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22 octobre 2007
Allez les enfants...
...On chante, comme en 40 !
Aujourd’hui, la France aura selon le discours de Nicolas Sarkozy, écrit par Henri Guaino, « le visage de Guy Môquet ».
Je ne veux pas revenir sur la controverse soulevée par la décision du Président Umpe, il était encore hier soir à son bureau Rue de la Boétie avec ses troupes. Il a souhaité faire du jeune communiste de 17 ans livré aux allemands par Vichy, et qui l’ont fusillé, un des symboles de son idée du patriotisme.
Que les enseignants à qui il a été fermement conseillé de donner suite aux vœux du Président, RPR, Umpe, ou de la République selon ce qui l’arrange, obéissent à l'ordre venu d'en haut, c’est leur affaire. Rien ne les y oblige.
Ils sont tenus d’enseigner les programmes qui sont discutés par un comité ad hoc, et le programme d’histoire est écrit par des historiens et des professionnels de l'enseignement, pas par les politiques, heureusement !
Certes, la France avait peut-être le visage de Guy Môquet en ce tragique 22 Octobre 1941. Et sans doute n’est-il pas inutile de rendre hommage à ceux qui ce jour-là virent leur vie fauchée par les balles nazies, mais prenons garde de ne pas oublier tout le reste.
La France a le visage de ses héros, mais les héros, mis en avant et idéalisés,sont bien commodes pour faire oublier les cadavres restés au placard !
Des héros, il y en eu en d’autres temps, la France eut aussi le visage du vainqueur de Verdun, le valeureux Maréchal Pétain.
En 1940, il fit le « don de sa personne à la France ». Pour le remercier, des « politiques » firent chanter dans les écoles un hymne à sa gloire, peut-être Guy Môquet eut-il l’occasion de refuser de le chanter, peut-être le chanta –t-il.
Tout comme sa lettre, cette chanson fait partie de notre histoire, des milliers d’écoliers la gravèrent dans leur mémoire. Les paroles sont d’André Montagnard et de Charles Courtioux. La musique fut plagiée sur une œuvre de Casimir Oberfeld, un Juif mort en déportation en 1945.
Les Juifs ne furent pas seulement spoliés de leur musique !
Je vous livre ce chef-d’œuvre musical et lyrique qui, et je m’en excuse auprès d’eux, fera revivre de douloureux souvenirs dans la mémoire de certains d’entre vous.
***
Une flamme sacrée
Monte du sol natal
Et la France enivrée
Te salue Maréchal !
Tous tes enfants qui t'aiment
Et vénèrent tes ans
A ton appel suprême
Ont répondu « Présent »
Refrain :
Maréchal nous voilà !
Devant toi, le sauveur de la France
Nous jurons, nous, tes gars
De servir et de suivre tes pas
Maréchal nous voilà !
Tu nous as redonné l'espérance
La Patrie renaîtra !
Maréchal, Maréchal, nous voilà !
***
Quand ta voix nous répète
Afin de nous unir :
« Français levons la tête,
Regardons l'avenir ! »
Nous, brandissant la toile
Du drapeau immortel,
Dans l'or de tes étoiles,
Nous voyons luire un ciel :
Tu as lutté sans cesse
Pour le salut commun
On parle avec tendresse
Du héros de Verdun
En nous donnant ta vie
Ton génie et ta foi
Tu sauves la Patrie
Une seconde fois :
Refrain (2 fois)
La guerre est inhumaine
Quel triste épouvantail !
N'écoutons plus la haine
Exaltons le travail
Et gardons confiance
Dans un nouveau destin
Car Pétain, c'est la France,
La France, c'est Pétain !
Every Body now...Refrain !
***
Il fera hélas revivre aussi pour d’autres, et je le regrette profondément, la nostalgie d’un temps où fusiller de jeunes communistes et déporter des juifs n’était pas forcément un crime.
Vouloir à tout prix ne montrer que le « bon » visage de la France est une idée louable, mais il faut prendre garde qu’à trop mettre les anges en avant, on ne masque les démons…
Regardons notre histoire avec les deux yeux ouverts, et prudence dans les grandes manifestations mémorielles. L'histoire est un instrument dangereux, il doit se manier avec prudence et se manipuler avec modération.
A Bientôt…
10:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Commentaires
Ton appel à la prudence devrait être médiatisé autant que la lettre en question.Tu as eu raison d'écrire "ce chant obligatoire "pendant cette trouble période.A cette époque je suppose que certains pouvaient espérer que le héros de Verdun serait leur sauveur.Et puis les paroles et la musique pouvaient paraître pleines d'espoir puisqu'en 1940 ,on ne connaissait pas la suite des événements.
PRUDENCE, PRUDENCE.....et mille excuses auprés de ceux qui ont souffert terriblement .Mais , en 40, je n'étais pas née.....et j'ai par la suite essayé de comprendre cette année -là..et je n'ai pas tout compris.
Mon pére a une excellente mémoire et avait 20 ans en 39 , mais very hard pour le faire parler de cette époque (1940) en ce qui concerne Pétain.Et pourtant cette année-là, il était au combat....
Evidemment je rends hommage à tous les résistants de cette guerre et à tous les combattantsAinsi qu'à Guy Moquet et à tous les jeunes résistants comme lui.
Bises Crabillou et bonne journée.
Ecrit par : Allier-née | 22 octobre 2007
Bonsoir Crabillou
Merci pour ton poème sur l'ADN que tu as déposé sur mon blog.
Er tu n'as rien à regretter quoi que ce soi. Je comprends ta colère.
Les hommes comme toi se font de plus en plus rares à notre époque.
Tu as un coeur vaste comme le monde.
Amitiés du MAROC
Mohamed
Ecrit par : Mohamed El jerroudi | 22 octobre 2007
Pas de commentaires sur les années de guerre moi aussi je suis trop jeune comme allier-née
salutation
claude
Ecrit par : nunus63 | 23 octobre 2007
L'Auvergne eut une relation particulière avec le Maréchal, puisque Vichy fut la capitale de la France occupée !
***
En 1940, l'Auvergne administrative qui inclue l'Allier(03) n'existait pas, et Vichy n'était pas en Auvergne !
Plus sérieusement, Pétain et son gouvernement n'ont pas demandé leur avis aux Vichyssois avant de s'installer, ils auraient tout aussi bien pu s'installer à Neuilly sur Seine, si cette bourgade n'avait pas été dans la zone occupée.
Merci de la visite.
Ecrit par : Tietie007 | 23 octobre 2007
la chanson "maréchal nous voilà" a été chantée par André Dassary et je crois savoir qu'elle lui a fait des ennuis. Dans le fond, lire la lettre de Guy Moquet aux étudiants, mémoire historique, au nom de tous ceux qui ont perdu leur vie pour la France, ne nuit pas. Je me souviens, en étant à l'école primaire, nous devions participer au défilé du 11 Novembre, rendez-vous à l'école, un geste, un déplacement, pas du sur place.Bonne journée, amicalement. Renée
Ecrit par : Renée | 23 octobre 2007




