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10 juillet 2006

IL FALLAIT OSER...!

GONFLES LES MECS EN 1911 !

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A 14 heures 23 minutes ce jour-là, le Farman-Renault piloté par Eugène Renaux et navigué par Albert Senoucque s'immobilise au sommet du Puy-de-Dôme. Les 100 000 francs sont gagnés. Parti de Buc, aux environs de Paris, il a franchi la ligne de départ officielle à 9 heures 12 et vient de réussir l'exploit de rallier Clermont-Ferrand et son puy en moins de 6 heures (avec une étape de 14 minutes à Nevers). C'était la condition posée par André et Édouard Michelin pour l'attribution d'un prix spécial. Mis à la disposition de l'Aéro-Club de France dès le mois de mars 1908, pour encourager le développement de l'aviation (qui n'est encore le fait que de quelques pionniers à cette époque), ce prix vient donc d'être gagné, après l'échec des tentatives de Weymann/Fay et des frères Morane en 1910.

Vingt années ont passé depuis que l'Éole de Clément Ader a effectué son premier vol, sur quelques mètres, le 9 octobre 1890. Pour la première fois, un "plus lourd que l'air" avait quitté le sol par ses propres moyens.
La machine qui vient de permettre cet exploit est un biplan "Maurice Farman" (longueur 1l m, envergure 12,75 m., surface portante 60 m²), équipé d'un moteur Renault de 8 cylindres disposés en V à 90°, refroidi par air, à allumage par magnéto haute tension. Ce moteur, directement dérivé des premiers moteurs aviation produits par Renault dès 1907, développe 60 chevaux réels, et a fait l'objet de tests d'endurance au banc d'essai. La démultiplication qui entraîne l'hélice autorise une régularité de fonctionnement comparable à celle des moteurs automobiles dont il a hérité la technique. Dans l'aéroplane de Maurice Farman, ce moteur est placé a l'arrière de la cellule, et travaillle donc " en poussée ".
Pour réussir une telle performance une préparation longue, rigoureuse et méthodique a été nécessaire, aussi bien pour la parfaite entente entre les hommes et la machine (vol en haute altitude, jusqu'à 2 000 mètres, atterrissage sur une distance inférieure à 50 mètres), que pour les nombreuses reconnaissances topographiques menées par Renaux. N'oublions pas que les seuls éléments disponibles a l'époque sont des cartes routières souvent imprécises.medium_pdd23mai.2.jpg

     Il faut oser poser un avion là-haut !


Lors de la réception donnée par André Michelin en son honneur, le soir même, Renaux explique comment de la course (cycliste, motocycliste, puis automobile), il est venu à l'aviation et comment cette nouvelle passion l'a conduit au sommet de la montagne. Ce sont tous ces détails que découvre un auditoire stupéfait et passionné. Ce sont ces mêmes détails que toute la presse reprendra dès le lendemain, faisant ainsi au moteur de Louis Renault une publicité exceptionnelle, et lui donnant par la même
ses lettres de noblesse. A l'époque, Renault est le seul constructeur automobile à s'intéresser à l'aviation. Il y voit en effet un complément de l'automobile alors que les autres constructeurs craignent que l'avènement de l'aviation, concurrençant cette dernière, n'annonce sa disparition.
A partir de cette date, l'aviation va, de fait, connaîtreune évolution très rapide.
Mais, en 1914, elle reste le fait de quelques fous passionnés. Les records vont s'accumuler dans la période qui précède la première guerre mondiale. Le moteur Renault, dont la puissance ne cesse de s'accroître (45 chevaux en 1907, 80 puis 100 en 1914), sera associé à un grand nombre d'entre eux, car il équipe de nombreux types d'appareils

A Bientôt...