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17 novembre 2007
Remise de Thèse: "D'un usage...
...Utile des Chroniques du Crabillou."
Voici la chronique que j'ai écrite le lendemain de la Toussaint...
***
Huitième jour sans Internet, et je ne suis pas mort !
Certes, l’existence n’est pas facile, et je me sens comme impuissant devant le monde qui bouge sans que je puisse étaler mes sentiments,de désapprobation ironique, de révolte dixseptcentquatrevingtneuvesque (*), ou carrément de profonde gerbitude devant cette actualité qui file sans que je puisse la freiner de mes protestations gesticulatoires ! Vous me direz que quand j’étais branché, le résultat était le même, mon influence était tout aussi nulle !
C’est vrai, mais j’étais branché, ça ne changeait rien au destin de l’univers, mais mon quotidien était différent, donc ça changeait tout !
Allez, je cesse de m’apitoyer sur mon sort, il est des malheurs plus grands que le mien. Hier c’était la Toussaint, qui comme son nom l’indique est la fête de tous les saints, passés, présents et futurs.
On ne fêtait pas cette année, pas encore, les 498 futurs nouveaux saints estampillés Joseph Seize, ils sont encore sur la liste d’attente. Prêtres et religieuses massacrés par la « Vermine Rouge », lorsque la République Espagnole (Démocratiquement élue), s’est vue attaquée par les troupes putschistes de Francisco Franco,appuyées par le Clergé et par la Division Condor (ou vautour ?), et fut renversée dans un bain de sang.
C’est de l’histoire,ce fut un peu la nôtre.
Je n’ai rien à dire sur la béatification de ces 498 martyrs, c’est la cuisine interne du chef catho et de son staff, ils la pimentent à leur façon. Simplement, dans cette guerre, il y eut d’autres prêtres et religieux qui furent massacrés, je pense aux prêtres basques écrapitouillés par le Généralissime Franco, ami du Vatican et de l’Opus Dei, morts eux aussi en martyrs, coupables d’être restés fidèles à leur foi, et aussi au gouvernement de leur pays. Béatifiés dans la prochaine promotion peut-être !
Fête de tous les saints donc !
Comme tout le monde, je suis allé hier fleurir mes morts avec un jour d’avance, puisque la fête des morts, c’est aujourd’hui ! Les connaissant, je sais qu’ils me pardonneront cette petite erreur de calendrier.
J’étais devant la tombe de ma grand’mère, la Philo, abîmé dans mes pensées, lorsqu’ils sont arrivés. Ils, ce sont les paroissiens du village assez peu nombreux mais présents, qui, perpétuant la tradition sont venus prier au cimetière. Je me suis soudain replongé en cette maudite année 1954, l’année ou ma grand’mère Philomène a rejoint dans la mort, les martyrs Espagnols, franquistes et républicains mêlés. Il faisait un temps gris et glacial en cette Toussaint 54. Déjà six mois que ma mémé était en terre, tout le chagrin est brutalement ressorti devant cette tombe. J’étais en larmes, désespéré, noyé dans un immense chagrin de gosse, chagrin plus vaste que tous les océans du monde...
Hier, je me suis revu, comme il y a cinquante trois ans, Odile était là, un peu plus haut, je me souviens qu’elle m’avait regardé, gamine, avec compassion cette année-là. Aujourd’hui je suis apaisé, mais je resterais marqué à jamais par ce premier deuil.
Que faire à l’arrivée de la procession, qui n’avait pas le faste d’antan, pas de prêtre en chasuble blanche ni d’enfant de chœur embarrassé par une croix trop lourde à porter. Simplement une récitante, et les fidèles du village. Je suis resté, immobile et silencieux, respectueux de leur foi. Ce ne fut pas très long.
Je m’imagine les réflexions que doivent se faire certains aujourd’hui. « Devines qui j’ai vu à la prière au cimetière hier ? » « Non, c’est pas vrai, tu es sûr ! » Et de s’interroger si des fois le mécréant aurait retrouvé la lumière sur sa route de Damas, à Yssac, dans la Côte des Gonots !
Un peu auparavant, en quittant le caveau où mon père se repose au coté de son frère aîné, j’ai rencontré un des copains du village.
« Salut comment ça va… »
« Bonjour ça va et toi… »
« Dis donc, j’ai appris que tu avais un nom, Grapilou, ou je ne sais quoi… »
« Oui, Crabillou, je tiens un Blog… »
« Oui, je suis en train de lire quelques unes de tes notes, c’est Jean M. qui me les fait passer, c’est Colette, je crois, qui les lui donne… »
« Ha bon, c’est bien… »
« Que je te dise, tes notes, je les lis assis le matin, tu vois à quoi elles servent, hihihi hi… »
Cet aveu, quelque peu surréaliste, révélé dans un cimetière, témoigne au moins d’une grande franchise, et d’un tact qui se font rares de nos jours !
« Bon au moins, elles sont utiles à quelque chose. » C’est ce que j’ai répondu, avant de m’éloigner.
Un peu attristé quand même, non pas que Christian, le copain en question, ne partage pas mes façons de penser, il y a bien longtemps que je sais en quelle estime il tient mes opinions. Non, ce qui m’attriste, c’est que bien qu’il ait une bonne situation, il n’ait pas les moyens de se payer du papier toilette, et en soit réduit à se torcher le cul avec les Chroniques du Crabillou…Quelle misère !
A Bientôt….
(*)- Dixseptcentquatrevingtneuvesque.
Les fins léttrés que vous êtes auront noté que ce mot vient détrôner "anticonstitutionnellement" qui jusqu'à aujourd'hui était le mot le plus long de la langue française. C'est un mot hélas de moins en moins employé !
14:10 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Commentaires
Bonjour Alain
C'est un vrai plaisir de pouvoir à nouveau te lire et constater que tu vas bien !
Recois mon amitié
Jacques
Ecrit par : Lecerf Jacques | 17 novembre 2007
Serais je la première à découvrir que tu as retouvé la parole et ton regard sur le monde ? il est vrai que moi aussi j'ai trouvé le temps long.
BISES A VOUS
Ecrit par : Eliane | 17 novembre 2007
Enfin l'oxygène d'Auvergne pour assainir un peu l'air pollué qu'on respire !
Bon retour Crabillou et bises de circonstance.
P.S.
P.S.
P.S. vraiment très très contente de vous retrouver. Monique
Ecrit par : Monique | 17 novembre 2007
Bonsoir Alain,
A ranger entre Brassens et Rabelais, ta note, si ce n'est le fin fond de l'affaire qui est la découverte du chagrin par un gosse qui chiale sa grand-mère. Les grands parents servent aussi à cela, et quand la mamée ou le papé glisse au fond du trou, ce sont toujours les petits enfants qui sont les plus malheureux !
Tu vas devoir râler à double poste pour rattraper les jours de vacances que tu t'es payé !!! Si si !
Heureusement que moi aussi, je suis parti comme toi ! Tu ne m'as manqué que 15 jours au lieu de 22 !
Amitiés du grillon
Ecrit par : christian | 17 novembre 2007
Tellement contente de te retrouver !!! je vais de nouveau me régaler de tes billets d'humeur. J'ai les mêmes (humeurs) mais ne sais pas si bien les décrire !!!
Bisous tout plein à vous 2 et mille caresses à Olga (c'est avec tout le retard !)
Biche
Ecrit par : Biche | 18 novembre 2007
Me voici rassuré je te croyais malade 'la blogiste-la bronchite?
Mais non je comprends pour moi le même probléme 10 jours en octobre
bon courage pour ton retour .Robert (pour tous turf
Ecrit par : robert | 18 novembre 2007




