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28 août 2006
ILS NE SONT PAS COMME NOUS...
Retournez dans votre Pays..!
« Je ne comprends pas ceux qui vont au café ou au temple, dit-il encore. Avec l’abbé ou le Pasteur, ils répètent qu’il faut s’aimer les uns les autres, or ils font tout le contraire. Tu trouves que c’est normal ? »
C’est Karim, 13 ans qui vient de parler à sa mère…
C’est à la page 96 du livre que je viens de lire d’une traite que j’ai relevé ce court passage.
Ce livre, je me le suis procuré directement chez l’auteure.
Auteure, car c’est une femme qui l’a écrit. Un livre mémoire, un livre passerelle…me dit-elle dans sa dédicace.
C’est en me baladant sur le site « Rendez-vous » de NT, que j’ai pris contact ave « Théa »
En zapouillant sur les « profils » des gens inscrits sur ce site, j’ai été attiré et intrigué par : « .. J'ai un certain humour. Et j'écris. Pas en dilettante, non, simplement parce c'est ma respiration. J'ai publié. »
J’ai pris contact ainsi avec une dame écrivain, Madame Thérèse-André-Abdelaziz.
Ce livre que je viens de terminer, je vais vous en dire un mot.
C’est un livre témoignage, il raconte une vie, un amour, un chagrin des joies aussi.
Pas sûr que la vie de Thérèse André-seulement eut mérité un livre, pas celui-là en tous cas.
Car à l’amour, aux rires et aux pleurs, en rajoutant Abdelaziz à son nom, elle a rajouté, bien involontairement, une blessure.
C’est surtout cette blessure qu’elle nous raconte dans son livre.
Ce n’est pas un roman, plus une autobiographie, un documentaire sur notre société, des années cinquante à aujourd’hui.
C’est nous, qu’elle dépeint tout au long de son récit.
Et on sort de ce livre mal à l’aise, car nous ne sommes pas beaux !
Ni rancune ni colère chez cette femme, une certaine tristesse simplement, révolte aussi.
Si vous voulez connaître ce que fut la vie de cette femme, qui en pleine guerre d’Algérie aima un Algérien et fonda avec lui un foyer, il faut lire ces 187 pages.
La vie de ces couples dits « mixtes » est un long chemin semé d’embûches.
Celui ou celle qui décide de vivre avec un « autre », autre couleur, autre culture, autre religion, s’engage sur un sentier bordé de ronces.
Plus on avance, et plus on s’égratigne !
Le racisme ordinaire, celui des paroles et des regards, c’est celui-là qui blesse, chaque jour, chaque instant.
Bien que le cuir s’épaississe au fil du temps, la peau reste aussi sensible qu’aux premiers jours…
Tout juste refermé, ce livre saigne encore un peu.
« Je, femme d’immigré » Par Thérèse André-Abdelaziz
Editeur La Part Commune.
On peut consulter quelques passages de ce livre, et connaître un peut mieux l’Auteure sur :
A Bientôt….
10:30 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
merci du renseignement, je vais aller y faire un tour, car ce livre devrait m' intéresser aussi..
Bonne semaine,
Jean-Claude
Ecrit par : Jean-Claude | 28 août 2006
Merci, Crabillou,
Sans le lire, je devine ce qu'il contient. Tu sais, j'en ai déjà entendu, lu et même vécu, des livres ou de vraies histoires comme celle là. Pas de quoi être fier, et cela continue tous les jours.
Que tu sois noir, beur ou entre les deux, c'est du pareil au même. Il n'ya que les jaunes qui s'en tirent un peu mieux.
Ecrit par : christian | 28 août 2006
Merci Crabillou pour ces lignes ...de ....coeur qui parlent d'un livre que j'ai mis 5 ans à écrire,qui fut publié une 1ère fois en 1987, éditions du Cerf, Paris épuisé fin 2003 et réédité en 2004 à Rennes. J'y ai ajouté un chapitre où les enfants donnent leur témoignage eux-mêmes, et une postface pour expliquer tout ce que ce livre m'aura permis de faire, les rencontres, les interventions dans les collèges, associations, radios, TV, centres culturels etc.
C'est effectivement un livre pluriel et passerelle. Et il m'arrive d'intervenir, comme témoin du racisme vécu de l'intérieur, avec des sociologues. Je cherche d'ailleurs des lieux d'échanges un peu partout.
Je m'aperçois que rien n'a changé, aucune évolution ne s'est faite depuis près de 50 ans ! j'en suis témoin tous les jours. Ce livre est aussi un cri d'amour et de colère car sans amour point de colère. Du moins vu les circonstances et mon parcours de vie.
Ma vie, en tant que Thérèse André, aurait et a mérité un livre puisque j'en ai publié un en mai 2006, qui n'a rien à voir avec l'immigration;il est nourri de souvenirs d'enfance, dans la France de l'après-guerre et dans le contexte traditionnel et rigide de l'époque. Beaucoup s'y retrouvent.
J'ajoute que j'ai écrit et que j'écris beaucoup d'autres choses...dont des pièces radiophoniques et théâtrales. A suivre donc. Et encore merci, sincèrement, Crabillou !
Thérèse
Ecrit par : André-Abdelaziz Thérèse | 30 août 2006





