« Pour le pouvoir d'achat... | Page d'accueil | Un an tout juste... »

15 mai 2008

Le Chambaron revient ! (Rediffusion)

Finies les Vacances !

*** Le Chambaron à Montaclier ***

 Ce Samedi, j’ai eu le plaisir de bavarder en casse croûtant avec un couple Hévético-Belge, dans lequel il m’a semblé que c’est le Suisse qui avait le plus la frite !

 Quoi qu’il en soit, nous passâmes ensemble une charmante soirée.

 De l’entrée au Gaperon, nous fumes accompagnés par un Première Côtes de Graves d’excellente facture, car eu égard au manque total de bactéries défensives chez mon invité suisse, j’ai évité le Côtes de Chateaugay qui aurait pu lui être fatal.

 Le lendemain, nous avons effectué une descente sportive du fleuve mythique de mon enfance, de presque sa source, vers Loubeyrat, à presque son delta, vers Pont-Mort.

 medium_PierreChambaron.jpgCar je vous le donne en mille, accompagné de son amie, mon invité n’était autre que Chambaron, dont le site Internet figure dans mes favoris. C’est en tombant sur mes récits d’enfance sur ce blog, que l’homme de lettres me contacta, et voila le travail.

 Ne soyez donc pas étonnés de trouver en bandeau la photo du fleuve, prise à hauteur du château de Montaclier, où se trouve le bief qui autrefois alimentait en eau le Moulin de Fontête, où les paysans d’alentour venaient porter le grain qui servait à faire le pain de tous les jours.

 J’ai mangé de ce pain-là dans mon enfance, je n’en ai jamais mangé de meilleur depuis…

Puisqu’il s’agit du Chambaron, je vous remets en ligne une note ancienne…

***

 Mes souvenirs d’enfance me chatouillent à nouveau, et c’est tout naturellement que je me retrouve les pieds dans l’eau, plongeant les mains sous les racines noyées de la berge, cherchant une truite ou des écrevisses.

 Quand on se trouve seul, dans la nature, ou dans le lit d’un ruisseau, on fait corps avec elle, on la sent, on la respire, on l’écoute.

 On finit par faire corps avec cette nature qui vous entoure, qui vous imprègne, vous êtes en elle, elle est en vous, et vous vous sentez bien.

 Redevenu animal, vous ressentez une présence avant d’entendre un imperceptible bruit parmi tous les autres bruits, presque silencieux, de la vie secrète qui se joue sur les berges ou dans les taillis.

 Soudain attentif, aux aguets, je restais immobile, retenant mon souffle.

 Le trottinement se fit plus net, et elle, enfin il, car c’était un mâle, apparut.

 Les animaux sont surtout sensibles aux bruits, aux odeurs, au mouvement. Mais ils distinguent peu ou mal une silhouette immobile.medium_Martre.jpg

 Je vis passer devant moi, à moins d’un mètre un superbe animal.

 Je crois bien que c’est la première fois que j’en voyais une vivante, et il m'a fallu longtemps avant d'en revoir une autre, c'était en Allemagne, pendant mon service militaire que j'en revis une, qui poursuivait un écureuil dans les sapins.

 Car celles avec qui je jouais gamin, étaient mortes depuis longtemps.

 Les deux martres que ma grand’mère se mettait autour du cou pour la messe du Dimanche avaient cessé de trottiner dans le ruisseau depuis des lustres, reliées entre elles par le museau, elles ne ressemblaient plus à grand’chose.

 Celle-là était vivante, et bien vivante !

 J’étais comme fasciné, je l’ai suivie du regard, je suis sûr qu’elle ne m’a pas vu.

 Cet animal était sur son territoire, était-ce un mâle attiré par les effluves d’une femelle en mal d’amour, peut-être, mais je garde en moi ces quelques instants de grand bonheur, le passage de cette martre sauvage et libre fut pour moi un cadeau.

 Est-ce que l’esprit du Chambaron m’avait pris sous sa protection, c’est possible, car il me fit d’autres cadeaux.

 Chaque année, de juillet à septembre, un gros kilomètre du fleuve se retrouvait à sec.

 Comme je l’ai déjà dit, seuls subsistaient quelques trous d’eau, et encore !

 Vers la fin septembre, réalimentée par les pluies de fin d’été, la source grossissait à nouveau le ruisseau.

 C’est un phénomène étrange que la remise en eau d’un ruisseau à sec. J’ai eu la chance d’assister trois fois à ce phénomène.

 Imaginez la chance que j’ai eue d'être là au bon moment !

 En moins de dix ans, j’ai pu vivre en « live », par trois fois la résurrection du Chambaron !

 Tout d’abord, un bruit, grondement, murmure, clapotis…Ce n’est pas un tsunami, loin de là !

 Non, un mur d’eau de dix à quinze centimètres qui avance au pas.

 C’est d’abord une vague sale, comme un rouleau poussiéreux qui pousse en l’absorbant le tapis de tous les débris secs accumulés dans le lit du ruisseau pendant deux mois.

 L’eau sale avance, remplit les trous, et file devant.

 Derrière, en quelques minutes, l’eau claire du ruisseau reprend son cours. le Chambaron est revenu, le Chambaron revit !

 L'été est fini, dans quelques jours, ce sera la rentrée des classes…

   

A bientôt…

Commentaires

Bonjour,

J'aime quand ton Chambaron chatouille les moustaches de ta mémoire. Tu nous fait vivre avec passion ta rencontre avec la martre, heureux gamin ! C'est l'école de la vie, c'est l'image qui reste à jamais dans ton regard d'adulte. Je te comprends à merveille, car , à chacun la martre de sa jeunesse. Puisse tes petits enfants en avoir qui ne soit pas des virtuelles de Nintendo ou Play Station, mais celles transmises par leur grand père.

Amitiès du grillon.

Ecrit par : christian | 25 mai 2007

j'adore, ce récit qi me rajeunit de ....
Mëmes souvenirs ,martre, fouine, écureuils devant la maison.
Trés bonne journée crabillou,à bientôt.
mes amitiés....jeanne...

Ecrit par : jeanne | 25 mai 2007

de MONTMARTRE,dela vie parisienne ,à ta martre ,il n'y a qu'un pas que toi seul pouvais franchir en si peu de temps.Le chambaron est revenu et on l'adore.Cette âme d'enfant qu'il nous faut garder;c'est ça l'important.Bonjour à l'auvergne que j'aime ,la voisine du forez cher à mon coeur.

Ecrit par : heraime | 25 mai 2007

Magnifique récit, il est superbe le Mustélidé.
J'ai une martre qui vient crottée actuellement sur mon mur de pierre au fond de mon jardin, situé en bordure de forêt. Ce qui me permait d'avoir les avantages et les inconvénients de la faune animale.
C'est beau la nature profitons en.

Ecrit par : mmu | 25 mai 2007

Quel beau récit de tes souvenirs d'enfance.Pour vous, les Touretaires, le Chambaron est une merveille.
Pour moi, ce n'est qu'un petit ruisseau.Mais avec ton texte, il devient un fleuve.Bravo et bisous.

Ecrit par : Allier -née | 25 mai 2007

Heuresement que c'est un ruisseau,il n'y aurait pas eu d'écrevisses.
Amicalement,pour ...Allier-née.
Je crois que nos ascendants paysans se retrouvent.
Auvergne ou Alpes la vie et le climat se ressemblent.
Mes amitiés à vous avec la permission de Crabillou..
jeanne

Ecrit par : jeanne | 26 mai 2007

Merci jeanne et mes amitiés à vous aussi.J'aurais du écrire "un ruisseau INSIGNIFIANT " Mais je redoute la colére des Touretaires, en écrivant ces mots au sujet de leur Chambaron.Quant aux écrevisses, merci de me le rappeler...Je suis née sous le signe Paysan ascendant HLM .

Ecrit par : Allier-née | 26 mai 2007

Pour vous rassurer Allier-née,je suis descendant Paysans,et Cités(ancien nom des H L M. )et,retour aux sources à la retraite.
Donc je suis vôtre grande soeur..de vie urbaine...mais nos ..cités ..aux faubourgs de la ville étaient de petits paradis,un vrai bonheur au grand mélange de vies différentes ,qui s'amusaient en toute liberté,sans soucis,que la guerre qui s'annonçait à nos insouciences.
Merci crabillou de tolérer notre bavadage en aparté,je vous embrasse,bon dimanche...
Un gros baiser à allier-née,avez vous un blog?moi non,je suis un coucou qui fait son nid chez les autres..
Remerci au bon coeur de Crabillou dont la verve nous enchante.
bonne fin de semaine à tous.
jeanne.

Ecrit par : jeanne | 26 mai 2007

tu me rappelles à MARCEL PAGNOL qui raconte aussi son enfance dans un livre GLOIRE DE MON PERE, c' est un beau récit, merci,

Ecrit par : simon1er | 27 mai 2007

ça nous renvoie aux culottes courtes à notre apprentissage dans la nature
à notre tranquille enfance ou les animaux étaient notre école buissonière
mais nous naissons ......nous mourons ....et coulent les ruisseaux !
amitiès au gamin du chambaron

Ecrit par : ventdamont | 15 mai 2008

Je passe de temps en temps.
Toujours très intéressant à lire.

Amicalement.

Ecrit par : josiane | 15 mai 2008

je suis allée me "re sourcer" avec ma bande les copains d'abord...et je dérive sur ton blog avec bonheur.

Quel beau texte Alain..il réveille en moi tant d'émotions !


Bises du soir

betty

Ecrit par : betty | 15 mai 2008

Ton récit, toujours émouvant, je le garde comme texte de chevet avant d'aller au pays des rêves... Et coule le ruisseau....


Bises
hélène

Ecrit par : hélène | 15 mai 2008