniquesducrabillou.blog50.com
Il n’est pas interdit de penser que je l’enverrai aussi à quelques journaux…
12:00 Publié dans BILLETS d' HUMEUR | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Commentaires
bon,les coms merdent encore.
Ceci dit,a toi tout seul tu viens d'affaiblir le parti socialiste de 50/100 avec ton premier épisode de tes élucubrations,heureusement que dans un deuxième jet tu t'es rattrapé.Nous,les blogueurs qui te suivont lesdoigts dans le nez et les yeux fermés comme des moutons de panurges,tu vois ou tu nous menes.Bon,c'est quoi qui faut voter maintenant l'artiste.
Ecrit par : heraime49 | 14 février 2008
Bravo pour ce courrier.Je suis tout à fait d'accord avec toi.Tu devrais envoyer cette lettre aux journaux.Si je n'avais pas lu la réponse que Monsieur Michel t'a faite, j'aurais changé ma façon de voter, en m'abstenant pour beaucoup d'élections....Maintenant, je vais réfléchir pour les prochaines élections...Bon aprés-midi.
Ecrit par : Allier-née | 14 février 2008
Je pense que tu devrais aller jusqu'au bout et envoyer cette lettre à Hollande (et tout le reste aussi)
elle peut peut-être le faire réfléchir même si c'est trop tard pour changer de cap.
Tu n'es pas content, tu le dis, tu le fais savoir, ça soulage les neurones et ça fait de mal à personne.
bise à vous
Ecrit par : Eliane | 14 février 2008
Comme dit Eliane trop tard hélas, milles fois hélas !
Biche
Ecrit par : Biche | 14 février 2008
Et oui Alain, c'est ce que l'on appelle le désamour...et il est justifié!
Et combien ( dont je faisais partie) ont perdu l'espoir..!
Bises de Betty qui apsse
Ecrit par : betty | 14 février 2008
bien beau coup de gueule après cette nouvelle pantalonnade du PS,
ton analyse de la stratégie hollandaise est en tous points remarquable,
et personnellement , je m'en réjouis,
cela confirme le désamour évoqué par betty et tant et tant ressentent, et depuis trop longtemps,
Ecrit par : framboisine | 14 février 2008





