02/07/2009
Dur et long le chemin...
... Une lumière au bout... De l'espace... De la vie...

Très belle photo de mon ami Michel...Merci.
***
Quelle heure pouvait-il bien être quand je l'ai vu ce matin ? Six heures peut-être. Assis sur mon banc, ne pensant à rien pour éviter d'avoir à penser à trop de choses, je regardais sans le voir le soleil qui sortait du toit de mon voisin, et qui perçait avec bien du mal le rideau de l'épaisse frondaison qui m'isole de la rue...Comme avant-hier soir, et comme hier matin, il est venu. Il s'est posé sur la même branche et m'a regardé...Je l'ai regardé aussi, en silence. Il s'est ébroué, s'est lissé les plumes, a sautillé sur deux ou trois branches, s'est arrêté à nouveau, puis, vexé sans doute que je ne sorte pas l'appareil photo, Rémi s'en est allé, il est parti vers une autre vie, une vie où je n'ai pas ma place...Au revoir Rémi, reviens demain si tu veux, reviens me voir...
Un peu plus tard, j'ai trouvé cette photo avec d'autres sur ma boite mail...Cette photo et un message d'amitié qui m'a fait du bien. C'est ce qui m'a décidé à mettre en ligne ce court billet, j'ai failli écrire ce court brouillon...
Brouillon je le suis ces jours-ci, il y a des jours comme ça. Des jours comme cette photo, un chemin caillouteux qui descend et s'enfonnce, sans que l'on sache s'il sort vraiment là-bas, plus loin... plus loin, vers la lumière...
Je suis touché de la sollicitude inquiète de quelques uns de mes visiteurs, c'est aussi pour les rassurer que je pianote ce billet...
Vous êtes rassurés sur le sort de Rémi, tant mieux.
Les pigeons aussi sont en pleine forme, la preuve...

Ce jeune mâle écaillé est magnifique. Si si, parole de connaisseur...
***
Je vous ai déjà dit la difficulté qu'il y a pour le débutant en colombophilie a se mesurer aux sociétaires qui exercent depuis plus de trente ans pour certains, qui ont au fil des ans trié et selectionné des lignées de pigeons bien difficiles à battre par un nouveau venu...
Ce n'est qu'un signe, mais il est encourageant. C'est le deuxième dimanche que le jeune mâle de dix mois dame le pion à l'équipe d'un habitué des podiums.
Il était déja mon grand rival dans les années 70/80...Deux dimanches de suite que le 51292 passe devant les cracks d'André Morenne.
Classé 12ème et 3ème colombier le 21 juin à Treignac (Tulle), classé 11ème et 2ème colombier dimanche dernier à Brive, il n'y a pas de quoi grimper après les rideaux, mais c'est encourageant.
Pour l'heure, l'escadrille de Manuel Rego est intouchable, mais qui sait, qui sait...
En colombophilie comme en bien d'autres activités, il ne faut pas s'enflammer et savoir rester modeste..mais il faut savoir aussi apprécier et goûter le fruit de ses efforts, et envisager avec calme l'espoir d'un succès futur...
Ce dimanche, c'est une équipe de 15 dames et demoiselles renforcée de 4 briscards plus aguerris qui vont s'élancer de Bergerac. Feront-ils briller les couleurs de mon frère Joël ? Je le souhaite, ils feront sans doute briller mon regard si je suis là à leur arrivée....
***
A quoi pensais-je donc sur mon banc ce matin, lorsque le soleil et Rémi sont venus me tirer de ma torpeur...Je ne sais plus. Le ciel était d'un bleu d'azur, l'air était doux à mon visage, et pourtant la vie était moche, allez donc comprendre quelque chose...
A plus tard...
15:51 Publié dans Reflexions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27/06/2009
C'est incroyable...
...Ce que la gauche est maladroite !

...Deux poupées dans sa main gauche...Bravo Crabillou !
***
Juste un mot, pour ne pas laisser les Dames de mon fan club dans les affres d'une angoisse insupportable...
Gros bobo aux didis de votre vieille chose mes chéries, mais pas encore de quoi sortir les chapelets et les missels.
Une fois de plus,e vais m'en tirer !
Je vous remercie toutes de votre sollicitude. Je remercie Héraime également, qui me cria presque son amour du lard, et dont l'indéfectible affection bourrue qu'il me porte m'est allée droit au coeur...
Comme je l'ai fait en répondant à certains commentaires, j'invite celles et ceux qui apprécient ma prose à faire un tour dans mes archives.
Plus particulièrement dans les rubriques "Petites histoires" et "Portraits"...C'est là que dorment la Mère aux Chats et d'autres..
Comme il m'a bien fallu m' en rendre compte, en relisant certaines des notes que j'écrivais alors, depuis quelques temps j'écris de plus en plus mal. Il n'est donc pas mauvais que je prenne un peu de recul...
Faudrait-il sans doute également changer de sujet et de cible, car comme le dit le dicton populaire archi-connu que je viens d'inventer à l'instant :
"Tu peux jubiler tant que tu veux en écorniflant Sarkozy Crabillou. Tu ne te foutras jamais autant de sa gueule qu'il se fout de la tienne !"
Je vais donc méditer là-dessus avant de m'éditer à nouveau sur ce blog...
En attendant, je vous souhaite un bon week-end et vous dis...
...A plus tard...
11:11 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
25/06/2009
Souvent j'écris ton nom...
Gens, bêtes et plantes le crient : Liberté !

Un ciel bien gris bien lourd sur la Limagne...
***
Michelin est là, et de là monte comme une clameur...La Voix des Bibs se fait entendre. Sera-t-elle entendue ?
J'ai connu le temps où "rentrer chez Michelin", c'était l'assurance d'un travail à vie, avec avantages sociaux, et une "bonne retraite" en fin de carrière...
C'était la possibilité de mettre ses enfants "aux écoles", voire ainsi de leur assurer à eux aussi un avenir dans "la grande maison"...
C'était il y a longtemps. Les cars déversaient chaque jour et en trois-huit une armée d'ouvriers venant parfois de cinquante ou soixante kilomètres gagner aux Carmes , à Cataroux et à Estaing leur vie et celle de leur famille.
J'ai encore en mémoire l'odeur de ces ateliers où se cuisaient les pneus des voitures de ceux qui avaient les moyens d'en avoir une.
Je suis fils d'ouvrier Michelin, un peu Michelin moi-même, puisque j'y ai suivi des études techniques, et que j'ai serré un jour la main d'un grand monsieur aux yeux ronds et aux oreilles écartées, monsieur François Michelin lui-même, venu en visite aux AP...Il avait la même veste bleue que nous et que nos moniteurs.
Nous n'avions pas de profs aux AP ou à La Mission, nous avions des moniteurs, anciens élèves eux-mêmes le plus souvent, et guère plus âgés que nous. Chacun d'eux s'occupait d'une dizaine des boutonneux que nous étions..presque tous, moi je n'en avais pas de boutons, et il en manquait souvent à mes chemises en ce temps-là...
Est-ce parce que ces moniteurs coûtaient moins cher que des professeurs, que nous pouvions passer un CAP par an. Trois CAP en trois ans, c'était le tarif, avec un taux de réussité à presque cent pour cent, alors que nos copains de Bellombre, l'école d'apprentissage de Chanturgue, mettaient au moins trois ans pour bien souvent rater le leur...Je ne sais pas, question de méthode sans doute...De nombre d'heures de cours aussi probablement...
A cette époque, il y avait plus de 30 000 employés dans les usines et les bureaux de la manufacture. Une ville dans la ville. Les usines bien sùr, mais aussi les écoles, une clinique des magasins, les cités ouvrières, une maternité, tout juste s'il n'y avait pas un cimetière...peut-être y en avait-il un, vas savoir...
Il y a encore 11000 employés à Clermont-Ferrand. Il y en aura moins bientôt, ça me fait un peu mal au coeur...
Liberté...
Dans un monde fracassé en pleine révolution, un vieux bonhomme un peu cinglé est heureux. Il a sauvé un merle !
Je vais sans aucun doute vous paraître cucul la praline et ridicule, mais tout à l'heure, vers dix-sept heures, quand j'ai pris cette photo, je me suis senti heureux, heureux et fier d'avoir réussi le challenge que je m'étais fixé quand je l'avait recueilli affamé et tremblant, à peine plumé, pauvre oisillon jeté loin de son nid et de ses parents par une forte bourrasque nocturne. C'est du moins l'explication que je donne à sa présence devant ma porte, un jeudi après-midi il y a bien six ou sept semaines maintenant, plus peut-être...Les rares visiteurs qui vennent encore sur ce site connaissent son histoire...
Je l'ai contée par le menu son histoire. J'ai raconté ses menus du reste, il en reste encore dans un tepperware de son dernier menu, miettes de thon, riz au gras de poulet gras de la Nicole et maïs doux du Géant Vert...le vrai.
Je vous ai raconté ses progrès, vous l'avez vu grandir...Moi je l'ai vu partir. Depuis plus d'un mois qu'il vit dehors. Mais ce n'est que depuis peu qu'il est vraiment libre...
Il n'a plus besoin de moi !
Rémi est libre maintenant !
***
Il y a maintenant trois jours qu'il n'est pas venu me réclamer de nourriture. Hier matin, je l'ai aperçu dans une haie, à cent cinquante mêtres de chez moi. Il a répondu à mon sifflet, mais ne m'a pas suivi comme il le faisait quand il avait faim.
Il a répondu à mon sifflet, puis s'est enfoncé dans une haie en poussant un petit cri, comme un cri d'adieu... Hier soir, j'ai fait un tour de jardin, des fois qu'il soit là...Pas de Rémi.
Vers midi aujourd'hui, il est venu boire, c'est à peine s'il a picoré les cerises que j'avais placées là, au cas où...Il en a emmené une au fond du jardin et en a mangé la moitié, plus pour me faire plaisir que parce qu'il avait faim.
Vous le voyez là qui prend un bain. Il revient au point d'eau.
Fier et heureux, je vous l'ai dit. J'ai réussi mon challenge. Sauver la vie de la bestiole, c'est assez facile quand il s'agit d'un merle. Mais lui sauver la vie sans en faire ni un prisonner en cage, ni un esclave qui vient mendier sa pitance, c'est plus difficile, j'ai réussi.
Il me doit la vie Rémi, je l'ai sauvé. Sa liberté, il ne la doit a personne, je l'ai aidé c'est vrai, mais sa liberté, Rémi l'a gagnée tout seul.
Bravo petit merle, je suis fier de toi !
Je ne vais pas m'arrêter là...
Il y a plusieurs années, pour éviter aux petits-enfants des piqûres cruelles, j'ai déraciné le yucca qui trônait au fond du jardin. Il y avait deux ou trois rejets à son pied.
Je suis amoureux de la vie, et j'ai toujours du mal à supprimer un être vivant. J'ai donc transplanté un des rejets au bout d'un grand terrain que m'avait laissé un copain pour y faire un jardin. J'ai mis les deux autres en pots, où ils végètent lamentablement.
Voici l'un des deux, n'est-ce pas une pitié...
Regardez plutôt l'autre, le sauvage, il vit libre en plein air, personne ne s'est occupé de lui, il est devenu grand tout seul, il est devenu beau !
Je sais ce qu'il me reste à faire.
A l'automne, je vais rendre leur liberté aux deux autres.
Je trouverai bien un coin de terre où ils pourront vivre heureux, où ils pourront vivre libres !
Il se pourrait que moi-même je me libère.
Oui, que je me libère de cette presqu'obligation que je me suis imposée de remplir de l'espace sur ce blog...
J'y consacre beaucoup de temps, beaucoup trop de temps que je pourrais occuper à des choses moins futiles et plus utiles...
Ne soyez donc pas surpris si je suis de plus en plus ailleurs quand vous viendrez ici...
A plus tard peut-être, et vive la liberté !
18:04 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note




