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19/03/2008

Nostalgie...(Rediffusion)

Ecrit fin 2005..

Une note publiée et republiée, je la remets encore, car elle fait le lien entre les "sobriquets" largement évoqués les jours derniers, et les Ogm, dont on va reparler ces jours-ci.

A l'heure qu'il est, j'ignore quelle décision a pris le Conseil d'Etat, concernant le recours contre le Moratoire d'interdiction "provisoire" du Mon810, recours déposé par Monsanto et les représentants de la filière Ogm.

Nous approchons de la période des semis du Maïs, et je ne serais pas étonné que le fameux "Moratoire" prenne du plomb dans l'aile. D'ici dix jours, la Loi sur les Ogm sera votée à l'Assemblée.

Que ceux qui parmi les lecteurs de ce billet, sont opposés aux Ogm et qui malgré tout ont envoyé au Palais Bourbon une majorité de députés Umpes qui y sont largement favorables- souvenez-vous de l'intervention de Bernard Accoyer après la décision du moratoire- que ceux-là ne viennent pas se plaindre et chercher des fautifs si la loi ouvre un boulevard aux cultures Ogm, les véritables fautifs, ce sont eux !
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Toujours perché sur mon volcan,le Puy de Dôme,
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embrassant d’un regard le panorama magnifique qui s’offre à mes yeux.
Le Massif du Sancy, sur les contreforts duquel, broutent, agiles comme des chèvres, les magnifiques vaches rouges, les Salers, les rebelles à cornes en forme de lyre.
Respirant à pleins poumons un air vif, en pensée, je vagabonde…
Les Salers, ne comptez pas sur elles pour se transformer en usine à lait, leur lait elles le donnent, mais seulement si leur veau est à leur coté ! Elles en donnent peu, mais il est tellement bon est riche qu’ il suffit à nourrir le veau, que les bouchers retiennent à l’avance, et à la production de délicieux fromages, Fourme de Cantal, Salers ou Saint-Nectaire, si bons qu’ils tueraient raide un Hollandais !
Les Monts du Forez en face, Thiers et ses couteaux, encore fabriqués aujourd’hui, mais pour combien de temps encore ?
Ambert, la fourme, les Copains…Gaspard des Montagnes …
Tout ça était déjà là, lorsqu’ à 8 ans pour la première fois je suis monté sur le Géant des Dômes.
Même l’usine ex-AEC là bas très loin au Nord, à Commentry, qui fabrique des vitamines A et E et de la Méthionine (30% du marché mondial). CVC Capital Partners, fonds d’investissement, l’a cédée avec ses 600 employés à la Sté chinoise ChemChina.
Un Fonds d’investissement US, qui vend aux Chinois une usine Bourbonnaise, est-ce choquant ?
Est-il choquant que Bouygues contrôle la distribution de l’eau et de l’électricité en Côte d’Ivoire ?

Nous vivons dans ce monde aujourd’hui.

Mais oui, tout était déjà là la première fois.

C’était avec le patronage, sorte de centre culturel et de loisirs tenu d’une main ferme par le Curé, que j’y étais venu par un beau jour d’été.
Les paysans d’Auvergne, sûrement aussi ceux d’ailleurs, vivaient leurs derniers instants. Progrès et machinisme aidant, l’agriculteur prenait sa place dans la campagne.

Je me souviens de ce temps, les vaches, les chevaux, les chiens, tous avaient un nom, alors que certains habitants du village avaient perdu le leur…
Depuis longtemps, on les désignait par leur « Sobriquet ». Le sobriquet, pseudo de l’époque, vous était attribué selon des règles et critères assez obscurs, souvent très imagés, il vous suivait jusqu’ au cimetière.
Il a fallu qu’il meure le brave homme pour que je connaisse son vrai nom. Tout le monde l’appelait Dré du Garde, dit aussi Rach’Barbe, fils de l’ancien garde et qui tenait salon de coiffure, dans son cuvage, entre la cuve à vendanges et une double rangée de cages à lapins.
Les vieux du village attendaient leur tour, assis sur un banc de bois, bavardant en patois et buvant de temps en temps un « canon » tiré au tonneau du fond.
Cette piquette facilitait grandement la tâche du Figaro en sabots, tant elle te faisait hérisser les poils !
Parfois, plus qu’un individu, c’est toute la famille qui en était affublée du sobriquet.
Ainsi, moi, fils de chez Jasse – (en souvenir d’une aïeule bavarde comme une pie (Jasse en patois, bien vu non ?)- j’allais à l’école avec le fils Patte-au-cul, que ce sobriquet ne gênait pas plus qu’il n’avait gêné son père ou son grande père.
Son véritable nom était pourtant celui d'un Maréchal de France, il s'en souciait peu, nous non plus !

Tous les personnages de mon enfance mériteraient qu’on leur consacre un roman, eux pourtant si pauvres, mais qui vécurent une vie si riche !

Les vaches s’appelaient Barra, La Noire ou Rosette, elles n’avaient pas encore d’étiquettes numérotées à chaque oreille, pas de numéros, mais toutes avaient eu une vie et une histoire, elles avaient même connu l’amour, avant de terminer à l’abattoir !
On parlerait encore un peu d’elles à la ferme, avec tendresse parfois.
Les juments et chevaux se nommaient Polka, Pompon, Mignon, Gitane, Samba… Samba, ma belle jument bai, dure à la tâche, un peu fantasque, compagne de jeu aussi lorsque montant à cru nous la menions moi ou mon frère dans le pré.
Les chiens, de race indéfinie, à la fois gardiens bergers et auxiliaires de chasse avaient pour noms Black, Tommy, Pataud, fauvette ou bergère (les deux chiennes de ma grand’mère). Les chats se nommaient eux Minou ou Minette, selon leur sexe.
Nous, les gosses nous vivions là dedans comme dans un paradis. Vous pourriez dire il nous fait dans un Germinal campagnard le vieux, en nous plongeant dans son univers d’arriérés.
Pas du tout !
Jamais je n’ai été aussi heureux qu’en ce temps là !
La campagne, la vraie, pas de meilleur lieu de vie pour un gosse !

Mais le progrès pointait son nez, très vite on allait quitter les sabots et les galoches.
Adieu aussi veaux vaches cochons couvées….
Qui aurait cru alors en ce temps que des paysans cultiveraient un jour des plantes de Science Fiction, et que cela provoquerait batailles et procès !

A propos, c’est aujourd’hui 4 Novembre, jour où j’écris ces lignes,que l’on va connaître le sort des « Faucheurs volontaires », 12 hommes et 3 femmes qui avaient sans grand succès tenté de détruire une (deuxième) parcelle de Maïs Méristem à Nonette (63).

…..

A suivre…. Peut-être…

Commentaires

J'ai toujours le plaisir de lire les souvenirs de terroir, et je suis sûre que vous en avez beaucoup plus qu'auront vos enfants et petits enfants. Autrefois, le souci était de faire vivre son foyer, maintenant, ce sont la productivité, les finances.
Dans votre Auvergne, il y a de belles randonnées à faire (Chamina), vous évoquez Gaspard des Montagnes alors je pense à Henri Pourrat. Les salers sont de très belles vaches, je crois qu'à Lyon le seul boucher qui vend de la Salers se trouve aux Halles de Lyon. Tout le fromage est très bon et goûteux, le Saint Nectaire est le préféré de mon gendre.Alors, Crabillou, peut-être que nous pourrons lire d'autres anecdotes.Bonne soirée. Renée

Écrit par : Renée | 26/06/2006

Avec crabillou et heraime ,on peut leurs en raconter des histoires vecues à nos biquettes de celles qui nous donnent encore un brin de nostalgie,non pas que nous soyons arriérés,j'aime le progres qui fait que la femme n'a plus besoin d'aller au lavoir maintenant qu'elle a l'eau sur l'évier.Mais tu as raison c'était les plus belles années de notre vie.ça nous laisse comme une trace indélébile.je te salue bien bas.

Écrit par : heraime | 26/02/2007

Je voudrais dire à Héraime,que maintenant les hommes ont le droit de faire la vaisselle ou d'utiliser le lave-vaisselle.C'est ça aussi le progrés
J'ai connu ton "Germinal "Crabillou.Nous étions heureux.
Mon bourbonnais était plus arriéré que ton Auvergne(pays brayaud) et aucun chinois ne s'y interessait.
Dans mon village à habitat dispersé les gens n'avaient pas tous le même nom de famille.Donc peu de sobriquet.
J'ai d'ailleurs toujours été intriguée par le fait que dans ton village beaucoup de gens se mariaient entre eux et non avec ceux ou celles du village à 2 ou 3 kilomètres.Je fais bien quelques suppositions à ce sujet, mais?
J'ai lu dans le blog du sympathique Héraime que tu parlais du père Th.et de son cheval.Tu pourrais peut-être écrire sur lui dans ta galerie de portraits.
bye, bye
...
Tu n'as pas lu en entier, tu n'es pas la seule, mon oeuvre immense et irremplaçable !

Dans la rubrique "Portraits", il y a une note "La boite à souvenirs".

Elle est illustrée par une photo de Joseph Thizy, prise en Novembre. Il est dans son champ au quatre chemins, avec le cheval que j'ai vu mourir.
Il arrache et ramasse des betteraves.

Je n'ai qu'évoqué ce monsieur, car je ne connais pas suffisammant son histoire pour en parler longuement...

Bisou à bientôt...

Écrit par : Allier-née | 27/02/2007

J'avais vu la photo,car j'ai lu Une bonne partie de ton oeuvre.
Mais je pensais que tu le connaissais bien.
je le connaissais très peu, mais toi tu connaîs tant de monde et tu as tellement de souvenirs.Merci de m'avoir gentiment répondu.
Bisous and Soon

Écrit par : Allier-née | 28/02/2007

ces sobriquets qui fleurent bon ton enfance, Patte au cul !
et puis , tu admets enfin que le vin d'Auvergne fait hérisser le poil
effectivement, pratique pour la coupe en brosse!
Bisous et continue à nus donner ou resservir ces pages,

Écrit par : framboisine | 19/03/2008

Continue en 2008 de nous parler de ton village, des anciens ......J'aime bien lire tes souvenirs d'enfance.Bisous

Écrit par : Allier-née | 19/03/2008

Je crois que nos Figaros étaient cousins...

Il n'y avait pas de cuve à piquette mais le café voisin qui s'appelait "le galopin"!Son patron Camille portait entre ses lèvres ( quelle que soit la saison)non pas un canon, mais une fleur,ou un brin d'herbe.


Je suis vraiment heureuse d'avoir grandi au milieu "des foins".

j'avais dû te parler sur une note antérieure de certains sobriquets:Marie-Sans-Tête , Choupette.....


Enfance, quand tu nous tiens...

Bises

Betty

Écrit par : betty | 19/03/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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