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02 février 2008

On The Road...(Rediffusion)

Vous descendez

à la Prochaine ?

C'est le 31 janvier 2007 que j'ai écrit ce billet...

 

***

En piochant au hasard dans mes souvenirs, j’en ai encore beaucoup, je me souviens des premières rencontres avec des gens venus d’ailleurs…

 Jusque là, le petit Brayaud que j’étais n’était entouré que de gens familiers, jeunes ou vieux, mais tous de la famille ou voisins !

 Certes, à deux ans, j’étais déjà monté à Paris, avec mon père et ma mère, pour aller récupérer celui qui allait devenir mon grand frère, mais qui n’était encore que mon demi-frère.

 Vous ne me croirez pas, vous ne me croyez jamais, si je vous dis que je garde un souvenir diffus d’un épisode cocasse de ce voyage.

 Pas l’épisode du Moulin-Rouge, où mon père avait emmené ma mère, et moi aussi bien sûr !medium_moulin_rouge.jpg

 Très déluré pour mon age, j’avais deux ans, je me serais exclamé au milieu du spectacle :

 « Ha les belles gonzesses ! »

 Reprenant sans doute le langage fleuri et argotique de mon père, véritable titi parisien.

 Non, l’épisode dont je me souviens, je puis le relater aujourd’hui, après soixante ans, il y a prescription, n’est guère glorieux, mais c’est ainsi.

 Je ne me souviens pas de l’acte, mais j’ai encore en tête le décor.

 C’était dans le métro, je revois les tubes chromés auxquels je me tenais, et la couleur beige des sièges, j’ai souvenir de ce tangage rythmé si particulier de la rame, et cet éclairage blafard qui rendait le décor irréel…

 Sans doute dérangé par tout un remue-ménage inhabituel, ce qui devait arriver arriva !

 « Maman, j’ai envie ! »

 « Attends un peu, on va arriver… »

 « Mamaaaann, j’ai enviiiiieeee ! »

 « Et puis merde ! »

 Mon père, ce héros qui n’était pas si doux,

 Comprit qu’il me fallait soulager mes entrailles.

 Il me fit accroupir entre deux sièges, et voilà…

 Si d’aventures, la personne qui a nettoyé le wagon où je commis mon forfait lit ces lignes, qu’elle sache que je suis vraiment désolé, mais j’étais tout petit…

 Ce dont je voulais vous parler, c’est de ma première confrontation avec des hommes « différents »

 De ces hommes dont les fils et filles n’auront jamais assez de temps, pour remercier la France coloniale des bienfaits qu’elle leur a apportés...

 C’était un spectacle fascinant, avec nos petites voisines, couchés dans l’herbe, dans le pré à Banane, nous regardions.

 Quelle odeur ce goudron !

 Et ces machines, le camion benne, et surtout, la goudronneuse…

 Un liquide noir et fumant s’étalait sur les pierres comme du chocolat sur un gâteau, le camion de gravier suivait, benne levée, en marche arrière.

 Et eux, ils étaient là, en première ligne, comme en 14 et après.

 Avec des fourches à pierres, des pelles, il étalaient, arrangeaient tout ça…

 C’était une équipe d’Algériens, enfin à l’époque ils étaient Français, sinon ils n’auraient pas pu se faire tuer à la guerre, en 14 et plus tard.

 C’est la Marie-louise qui leur préparait le repas de midi .

 C’était une excellente cuisinière la femme du sabotier.

 Mais elle ignorait que pour ces gens, « bien gentils », ils riaient beaucoup quand ils étaient ensemble, manger du porc était un gros péché.

 Il en ont mangé souvent pourtant du cochon pendant les travaux, comme tout le monde au village !

 Quand elle l’a su, elle a dit « Ils ont tout mangé, et ça ne les a pas tués ! »

 C’est vrai, personne n’est mort sur ce chantier !

 Nous allions les voir, pendant la pause . Il y en avait un qui m’avait pris en amitié, il me parlait, je ne comprenais rien, mais je ne le lui disais pas.

 Je ne sais pas son nom, me l’eut-il dit que je l’aurais oublié, mais je sais qu’un jour, il a sorti des photos de son portefeuille, il me les a montrées.

 Je ne me souviens pas de ce qu’il y avait sur les photos, mais je me souviens d’une grosse larme qui coulait sur sa joue…

 

A Bientôt…

PS : Prochainement, pour faire plaisir à mon ami André, je vous parlerai de Blanchette.

Commentaires

Et oui, on souligne la violence des jeunes générations mais on oublie de parler de la souffrance de celles qui les ont précédées...Je me souviens aussi d'être allée à l'école avec des enfants dont les parents avaient imigré de pays différents (Afrique du Nord, Italie, Arménie etc...). Ils vivaient pour la plupart dans la "rue de la défense"...et j'étais étonnée de leurs conditions de vie, de leurs habitudes de vie.
Aujourd'hui j'habite tout près de l'Ile Seguin (siège de Renault à Boulogne Billancourt)...Il y a encore ici, tout seuls, de ces vieux Algériens dont vous parlez...Ils sont étrangés chez nous comme chez eux, et ne savent plus d'où ils sont....alors que les jeunes, même si ce ne sont pas leurs héritiers directs revendiquent avec violence...ça ne m'étaonne pas du tout...c'est le syndrome de la troisième génération.
Merci pour ce témoignage qui nous fait largement oublier l'épisode du métro.
A bientôt
Anne-Marie

Ecrit par : Anne-Marie | 31 janvier 2007

tu aurais du te méfier,la pistache.salut en auvergne.0° Au mont d'uzore aujourd'hui,17° chez nanou à st georges en couzan.M.... c'est qu'a vingt kilomètres.

Ecrit par : heraime49 | 31 janvier 2007

Tu vois, ça marque, une larme, bien plus qu'une parole. C'est comme le sang, la larme d'un arabe, d'un algérien, elle a le même goût que celle de jambon beurre du 16 ème.
Il a une émission que j'aurai aimé voir sur Canal, où deux familles ont échangés leur couleur de peau pour 15 jours.
Le noir maquillé en blanc a été embauché normalement , grace à ses diplômes, mais s'est fait virer quand il est revenu à son bureau dans sa peau de noir.
Le blanc maquillé en noir s'est fait controler 5 fois par la police dans la journée, sur le trajet habituel, où jamais personne ne l'arrètait d'ordinaire.
Mais ça, je le savais déjà.

Ecrit par : christian | 31 janvier 2007

Tu vois Christian,

Notre police est efficace depuis quelques années !

A Bientôt...

Ecrit par : Crabillou | 31 janvier 2007

Cher Crabillou

Si on pouvait ne plus jamais dire ni noir, ni Arabe, ni Algérien mais seulement mon ami (ou mon amour) ; ça y est voilà que je rêve encore. Amitiés. Monique.

Ecrit par : monique-âne | 01 février 2007

tu souffles le chaud et le froid. Tu m'as d'abord fait rire avec l'envie pressante.. et ensuite la larme a failli couler sur ma joue. J'imagine tout ce qu'il a laissé derrière lui le travailleur algérien...Moi aussi je me souviens des hommes de cette génération... bises de miche

Ecrit par : miche | 02 février 2007

Monsieur et Madame Sarkozyxxxxxxxxxx sont sur un bateau...
Nous attendons ton retour avec impatience, pour nous conter la suite de l'histoire.

Ecrit par : Anonyme | 02 février 2008

bien, tu te souviens des souvenirs, à l'âge de 2 ans, moi pas.C'est souvent le cas, les petits enfants qui ont un besoin pressant, là et quand il ne faudrait pas.Bonne soirée.Renée

Ecrit par : Renée | 02 février 2008

J'espère pour toi que tu as des envies moins pressante maintenant................

Une larme veut dire beaucoup de choses.

Bon dimanche.
Bises.

Ecrit par : Sylvie | 03 février 2008

oui ja vous comprend cela fait plaisir de parler de coulonneux ,notre père etait passionné de ce sport
mais trés malade moi et marcel on avais pris le relais mais on se rendait compte que tout notre argent ne nous r'apportais rien et il a fallu abandonné bien triste car on les aimé bien nos coulons .
ANDRE

Ecrit par : andre | 05 février 2008

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