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15 mai 2007

Tambours Battants...

Pompon, et Ran Tan Plan !

Je vous parlais dernièrement, avec une certaine tendresse d’Etienne, dit « Bibette », ou « Le Rouge », qui fut le dernier garde champètre « assermenté » du village.

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 J’ai connu son prédecesseur, Joseph G. dit Joseph Bourène, Bourène étant le sobriquet attribué à la famille.

 Joseph Bourène, dont les enfants auraient l’âge de ma mère et plus, s’ils n’étaient morts.

 Je les ai bien connus ses enfants, son épouse aussi, la Philo.

 Je revois encore Noël, un des ses fils, une sorte de colosse à la tête fragile, qui finit à l’asile psychiatrique, car il était violent est dangereux, quand il avait bu, et il buvait souvent.

 Je revois Eugène aussi, il habitait dans ma rue.

 Eugène Bourène, dit aussi « treize langues », car dès que vous tourniez le dos après avoir écouté tous les commérages et vacheries sur Pierre et Paul qu’il vous avait débités, il vous taillait un super costard avec le passant ou la passante qui prenait la suite.

 Eugène, qui avait une superbe mule presque blanche disait : « Moi et ma jument, nous allons tous deux la queue au vent ! ».

 Il termina sa vie cloué infirme dans un fauteuil roulant.

 Joseph Bourène n’est plus pour moi qu’une silhouette, un homme grand, mais tous les hommes sont grands dans la mémoire venue de l’enfance, avec uneveste en velours noir, un chapeau, et bien sûr des sabots, comme tout le monde.

 Je le revois lui aussi avec le tambour, mais tout cela est vague, et très lointain, il ne fut pas garde longtemps, car il mourut « de congestion », j’avais six ou sept ans peut-être, et laissa le tambour à Etienne…

 Je me souviens bien mieux de sa chienne,une belle chienne Groëndal, que les gens, mais surtout les autres chiens du village craignaient, car elle avait la dent dure !

 J’étais un des rares gosses à l’approcher et à la caresser.

 Une fois, pris par l’orage, je m’étais abrité sous le lavoir du Quartier, et elle était venue se réfugier dans mes jambes, car elle était terrorisée par le tonnerre . Ce jour-là nous sommes devenus amis elle et moi .

 Je n’ai pas connu les précédents gardes, le père de Dré du Garde, ni « Pompon » bien entendu.

 Pompon ! Mon père en parlait souvent de Pompon, c’était parait-il un personnage.

 Il officiait encore pendant la guerre, celle de 40.

Mon père exerça pas mal de métiers, et j’ai oublié de vous en mentionner un, dans le portrait que j’ai fait de lui, il fut aussi fossoyeur à l’occasion.

 Une occasion, il y en eut une. Un ancien combattant de 14/18, libre penseur, passa de vie à trépas.

 C’était le mari de la Maria Règneaux, elle habitait la maison avec une verrière, juste à coté du bureau de tabac, c’était d’ailleurs la voisine de Bibette, vous y êtes ?

 Bon, ce brave homme fut donc conduit en terre, mais ses obsèques furent civiles.

 Ce n’est donc pas le curé et un enfant de chœur portant la croix pas facile à porter pour un gosse,je vous le dis, qui se présenta devant la tombe.

 Ce fut Pompon, le garde Champètre, avec le drapeau des anciens combattants.

 Mais pompon qui sans doute avait du se remonter le moral en faisant une descente prolongée à la cave, etait encore sous le coup de l’émotion que provoque une rafale de canons, du bon, du frais !

 Ce n’est pas tant la démarche dirons nous « chaloupée » du personnage qui intrigua Georges, le fossoyeur occasionnel, mais simplement le morceau de pan de chemise qui débordait largement de la braguette de notre ami Pompon.

 « Il a failli me faire pisser dans mon froc, et j’ai eu toute les peines du monde à me retenir de rire… »

 Et il riait le Jojo, en revivant l’épisode !

 Les enterrements joyeux sont rares, mais il y en a,  la preuve !

 Il faillit déclancher un grave conflit entre Yssac et Saint-Bonnet le Pompon !

 C’était bien avant la guerre, et ce conflit vite étouffé dans l'oeuf, fut sans incidence sur celui de 39/40 !

 Simplement, au cours d’une réunion professionnelle entre gardes champêtres voisins, Pompon et son homologue de Saint Bonnet parlaient boutique dans la cave de ce dernier.

 Il ne filtra rien de l'entretien, tous deux observant le droit de réserve attaché à leur fonction, mais la suite eut pu très mal se terminer. On a vu des querelles de clochers naître et se prolonger pendant des années pour bien moins que ça !

 En partant, Pompon subtilisa le tambour de son collègue !

 Après une rapide enquête, il fut démasqué et sommé, avant poursuites devant les tribunaux de la République, de restituer l’objet du délit. Pour les poursuites, je m'avance sans doute un peu.

 Il s'éxécuta, et ainsi furent évités de graves débordements entre les « Padelants » d'Yssac,  et les « Bialants » de Saint-Bonnet, ouf !

 « Le mien était percé ! » dit-il, ce sacré Pompon,pour justifier son ignoble geste !

    

 A bientôt…

Commentaires

Encore un épisode d'antologie;j'aime quand tu parles des gens simples qui font la vie de chaque jour de nos petits village;je me souviens plus du:oh le patèere,peaux de lapins.Bonne journée chez toi,heraime finit sa semaine de congé en allant prendre des vifs pour attaquer le sandre.bises à Laurence

Ecrit par : heraime | 15 mai 2007

Moi aussi j'aime bien tes textes touretaires.J'avais oublié "13 langues " que j'ai pourtant connu.
La guerre entre Yssac et Saint bonnet a failli être déclarée souvent, je pense.
Maurice m'a souvent dit qu'il était pratiquement impossible, dans leur jeunesse, qu'un gars d'Yssac courtise une fille de Saint Bonnet ( ou le contraire ).D'ou venait cette "guerre"? Tu as peut-être la réponse.
Georges, fossoyeur....Quel enterrement joyeux, pour une fois.
Je pense que tu as eu beaucoup de chance d'avoir un tel papa!
Bises

Ecrit par : Allier-née | 15 mai 2007

Salut Alain,
Enfants, vous étiez presque sans défauts. Que s'est-il donc passé au cours de votre adolescence et jusqu'à ce jour ?
Que pouvez-vous bien trouver à faire à la campagne ?
Tout. Excepté le temps de le faire.
Bonne fin de journée.

Ecrit par : mmu | 15 mai 2007

j'ai bien tout secoué en remontant tes notes depuis le début de ma virée berrichonne (hé oui il me faut du temps pour reprendre mes marques on n'a plus 20 ans) et je me suis définitivement arrêtée sur ce morceau d'antologie qui est bien plus rafraichissant que toute la smala politique de gauche à droite en passant par le centre. Et pourtant le temps s'est mis en marche pour y retourner aux urnes.... Je dirais comme Scarlett O' Hara (ben oui je suis une éternelle romantique) dans AUTANT EN EMPORTE LE VENT beau titre pour l'époque actuelle DEMAIN, JE REFLECHIRAIS DEMAIN !!!!!
Bisous
ANNIE

Ecrit par : Maminie | 15 mai 2007

Treiz langues ;ce surnom lui allait à merveille !!je me rappelle Noèl mais aucun souvenir d'Eugène ni même que tous ces gens etaient de la même famille!!une fois de plus bravo pour ta mémoire et ta plume qui rend ces touretaires bien présents!!
bisous à une prochaine

Ecrit par : lailai | 15 mai 2007

Bonjour cher Crabillou.
Petit passage rapide avant d'être enfin connectée,dans ma campagne...Ca traine.
Vôtre verve n'a pas tarrie,je suis ravie de lire vos souvenirs,qui stimulent nos mémoires.
A bientôt..Mes sincères amitiés.
jeanne

Ecrit par : jeanne | 16 mai 2007