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30 janvier 2008
Hiver 2007...( Rediffusion)
...On supporte le Manteau !
Encore une note de l'année dernière, elle date du 28 Janvier...Il est bien mort l' Abbé !
***
Tout comme la langue d’Esope, le progrès peut se révéler la meilleure et la pire des choses. Il amplifie certains mouvements, et en étouffe d'autres...
Il n’est pour s’en rendre compte que de superposer les mêmes événements, et la perception qu’en ont les gens à des époques différentes.
Hiver 54, j’avais neuf ans à peine.
Un curé quasiment inconnu se met en pétard et lance un appel à la radio.
Son cri est entendu !
De tous les recoins de la France remuée aux tripes, le peuple, riches et pauvres mêlés y va de son mandat, regarde dans ses placards et ses armoires , et donne un peu de ce qu’il a.
Le curé du village, un orateur hors pair, dont la voix forte s’élevait à chaque prêche vers la voûte de l’Eglise, et dont les paroles semblaient écraser ses ouailles en retombant du ciel, relaya cet appel.
Et tout le monde porta à la mairie, la République et le Clergé faisaient bon ménage chez nous, qui une couverture, qui des draps, des vêtements chauds…
Pendant quelques jours, les gens se sentirent meilleurs.
Aujourd’hui aussi des gens, pour la même cause, se sont mis à crier.
Tout comme le curé de 54, ils sont allés au devant des micros et des caméras, pour essayer de sortir le peuple de sa torpeur, et extirper de la misère et du désespoir les cassés de la vie, et tous ceux, de plus en plus nombreux qui glissent vers le fond.
Eux aussi ont été entendus.
Mais à un demi-siècle d’intervalle, si les causes produisent toujours les mêmes effets, les résultats ne sont pas les mêmes !
Le progrès, qui installe les gens dans un confort douillet les isole, les détache de leurs frères.
Les cris ont moins d’écho quand ils se heurtent à des murs en coton ….
Le curé, le Chevalier des Gueux, ne s’est pas arrêté en chemin, il n’a pas attendu le bon vouloir des puissants, ni que le Parlement légifère.
Les gueux, il les a remis debout, et le ronron des discours s’est vite étouffé dans le bruit des bétonnières !
Des maisons sont sorties de terre, sans que l’on se soucie trop des formalités et autres tracas administratifs, prétextes bien commodes pour différer, ajourner, ou ne rien faire.
Plus qu’un mouvement, il a fait naître un élan l’abbé.Ce ne sont pas sous des tentes alignées le long d’un canal qu’ils se sont mis au chaud les miséreux, encore qu’il en ait semé aussi des tentes l’abbé, c’est dans des maisons qu’ils ont bâties de leurs mains !
Pas très belles les bicoques, on aurait dit des « chalandonnettes », mais vues de l’intérieur, c’étaient les plus belles maisons du monde, les maisons de l’amour et du courage !
Et à la différence des tentes du Canal Saint-Martin, on y vivait debout…
A Bientôt…
20:00 Publié dans BILLETS d' HUMEUR | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Commentaires
Ton talent au service des sans-rien,
Merci Alain pour cette page dominicale,
je partage ton avis sur les tentes de Saint-martin,dans lequelles actuellement on meurt autant de froid que dehors, et à quatre pattes...
Merci pour ça,ces lignes fortes ,
et pour le reste...qui me touche bc, Framboisine
Ecrit par : framboisine | 28 janvier 2007
Je voudrais mourir debout .. Je te passe la chanson de Ferrat si elle ne dépasse pas 5 m0. j'y vais de ce pas. Tu es formi-formi-formidable !! rien à ajouter. Bises de miche. merci pour ton commentaire
Ecrit par : miche | 28 janvier 2007
Bravo pour ta chronique sur les tentes...Ce qu'il doit y faire froid, le matin, au petit réveil...et pourtant les nouveaux don Quichotte ont fait ce qui'ils ont pû pour protéger les plus humbles et alerter l'Etat.,qui s'est un peu réveillé avec sa loi ...qui promet...mais l'urgence est de construire tout de suite, des petites unités, pas des
grands espaces pour entasser les gens,il faut que chacun retrouve un peu son cocon, alors là,il pourra se tenir debout et repartir...là est l'essentiel.
A+ amicalement
hélène
Ecrit par : hélène | 28 janvier 2007
super prose comme toujours
une seul petite question, le personnage sur le cheval n'aurai pas pour nom saint Martin comme je le vois qui coupe son manteau devant un mendiant. les représentations de lui sont toujours comme ça et en plus tu parle du canal saint martin
salutation
Claude
Ecrit par : nunus63 | 29 janvier 2007
un an déja
amitié
Claude
Ecrit par : nunus63 | 31 janvier 2008





