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12 mars 2006

LA MORT DU CAMPAGNOL...

Il ressemblait à celui-la...

Depuis plusieurs jours déjà il sentait qu'il était en danger.
Pourtant,il avait bien choisi son refuge.
Depuis l'été dernier,quand il avait quitté le nid familial,creusé au pied d'un pommier,chassé par sa mère,ainsi que ses six frères et soeurs,il avait du se débrouiller seul.
Il n'était pas allé très loin, il était resté dans le même secteur,exposé à tous les dangers,mais profitant d'une nourriture abondante.
Il avait creusé son abri dans le talus,près d'un tas de feuillages,d'herbes sèches,où régulièrement l'homme qui venait souvent là jetait des feuilles de chou,des fanes de carottes,et tout un tas de choses bonnes à manger.
Dès qu'il entendait du bruit,vite,il se jetait dans son trou.
Mais le danger ne venait pas de cet homme,tout les campagnols qui avaient vécu là le savaient,le Crabillou-c'était son nom-n'était pas dangereux.
Certains se souvenaient l'avoir vu,surpris sous un tas de feuilles ou de débris où ils se croyaient à l'abri,mais l'homme les laissait fuir.
Ce n'était pas par contre le cas de la chienne énorme,aussi grosse qu'un loup,qui l'accompagnait.
Guidée par on ne sait quel fluide,immanquablement,elle visitait tous les terriers du champ.
Quelle frayeur,lorsqu'elle engageait en soufflant son museau dans l'entrée du refuge.
Il n'y avait qu'une solution,vite,très vite se blottir au plus profond du trou,ou s'enfuir par une autre galerie,pendant que la bête aux dents monstrueuses creusait frénétiquement pour agrandir le trou.
Et elle était là,comme hier et avant-hier.
Depuis longtemps,ils ne venaient plus,l'homme et la chienne.Sans doute faisait-il trop froid.
Le petit animal avait fort bien passé l'hiver,partageant son temps entre quelques expéditions sous le pommier où il se régalait des pommes à moitié gelées,et de somptueuses agapes sur le tas de déchets,profitant des trésors jetés là...
Mais depuis quelques jours,plus de neige,un peu de soleil qui réchauffait le sol.
Alors ils étaient revenus.
Il sentait le souffle chaud de la chienne qui creusait en grognant...elle se rapprochait...il fallait fuir!
Il n'était plus qu'une petite boule de peur.
Le coeur prêt à éclater,saisi de panique,il se rua dans la galerie du fond et sortit.
Une masse énorme le plaqua au sol,puis il fut happé tout entier,il sentit ses os craquer.
Il retomba au sol,pantelant et brisé.
Une voix au loin cria:
Olga,ma fille,viens on rentre.."

Puis la vie le quitta.