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29 juillet 2007
Il était encore une fois...
On a commencé, il faut continuer...Continuons.
Grand jeu de l'été.
Qui a dit: "Vous la voulez de quelle couleur votre centrale nucléaire mon cher Colonel ?"
***
Suite de "Il était une fois..."
Vous vous souvenez, hier nous avons réussi à trouver le titre pour la fameuse histoire.
Il nous faut maintenant donner du corps à la chose.
Un titre, c’est bien beau, surtout si c’est un beau titre, et celui-là il l’est beau : « Une fée chez les bédouins », tu vois pas ça tous les jours !
Le titre, pour une histoire, c’est une mise en condition du lecteur ou de l'auditeur, mais à de rares exceptions près, comme « Témoignage » par exemple, le génial best-seller d’un immense romancier, ou l’immense best-seller d’un romancier génial, ça marche dans les deux sens, il a fait son chemin depuis, je parle du romancier, le titre seul, ce n’est pas suffisant.
« Témoignage », c’est l'unique bouquin que je connaisse où seul le titre était important.
D’ailleurs, est-ce parce que l’auteur avait seulement écrit le titre, ou bien parce qu’il était inutile de lire le bouquin, on en avait tellement parlé avant, que d’en entreprendre la lecture paraissait inutile, je ne sais pas.Mais ce doit être ça, la preuve, je ne l'ai pas lu !
Toujours est-il que si l’éditeur avait seulement collé la couverture sur une planche au format du bouquin, à quelques dizaines de milliers près, il en aurait vendu autant !
Oui, revenons à notre histoire. On doit coller à la réalité, mais la réalité n’est pas un carcan, il faut faire un peu comme si nous étions des journalistes de TF1 ou du Figaro, donnons-lui de la souplesse à la réalité !
Tu penses bien que si tu démarres par : « Il était une fois le Président d’une République exemplaire et irréprochable dont la femme… » Stop, tu as tout faux !
Les mômes, tu viens de leur mettre l’eau à la bouche avec un titre où batifole une fée roulée comme une princesse , que je me demande moi-même où je vais chercher tout ça, et tu leur lâches au démarrage un truc qui n’existe pas !
Attention, c’est pas n’importe qui les gosses, on ne leur raconte pas n’importe quoi, comme à des grands. Nous ne sommes pas le 14 janvier à un meeting !
Tu n’endors pas les enfants avec des salades, comme tu pourrais le faire avec une foule de quinquas énamourés au Parc des Expositions. Tu ne leur feras pas avaler du Guaino à la sauce Jaurès aux mouflets !
Assis sur trente mille chaises, ils s’en souviennent encore,
Ils se crurent plus d’cent mille, tant ils criaient si fort !
Là, pas question,les petits ils réfléchissent, eux. Tu as mis une fée dans le titre, c’est parfait, mais il faut continuer sur ce registre, donc on laisse tomber la République Irréprochable et je ne sais quoi encore, on reste dans le solide, dans des trucs qui ont fait leurs preuves.
Avec la fée, il faut au moins un Royaume, ou pourquoi pas un Empire. Oui, c’est bien un Empire. Allez, on y va, on a assez perdu de temps ! Vous êtes prêts, je commence, me sentant ce matin une âme de poëte, je mets l'histoire en vert :
Une fée chez les bédouins.
Tout allait bien, mais l’Empereur avait un gros souci.
« Il faut que je les sorte de là » se dit-il un matin en se rasant.
« Sire, je crois que c’est une très bonne idée ! » lui répondit Messire Guéant, le Grand Chambellan.
«François ! Mais où est-il encore ce con-là.. »
Je vous rappelle que la Mamie est partie à Intermarché, on peut y aller tranquilles pour les gros mots…
« Oui Sire. » Répondit François, humblement. Il est très humble François.
« Amènes moi le pot, le grand… »
Nous étions le matin, et la veille, l’Empereur avait mangé de fort bon appétit.
«Bon Dieu que ça fait du bien ! »
« Oui Sire. »
« Claude, appelles-moi l’autre cinglé ! »
« Mais Sire, vous savez bien que vous avez donné votre portable au Tzar Vladimir, l’autre jour au G8 ! »
« T’as qu’à dire que j’étais bourré pendant que tu y es ! »
Bon là, attention, ne rentrez pas trop dans les détails, car les gosses pourraient vous interrompre
« Dis Papy, c’est qui Vladimir ? »
Essayons d’éviter les pièges si on veut finir l’histoire bien peinards avant que Mamie revienne des courses.
« Demandes-en un autre à Martin, on va pas laisser ces gens pourrir en prison pour une connerie de portable ! »
« C’est qui Papy, les gens qui sont en prison ? »
Voilà, ça y est, la moindre brèche, et les gosses vous tombent dessus. Il aurait pas pu le garder son portable ce petit con, au lieu de le prêter à Poutine pour faire le malin devant les caméras !
Comment je vais m’en sortir moi maintenant, hein !
« Mais voyons, les prisonniers, ce sont les infirmières bulgares, et le médecin moyen oriental que le vilain colonel y leur a fait du mal ! »
« Mais Papy, tu déconnes, on les a déjà délivrés il a trois ans pour les vacances de Pâques ! »
Hollallala, je sens que je ne vais pas m’en sortir !
« Mais non, souviens-toi, il y a trois ans, avec l’Empereur d’avant, le vieux, ça avait foiré, et d'abord, c’était pour les vacances de Noël ! »
« Ha oui, c’est vrai, je me souviens maintenant, à cause de la vieille. »
Ouf, mais c’était juste.
Que je vous explique, il y a trois ans, juste à la suite d’un voyage de Chirac en Libye, il était parti là-bas avec des ministres, de Robien je me souviens, et l’autre, un petit dont j’ai oublié le nom, il était à l’Intérieur je crois. Bref, bien qu’ils ne soient pas allés là-bas pour ça, j’en avais profité pour essayer de libérer les infirmières dans un conte de Noël pour les gosses. Mais comme souvent, à cause d’un détail, je m’étais planté.
Et pourtant on n’en était pas loin de l’heureux dénouement. Nous étions déjà en plein désert, sous la tente en train de régler les derniers détails, les centrales nucléaires, c’était Ok, les Rafales aussi, restait plus qu’à trinquer à la santé des infirmières...
Trinquer avec du thé à la menthe, tu parles ! J’aurais du me douter que ça ne marcherait pas.
« Tiens, mon cher Muhammar, je t’ai réservé une surprise ! » dit soudain le vieil Empereur Chirac qui commençait à dérailler grave.
Et pour une surprise, ce fut une surprise !
Je vous le donne en mille. Voilà-t-y pas que juste avant de signer, on voit arriver la Mère Chodron coiffée d’un turban avec des sacs Vuitton plein de pièces jaunes, un à chaque main.
Et voilà le travail !
Complètement affolés, les dromadaires du Colonel sanguinaire partent dans tous les coins…
« Foutez-moi le camp bande de nazes ! » s’écria le Guide Suprême.
Et aujourd’hui, nous en sommes au même point, à cause de la vieille, il faut tout recommencer.
On s’y remet demain ?
Alors à demain les enfants...
"Bon Claude, ça vient ce téléphone ! Mais c'est pas vrai, Nom de Dieu, il va encore falloir que je m'en occupe moi-même !"
On se calme, j'ai dit demain...
***
Réponse au grand jeu :
Oui, vous avez gagné, c'est bien lui.
08:15 Publié dans LEGENDES à la CONTE... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Voila donc, le lâché de bédouins (j'aurais pu dire autre chose). Sans doute que les chiens vont aboyés, mais la caravane passera , faisons confiance au conteur Alainbaba.
Ecrit par : mmu | 29 juillet 2007
quelle prose pleine d'ironie, que je n'ai pas exploré assez loin pour en dire plus, sinon qu'elle invite à la lire.... je continuerais donc !
j'aimerais pouvoir me "lacher" commevous le faîtes, du moins c'est l'impression que j'ai !
Ps : comment faites vous pour avoir un si beau bandeau en titre; moi je n'ai aucun don dans ce domaine !
amicalement
béatrice
Ecrit par : beatrice | 30 juillet 2007





